octobre 27, 2020

Happy Birthdead

Titre Original : Happy Death Day

De : Christopher Landon

Avec Jessica Rothe, Israel Broussard, Ruby Modine, Charles Aitken

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur, Comédie

Résumé :

Prisonnière d’une boucle temporelle, Tree, étudiante, revit sans cesse le jour de son meurtre. Une journée apparemment banale qui s’achève systématiquement par sa mort atroce. Finira-t-elle par découvrir l’identité de son tueur ?

Avis :

Christopher Landon est un scénariste américain qui a commencé sa carrière à la toute fin des années 90. Cependant, il ne se fera connaître qu’à la fin des années 2000, notamment grâce au film Paranoiak avec Shia LaBeouf dont il écrit le scénario. Mais étrangement, sa carrière explose en au cours des années 2010 alors qu’il écrit ses plus mauvais films, puisque c’est à lui que l’on doit l’écriture de la saga Paranormal Activity à partir du deuxième épisode. C’est même lui qui passera derrière la caméra pour The Marked Ones, qui reste certainement le plus mauvais de la franchise. Mais cela ne le décourage pas et il a bien raison, puisqu’il va rapidement remonter dans l’estime des cinéphiles amateurs d’horreur avec tout d’abord une comédie horrifique drôle et rafraîchissante avec Manuel de Survie à l’Apocalypse Zombie, puis Happy Birthdead qui nous préoccupe aujourd’hui, restant toujours dans la mouvance de la comédie horrifique. Et étrangement, quand l’homme ne se glisse pas dans une franchise « bankable » et tente des choses par lui-même, il arrive à fournir des films sympathiques, et qui fonctionnent au box-office.

Happy Birthdead, c’est un mélange assez fou d’Un Jour Sans Fin avec Scream. Pour la petite histoire, on va suivre Tree, étudiante et adepte d’une sororité, qui se réveille un matin dans la chambre d’un inconnu après une soirée un peu trop arrosée. A la fin de la journée, Tree se fait assassiner par un homme masqué. Cependant, elle se réveille et recommence la même journée. Et à chaque fois qu’elle va se faire tuer, elle revient au même jour. Elle décide donc de mettre à profit cette chance et de retrouver son assassin pour arrêter cette boucle temporelle, qui ne trouvera d’explication que parce qu’elle se fait tuer le jour de son anniversaire. Dis comme ça, on a du mal à voir où peut se trouver la comédie, et pourtant, le jeune réalisateur va tout mettre en œuvre pour offrir un spectacle à la fois drôle et assez intelligent dans le message qu’il veut faire passer. Loin des comédies potaches qui copient sans vergogne les succès que l’on connait maintenant, Happy Birthdead s’applique à donner du fond en creusant son personnage principal et les relations qu’elle entretient avec les autres.

En effet, dès le départ, le film prend le chemin dangereux des comédies stupides à base d’adolescents insupportables pour lesquels on ne ressent aucune empathie. Tree est tout simplement une pétasse qui méprise tout le monde, même les filles qui vont partie de sa sororité. Ainsi, durant sa journée, elle va manquer de respect à Carter, alors qu’elle est dans son lit et qu’il est adorable avec elle. Puis elle va envoyer chier son ex petit-ami, avant de rentrer dans sa chambre d’étudiante et d’envoyer paître sa colocataire alors qu’elle lui avait fait un cupcake avec une bougie. Mais son caractère de merde ne s’arrête pas là, puisqu’elle va aussi refuser les appels de son père et humilier une camarade de sa sororité. Bref, une connasse en bonne et due forme. Si le film s’éternise un petit peu sur cet aspect-là, c’est parce que par la suite, on va vite voir le changement de personnalité. Au fur et à mesure des journées, elle va se rendre compte de son caractère et des horreurs qu’elle dit aux autres. Le film va alors pointer du doigt le culte de l’apparence et le mépris que l’on peut avoir pour soi et les autres. Tree va alors apprendre de ses erreurs, elle va apprendre à connaitre des personnes qui ne sont pas de son cercle et se rendre compte qu’elle joue un rôle depuis le début. Bien évident, le film n’oublie pas le background et construit un personnage complet pour lequel on va ressentir de l’empathie petit à petit.

Un fond intéressant donc, et qui manque cruellement au cinéma d’horreur d’aujourd’hui, mais qui n’oublie pas d’être drôle, même parfois complètement crétin. On nage en plein teen movie qui nous rappelle l’époque de nos premiers Scream et autres slasher bas de gamme (Cherry Falls par exemple et ses histoires de sexe). Certains passages sont tellement cons qu’ils en sont géniaux. Je pense notamment au garçon avec lequel Tree pense coucher, mais qui ne veut que montrer sa chambre discothèque complètement pétée. Les moments où Tree pète un plomb à force de revenir en arrière sont aussi savoureux, et on sent l’implication de Jessica Rothe dans ce rôle qui lui va comme un gant. Les autres acteurs sont tout aussi sympathiques, à commencer par Israel Broussard, très convaincant en gentil geek qui ne pense qu’à aider cette créature de rêve qui s’est retrouvée dans son lit. Au niveau des bons points, on peut aussi citer une utilisation optimale du retour temporel et une enquête rondement menée qui va certainement en surprendre plus d’un, le film comprenant deux twists pour mieux nous prendre à revers. Néanmoins, le film n’est pas dénué de défauts.

En effet, on reste dans un teen movie et en ce sens, le film reste bien trop sage dans sa partie horrifique ou dans les mises à mort. Happy Birthdead souffre d’une absence totale de gore et de meurtres intéressants, ou qui restent en mémoire. Le film se contente du minimum et préfère couper les scènes au moment du coup pour ne pas choquer et pour ne pas chopper une interdiction trop élever afin d’attirer le chaland. Il manque aussi une certaine sexualité. En effet, Tree semble être une fille dévergondée portée sur la chose et finalement, on ne verra rien, pas même un détour de poitrine. Pour preuve, la séquence où elle déambule nue devant tout le monde est cadrée de façon à ne rien voir, hormis son dos ou son visage. Alors il est évident que le nu ou le sexe n’aurait rien apporté au film, si ce n’est un petit accent libertaire qui aurait fait plaisir et qui nous aurait rappelé le cinéma des années 80. Enfin, le dernier défaut du film, c’est qu’il propose une fin un peu trop vite expédiée. Les raisons du tueur sont futiles et il manque clairement un segment pour marquer le coup, ou tout simplement pour se rendre plus crédible. Cela n’entache pas forcément le plaisir de visionnage, mais ça manque de cohérence.

Au final, Happy Birthdead est un film plutôt réussi et relativement frais qui s’écarte volontairement de certaines productions horrifiques très médiocres ou trop formatées. Le film essaye autre chose, oscillant constamment entre humour et horreur pour un résultat fort satisfaisant, drôle et plutôt bien ficelé. Il est juste dommage que le réalisateur n’ose pas aller au bout de son délire, se contentant de faire un film pour adolescent, occultant tout gore et tout rapport frontal à la sexualité.

Note : 14/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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