The Klown – Asylum of Dementia

Avis :

A chaque fois que l’on commence une chronique sur un album de métal français, on dit à peu près la même chose, à savoir que la France n’est pas une terre rock n’roll, ou tout du moins qui n’arrive pas (ou ne veut pas) à mettre en avant des groupes de métal. Si on peut écarter Trust qui oscille plutôt vers le Hard et Gojira qui reste l’exception française qui a su s’exporter à l’étranger, pour le reste, c’est peau de zob. Et pourtant, ils sont bien présents les groupes de métal français et ils tournent, marchent moyennement, la faute à un marché du disque facétieux qui préfère s’assurer des rentrées d’argent avec de la merde formaté plutôt qu’avec ce que l’on a besoin d’entendre. De ce fait, il est très complexe pour un groupe de métal de sortir de l’anonymat aujourd’hui, sauf si l’on est bon et que l’on se donne les moyens de réussir à travers les réseaux sociaux. Et ça, The Klown semble bien l’avoir compris. Omniprésent sur internet, le groupe fait parler de lui en 2016 autour d’un titre qui a tout d’une blague potache entre potes. Et pourtant, la sauce prend, les deux compères qui forment le groupe au début se prennent au jeu et l’idée d’un premier album après un premier EP fort sympathique fait son petit bout de chemin. Et c’est ainsi que naquit Asylum of Dementia.

L’autre chose qui est difficile de nos jours, avec le nombre de groupes qui existent, c’est de trouver sa propre identité. Très rapidement, on va se rendre compte que The Klown a des références. Voguant sur un Nu Métal très énervé, on peut ressentir des échos aux débuts de Deftones ou encore de Korn, deux groupes qui font partie des préférés du duo. Et cela se ressent dès le premier titre, Cotard’s Syndrome, qui bénéficie d’une introduction assez douce, très industriel, mais aussi un peu électro, avant de lâcher les vannes et de faire parler la poudre. C’est puissant, lourd, la voix du chanteur s’accorde parfaitement avec le reste et globalement, on reste surpris par la production de la chose qui reste de très bonne qualité pour un projet assez personnel et fait avec peu de moyens face aux grands du genre. Il règne dans ce morceau une ambiance assez malsaine et qui colle à la volonté du groupe de traiter des maladies mentales. Néanmoins, ce qui est étrange avec ce titre, c’est qu’il aurait parfaitement pu faire office de clôture et pas forcément d’introduction, d’autant que c’est le morceau le plus long de l’album, mais c’est pour chipoter un peu. Avec Huntington’s Chorea, le groupe change presque de registre, débute au piano une douce mélodie avant de faire une rupture nette et de proposer des riffs assassins, lourds, rugueux, qui décapent sévèrement les tympans. Si ce n’est pas fin pour un sou, ça reste ultra efficace et très cohérent avec ce que veut le groupe. Il en ira de même avec Injected Suffering et son début tonitruant avec son rythme qui laisse sur les rotules, ou encore Kannibal Soul Eater et son tempo survolté.

Le groupe ne se reposera quasiment jamais sur ses lauriers, essayant à chaque fois de surprendre, soit en proposant des ambiances soignées, comme sur Epylepsy et son introduction qui met mal à l’aise ou encore avec Therapeutik Theory, son début en mode hardcore et ses moments susurrés qui offrent une jolie dimension folle à l’ensemble. Bien évidemment, on n’évitera pas quelques redondances dans les rythmiques, comme pour L.E.W.Y., même si le jeu d’échange sur la fin du morceau est plutôt intéressant, mais on ne peut renier une grande volonté de faire bouger les choses dans le métal français. The Klown essaye de mélanger plusieurs références qu’ils ont savamment digérer pour offrir un album qui est à leur image, fou, généreux et sauvage. Une sauvagerie somme toute maîtrisée, comme en atteste des titres comme The Subliminal Waverley Hills et ses riffs ravageurs mais offrant une mélodie qui donne immédiatement envie de headbanger. Le groupe ne fait pas n’importe quoi malgré une forte envie de tout donner d’un coup. Fort heureusement, des morceaux comme Sad Depression viennent calmer un peu le tout, montrant une autre facette du groupe, s’éloignant d’une zone de confort diabolique. Parmi les petits reproches que l’on peut se permettre, The Klown manque encore de maturité et certains titres auraient gagné à avoir un peu de chant clair pour donner plus de profondeur ou d’ampleur aux structures. Cela peut paraître comme du chipotage, mais cela permet de mieux s’ancrer les titres dans la tête avec des refrains, par exemple, plus chantés.

Au final, Asylum of Dementia, le premier album de The Klown, est une belle réussite, surtout pour un premier album. Très virulent et violent, le groupe trouve un bel équilibre entre Death, Indus et Nu pour proposer quelque chose de neuf et d’assez novateur. Si bien évidement l’album divisera de par son énergie rugueuse et son absence de moments apaisants, il va sans dire que pour un premier effort, ça tape fort et ça fait plaisir d’entendre cela, loin des conventions et des qu’en dira-t-on. Si l’album contient quelques petites scories, on espère voir le groupe bientôt sur scène pour défendre cet effort et montrer que The Klown est promis à un bel avenir.

  • Cotard’s Syndrome
  • Huntington’s Chorea
  • Injected Suffering
  • Sad Depression
  • Kannibal Soul Eater
  • Epylepsy
  • Therapeutik Theory
  • Subject 2.0
  • L.E.W.Y.
  • The Subliminal Waverley Hills

Note : 17/20

Par AqME

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