Batman Begins

De : Christopher Nolan

Avec Christian Bale, Liam Neeson, Cillian Murphy, Michael Caine

Année : 2005

Pays : Etats-Unis

Genre : Super-Héros

Résumé :

Comment un homme seul peut-il changer le monde ? Telle est la question qui hante Bruce Wayne depuis cette nuit tragique où ses parents furent abattus sous ses yeux, dans une ruelle de Gotham City. Torturé par un profond sentiment de colère et de culpabilité, le jeune héritier de cette richissime famille fuit Gotham pour un long et discret voyage à travers le monde. Le but de ses pérégrinations : sublimer sa soif de vengeance en trouvant de nouveaux moyens de lutter contre l’injustice.

Avis :

Batman est un personnage de comics devenu culte aussi bien dans les pages que sur pellicule. Après une série déjantée dans les années 60, Batman s’est complètement démocratisé grâce à Tim Burton qui offrit deux films fort intéressants et avec un aspect visuel gothique très poussé. Malheureusement, par la suite, deux films firent plonger le Dark Knight dans les méandres de la médiocrité avec Batman Forever et Batman & Robin. Se voulant plus drôles, plus colorés, plus bordéliques, ces deux films seront des échecs retentissants, à un tel point que l’on n’entendit plus parler du Batman durant près de dix ans. Dix ans qui permettront aux scénaristes de bosser sur un nouveau script, de faire une sorte de reboot, afin de relancer une franchise juteuse mais qui battait dangereusement de l’aile. C’est donc ainsi que naquit Batman Begins, un projet prévu en trilogie pour lequel plusieurs réalisateurs déclinèrent l’offre, comme David Fincher ou encore Darren Aronofsky. Se voulant plus sombre, plus mature, c’est finalement dans les mains de Christopher Nolan que le film arriva, et il en fit une bonne surprise.

Le plus pénible dans ce genre d’entreprise, c’est de se retaper les origines du super-héros, c’est-à-dire la perte des deux parents par un malfrat, la tristesse de l’enfant et sa volonté de remettre de l’ordre dans Gotham pour faire honneur à ses défunts parents. Sauf qu’ici, le film débute directement avec un Bruce Wayne adulte, dans une prison, se cherchant et découvrant un sanctuaire qui va lui apprendre à se battre et pour quelle raison se battre. En parallèle, on va avoir droit à l’enfance du milliardaire, mais amené de façon logique et intelligente dans le récit, montrant que ce sont ces souvenirs qui bloquent le Bruce Wayne adulte pour devenir un véritable guerrier. Ainsi donc, le film fait la part belle à un montage en parallèle durant sa première moitié, évitant une narration linéaire et ennuyeuse. Cela va aussi permettre de mettre en évidence l’importance d’Alfred Pennyworth, le majordome joué par Michael Caine, depuis l’enfance du héros jusqu’à son stade adulte, donnant plus d’épaisseur à un personnage secondaire touchant et inébranlable de l’univers Batman.

La seconde moitié du film va basculer dans quelque chose de plus conventionnel, mais d’assez inhabituel pour un Batman, puisque l’on va nager dans une ville gangrénée par la pègre et ayant un côté très réaliste. Point de méchants colorés, de moments grandguignolesques ou encore de ville gothique, on est dans quelque chose de très ancré dans le néo-réalisme avec même une pointe de futurisme, proche d’un cyberpunk. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Blade Runner fut une énorme inspiration pour Christopher Nolan qui projeta le film à toute son équipe avant de commencer le tournage. Néanmoins, la menace qui pèse sur Gotham se fait un poil moins percutante et L’Epouvantail n’est pas assez bien exploité. Il va se faire surprendre à quelques minutes et le personnage n’aura pas l’ampleur espérée. Il en va de même avec Ra’s Al Ghul, normalement génie terroriste à moitié fêlé à cause de ses bains dans les puits de Lazare, qui tient ici un rôle qui a peu d’envergure et qui n’arrive pas à créer une émotion chez le spectateur. On sent que le plus important était d’évoquer les origines et de montrer un méchant lié au passé du Batman, mais sans que cela soit un monstre de charisme, le tout étant de mettre en avant le héros.

Le film reste tout de même un grand moment de cinéma, notamment grâce à l’œil incisif de Christopher Nolan. Si son style est devenu trop propre lors de ses films précédents (Interstellar, Dunkerque, Inception), avec Batman Begins on sent qu’il est moins maître de la situation et il en ressort quelques plans intéressants et purement iconiques. On ne reconnait d’ailleurs pas tellement la patte du cinéaste dans ce film, et ce n’est pas plus mal. Cela permet d’avoir des moments un peu hésitants, mais qui font la magie du cinéma et qui confèrent un côté humain au super-héros. Et cela colle bien plus à l’aspect réaliste de la chose et on sent que Bruce Wayne a des failles, des démons. Le seul très gros défaut du métrage, c’est qu’il manque d’impact en ce qui concerne les combats. Toutes les scènes de bagarre sont purement et simplement illisibles. Le montage est sur cuté à mort à un tel point que l’on se demande bien si Nolan sait filmer des combats. Et d’ailleurs, ces moments manqueront d’implication, on ne sentira pas les coups, on aura même l’impression que le Batman est invincible, même lorsqu’il se prend une rouste à coup de gaz. Bref, c’est un des points faibles les plus évidents du métrage, avec quelques incohérences concernant les effets du gaz. En effet, tous ceux qui respirent cet hallucinogène doivent voir leurs pires cauchemars et ce doit être le chaos dans Gotham. Ce ne sera pas le cas, on aura bien quelques passages, mais rien de bien probant, l’ensemble restant trop sage et pas assez grandiloquent. Alors ce n’est peut-être pas grand-chose, mais le film aurait gagné un côté épique si cela avait été mieux amené.

Au final, Batman Begins reste tout de même un bon film, surtout si on le compare avec les deux films précédents qui ont été faits. Plus réaliste, plus sombre, plus humain, Christopher Nolan redore le blason de l’homme chauve-souris en lui offrant une alternative plus ancrée dans le réel. Il en ressort un métrage maîtrisé, sauf dans les phases de combat, qui manque parfois d’un aspect plus grandiloquent, mais qui prépare le terrain pour un deuxième volet gargantuesque et qui va définitivement placer cette trilogie parmi les meilleures choses qui soient arrivées à Batou.

Note : 15/20

Par AqME

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