avril 15, 2021

The Darkness

De : Greg McLean

Avec Kevin Bacon, Radha Mitchell, David Mazouz, Lucy Fry

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Une famille rapporte involontairement une force surnaturelle de ses vacances, présence maléfique qui se repaît de leurs peurs et secrets…

Avis:

Greg McLean est un réalisateur assez intéressant et qui pourrait aisément avoir sa place dans les cinéastes qui vouent un amour inconditionnel au genre. Sa carrière démarre vraiment en 2005 avec Wolf Creek, un film d’horreur tétanisant dans sa conclusion et mettant en avant l’un des tueurs les plus sanguinaires de l’Australie, à savoir Mick Taylor (que l’on va même jusqu’à confondre avec son interprète, John Jarratt). Fort de ce succès et de l’engouement autour du tueur, il va en faire une suite en 2013, qui sera plus grandiloquente, plus gore et complètement barrée. Une suite inférieure au premier métrage en ce qui concerne l’horreur, mais qui s’avère aussi plus généreuse. Entre temps, toujours dans le domaine horrifique, le réalisateur s’attaque au film animalier et plonge Radha Mitchell face à un crocodile géant. Là aussi, malgré le classicisme du métrage, le cinéaste arrivera à faire un film efficace et prenant. C’est trois ans après son Wolf Creek 2 que l’on va revoir Greg McLean avec deux films, The Belko Experiment qui met en scène un massacre au sein d’une entreprise, et The Darkness, qui cette fois-ci explore le folklore indien et les mauvais esprits. Toujours efficace dans sa façon de faire malgré l’aspect déjà-vu de ses films, le réalisateur australien aurait-il fait son premier faux pas?

Dans The Darkness, nous allons suivre de près le quotidien d’une famille dont le fils autiste a ramené des pierres indiennes lors d’un camping improvisé. Dès lors, des éléments surnaturels vont venir perturber le quotidien de la famille. Un quotidien déjà bien amoché par les problèmes de chacun, puisque cette famille est complètement dysfonctionnelle. Entre le père de famille infidèle et égoïste qui ne pense qu’à son boulot, la mère de famille qui sombre dans l’alcool pour oublier ses problèmes, le fils autiste qui commence à invoquer des esprits et la fille ainée qui se fait vomir et souffre d’anorexie, on est clairement dans un schéma totalement improbable. Et c’est bien là le principal problème du film qui n’arrive pas à générer de l’empathie pour ses personnages, car tout est trop gros, tout est trop caricatural. Si les psychoses de chacun sont plausibles, elles sont ici réunies en un seul et même lieu, et on aura vraiment du mal à y croire. D’autant plus que les réactions des protagonistes sont insupportables, allant de discussions sans but à des acceptations qui sortent de l’ordinaire et tombent comme un cheveu sur la soupe. A partir de là, il va être compliqué pour le réalisateur de faire peur ou de tisser une intrigue angoissante autour d’un folklore peu connu.

En effet, The Darkness se penche sur les légendes des indiens Anasazi, ce peuple qui construisaient des villes forteresses à flanc de montagne, et qui pensait que des esprits malfaisants venaient de temps à autre kidnapper leurs enfants. On aurait pu avoir des éléments intéressants sur cette légende, sur ces personnages, sur ces croyances, mais le film élude rapidement cela avec des recherches sur le net qui tombent rapidement sur ce que la mère de famille recherche, justement, pour comprendre ce qui arrive dans sa maison. Des éléments surnaturels pas vraiment convaincants non plus, qui ne font pas peur une seule seconde et qui s’inscrivent finalement dans le moule du film, à savoir quelque chose de transparent, d’inoffensif et qui est donc bien loin des premiers films de Greg McLean. Il est d’ailleurs très surprenant de voir ce cinéaste tomber dans un projet comme celui-ci, loin de son nihilisme habituel et qui semble plus être un film de commande qu’autre chose. Même la réalisation n’est clairement pas à la hauteur, ne possédant aucun moment fort et n’arrivant jamais à installer une ambiance malsaine. Le pompon reviendra à la scène d’exorcisme finale, très courte et sans aucun impact.

Pour autant, et c’est bien là que c’est étrange, le film n’ennuie pas. Le réalisateur australien possède un vrai sens du rythme et ne tergiverse pas avec des moments qui ne servent à rien. Le début est plutôt sympathique car il essaye de montrer l’absence de peur chez le jeune autiste, ce qui va bien évidemment servir pour la suite, puis rapidement on attaque les éléments perturbateurs. Entre des apparitions, des objets qui se déplacent, l’enfant qui parle à un mur, les animaux qui deviennent méfiants, il y a toujours un truc à se mettre sous les yeux ou sous la dent, et même si ce n’est pas extraordinaire, le cinéaste arrive à toujours attraper le spectateur pour éviter l’ennui. Cela n’empêche pas le film d’être très moyen, et c’est certainement le plus mauvais métrage de son réalisateur, mais pour autant, il a quelques petits ressorts qui marchent à plein régime. Et on ne peut pas en dire autant du fond, puisque là, on enfonce des portes ouvertes. Le film essaye de parler de la famille, de l’importance de rester soudé et de s’écouter, ce qui aidera par la suite, mais c’est très superficiel et sans réel intérêt. Quant aux acteurs, ils font le minimum syndical. David Mazouz (Gotham) est comme à son habitude très mauvais en ravi de la crèche. Kevin Bacon cachetonne et s’en bat les couilles. Seule Radha Mitchell tire son épingle du jeu, mais il ne faut pas être difficile.

Au final, The Darkness est un film plus que dispensable. Si Greg McLean nous avait largement habitué à mieux avec ses précédents films, ici, il enfile les scènes inefficaces comme des perles et on se retrouve face à une histoire de fantômes transparente, qui ne possède aucun style, aucune patte et à laquelle il manque vraiment une âme. C’est dommage, avec un tel folklore, il y avait possibilité de trouver de jolies choses, mais en l’état, on reste dans un film d’horreur lambda, comme on en produit des tonnes chaque année.

Note: 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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