The Black Dahlia Murder – Nightbringers

Avis :

Comme tout genre qui se respecte, le Death Métal possède ses sous-genres qui lui sont propres. Que ce soit le Brutal Death, le Raw Death ou encore le Death Mélodique, il y en a pour tous les goûts et toutes les attentes. S’il faut vraiment s’accrocher avec certains groupes, d’autres arrivent à trouver un juste équilibre pour contenter tous les fans de Death, dans son sens le plus propre. Fondé en 2001, The Black Dahlia Murder est un groupe américain qui ne fait jamais dans la demi-mesure. Violent, âpre, parfois à la limite de l’écoutable, le groupe s’amuse avec à peu près tous les sous-genres du Death, allant du Mélodique au Brutal en passant parfois par la Grindcore (et là mon coco, faut avoir les tympans bien accrochés). Toujours chez Metal Blade Records depuis 2003, sortant constamment un album tous les deux ans, il était donc logique de Nightbringers, le huitième effort du groupe, arrive en 2017, soit deux ans après le précédent. Sauf que cet album possède une petite caractéristique, l’arrivée d’un nouveau guitariste solo en la personne de Brandon Ellis, qui remplace au pied levé Ryan Knight et qui provient du groupe de Death Arsis. Est-ce que ce changement est un plus pour le groupe ou, au contraire, The Black Dahlia Murder perd en efficacité ?

Le skeud débute avec Widowmaker, et on pourrait croire à un léger changement chez le groupe qui s’amuse à faire une petite introduction qui met bien dans l’ambiance. En effet, le morceau débute doucement avant de lâcher les vannes et de libérer la double-pédale et le chant crié qui alterne les phases aigues avec des moments en pur growl. C’est violent, virulent, ça laisse rapidement sur le carreau, mais pour autant, on ressent une vraie mélodie derrière et on est loin, très loin d’un Grindcore dégueulasse sans saveur ni savoir-faire. Certes c’est rapide et puissant, mais il y a une volonté d’instaurer un semblant de mélodie, un moment presque mélancolique dans la rythmique. Le solo de gratte est dantesque et montre que le changement de musicien est une véritable plus-value pour la formation qui se fait vraiment plaisir. Alors bien évidemment, les titres un peu moins plaisants sont présents, notamment ceux qui arborent une rythmique trop rapide et une mélodie qui passe au travers des mailles de la violence. En ce sens, Of God and Serpent, Of Spectre and Snake est un titre un peu en deçà du reste car il manque de finesse et part vraiment trop vite, ne laissant finalement pas de place à une quelconque ambiance ou mélodie. C’est âpre, ça tape fort, très fort, trop fort et cela épuise plus qu’autre chose. On pourrait dire la même chose avec Matriach malgré son début prometteur et sa fin très intéressante ou encore sur Gone but not Forgotten qui a la décence de ne pas durer et de clôturer l’album en un poil plus d’une minute.

Fort heureusement, le groupe se rattrape quand même sur certaines pistes qui valent vraiment le coup. En premier lieu, on peut évoquer Nightbringers et son début assez calme, très proche d’un Death Mélodique, qui évite de partir trop vite et trop fort. Le morceau est très efficace et même quand le chanteur lâche les grosses vocalises, on reste dans une rythmique plaisante et une mélodie qui n’est pas saturée ou effacée derrière une double-pédale omniprésente ou des riffs sans aucun sens. L’ambiance est soignée, on est proche d’un film d’horreur, et globalement, le titre donne envie de hocher la tête en rythme, ce qui en fait un morceau très intéressant à l’écoute. Il possède aussi cette petite dose de mélancolie qui manque parfois à l’ensemble de l’album. On aura même droit à des breaks en ligne de basse, ce qui est très rare. Avec Jars, le groupe renoue avec un Brutal Death poussif au début, mais qui trouve son rythme de croisière par la suite et fournit une belle conclusion. Quant à Kings of the Nightworld, on est dans un titre plus recherché qu’à l’accoutumée, qui peaufine son ambiance et qui enchaine les solos de gratte pour démontrer dans le talent technique du groupe. Loin d’être simple mais plutôt accessible, le titre est certainement le meilleur de l’album. Suivi de près par As Good as Dead, qui a lui aussi une certaine ambiance désespérée et dépressive. Bref, au milieu de ce maelstrom de violence, on retrouve quelques moments bien pensés et qui font que finalement, ce huitième album est une réussite.

Au final, Nightbringers, le dernier album en date de The Black Dahlia Murder, est une bonne surprise malgré les craintes que l’on peut avoir avec un groupe comme celui-là. Très violent, déconseillé aux profanes du genre, le groupe offre un album dans la continuité de ce qu’il sait faire et ne change quasiment jamais de crédo, si ce n’est pour donner des solos qui font honneur au nouveau guitariste. Bref, un bon album, pour qui apprécie le Death qui dépote et qui ne fait pas forcément dans la dentelle.

  • Widowmaker
  • Of God and Serpent, Of Spectre and Snake
  • Matriarch
  • Nightbringers
  • Jars
  • Kings of the Nightworld
  • Catacomb Hecatomb
  • As Good as Dead
  • The Lonely Deceased
  • Gone but not Forgotten

Note: 14/20

Par AqME

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