mars 7, 2021

Slender Man

De : Sylvain White

Avec Joey King, Julia Goldani Telles, Jaz Sinclair, Annalise Basso

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Un long métrage centré sur Slender Man, monstre créé sur Internet en 2009 et devenu une légende urbaine.

Avis :

Les histoires effrayantes ne datent pas d’hier et on sait que les légendes urbaines ont alimenté les rumeurs et les cauchemars de certains adolescents aimant se raconter de telles choses autour d’un feu de camp. Avec l’avènement d’internet, ces légendes urbaines se sont multipliées et surtout, elles ont connu une diffusion massive. A un tel point que certaines légendes, que l’on dénomme Creepypasta, sont devenues connues dans le monde entier et sont même montées à la tête d’adolescents un peu fragiles. Pour preuve, la légende du Slender Man qui est devenu la légende la plus connue sur le net à cause d’une tentative de meurtre en son nom. Et comme si ce fait divers qui s’est bien fini ne suffisait pas, il a fallu que certains producteurs véreux décident d’en faire un film d’horreur à destination d’un public adolescent. Véritable phénomène sur internet, campagne de pub un poil agressive lors de sa sortie, le film n’écopera pourtant que d’une VOD chez nous, et quand on voit le résultat, ce n’est peut-être pas plus mal.

Créé par Victor Surge en 2009, le Slender Man emprunte à divers folklores allemands et il s’agit d’une entité qui kidnappe des enfants et demandent à d’autres de tuer quelqu’un en menaçant sa famille. C’est d’ailleurs l’une des explications qu’ont donné les deux filles âgées de 12 ans alors qu’elles venaient de mettre 69 coups de couteaux à une camarade de classe. Forcément, entre le fait divers horrible et une légende qui est considéré comme le premier grand mythe d’internet, il n’en fallait pas plus pour en faire un film. Point de surprise donc dans le scénario, puisque l’on va retrouver quatre adolescentes un peu débiles sur les bords qui vont invoquer le Slender Man avec une vidéo virale trouvée sur le net. Toute accointance entre Candyman et Ring est fortuite bien entendu. Les nanas vont alors faire des cauchemars et l’une d’elles va tout simplement disparaître. Les trois jeunes filles restantes décident alors de mener une enquête et le Slender Man ne l’entend pas de cette oreille. Le cauchemar prend alors réellement vie. Et sur le script, c’est plutôt la mort qui se met en marche. En effet, il n’y aura rien de nouveau à se mettre sous la dent et on fait face à un boogeyman classique, qui va trucider de la donzelle. Enfin, trucider est un bien grand mot car il ne se passera pas grand-chose, l’ensemble est très soft et il faudra prendre son mal à patience pour arriver à un premier meurtre, si on peut appeler ça ainsi.

Car outre le classicisme de son intrigue et son déroulement en ligne droite, Slender Man pêche par un manque d’écriture dans les personnages. Dès le départ, on sait que l’on va avoir droit à des mongoliens qui ne méritent qu’une chose, la mort. Les discussions sont futiles, les rapports entre eux sont superficiels et rien n’est fait pour approfondir ces personnages qui se rendent immédiatement détestables. Les filles provoquent les garçons puis jouent les saintes-nitouche, elles vont les nanas qui ne craignent personne puis se dégonflent aussitôt. Il n’y a rien de bien à sortir de tous les protagonistes de l’histoire. Pas une seule ligne de background n’a dû être écrite. Il s’agit de personnages fonction sans intérêt, entre celle qui a un petit copain, celle dont le père est alcoolique et celle qui a une vie pas vraiment facile. C’est lisse à mort et surtout, on ne ressent aucune empathie pour aucune d’entre elles. C’est catastrophique de faire des personnages qui ne servent à rien et qui ne sont finalement que de la chair à canon. Alors bien évidemment, c’est peut-être une façon de rendre leur mort ou leur disparition plus jouissives, mais là aussi, c’est n’importe quoi puisqu’il ne se passe quasiment rien et que les quelques effets de peur qui parsèment le film sont noyés par une mise en scène calamiteuse et des défauts techniques flagrants.

Alors oui, Sylvain White, réalisateur franco-américain, n’est pas un tueur de bobines, tout du moins dans le sens figuré du terme. On lui doit, entre autres, le très mauvais Souviens-toi… l’été Dernier 3, ou encore le thriller français La Marque des Anges – Miserere, et pour le reste, des épisodes de série, mais avec Slender Man, il montre à quel point il est mauvais. La mise en scène est aussi plate que ses personnages. On ne retiendra rien, il n’y aura rien de marquant et la seule chose que l’on remarquera, c’est l’absence totale d’éclairage. Le film est extrêmement sombre. Tellement sombre que les phases dans le monde du Slender Man sont illisibles. On entend les sons, on imagine les filles en train de courir, mais on ne voit strictement rien. Le réalisateur a certainement voulu rendre son film plus cru avec une lumière naturelle, mais les scènes de nuit (qui composent 70% du film au bas mot) sont noires et on voit que dalle. Alors on pourrait dire que cela renforce les impacts lumineux et les reflets des gyrophares de police sur la tronche en biais d’une des actrices, mais c’est chercher des excuses à un film qui n’en veut pas.

Un film qui brasse du vent jusque dans ses thématiques. D’ailleurs, le film a-t-il vraiment un fond ? On est en droit de se poser la question tant il ne se passe pas grand-chose et présente des personnages indignes d’intérêt. On aurait pu avoir un message sur la prévention des dangers sur internet, et des rencontres dangereuses, via un chat par exemple. Mais non, le film occulte rapidement cela et préfère se centrer sur les vicissitudes de la vie de ces adolescentes débiles. On aurait pu avoir un film sur la famille, l’amitié et le fait de garder les coudes serrés pour se sortir d’une crise. Mais non, on a celle qui gueule sur tout le monde et celle qui préfère aller voir son petit ami dans l’espoir de coucher avec. Sur la fin, le métrage essaye de s’orienter vers le don de soi pour sauver quelqu’un, mais c’est là aussi expédié à la truelle. A la rigueur, si tu ne veux pas mettre de fond à ton film, essaye au moins d’être divertissant, ou de faire peur, mais là, rien n’y fait, c’est le vide abyssal.

Au final, Slender Man, le dernier film en date de Sylvain White, est une purge dans tous les sens du terme. Doté d’une histoire inintéressante, de personnages insupportables, d’une mise en scène sans génie et d’un éclairage fait par Gilbert Montagné, on touche le fond du fond du film d’horreur. Un métrage détestable du début à la fin, qui n’existe que pour attirer le jeune adolescent un peu geek sur les bords et l’arnaquer sans aucune anesthésie, même partielle. Bref, un calvaire.

Note : 01/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.