Dark Web – Dean Koontz

Auteur : Dean Koontz

Editeur : L’Archipel

Genre : Thriller

Résumé :

IL FAUT QUE J’EN FINISSE…
C’EST URGENT !

Tels sont les derniers mots d’un homme que la vie semblait avoir comblé… mais qui y a mis fin. Brutalement.
Jane Hawk, inspectrice du FBI, refuse de croire que son mari se soit donné la mort. Pour elle, il y a une autre raison. Sa conviction en sort renforcée lorsqu’elle apprend qu’une vague inexpliquée de suicides frappe le pays.
Quitte à se mettre à dos sa hiérarchie – qui souhaite étouffer l’affaire –, Jane veut des réponses, quel qu’en soit le prix… Or, son enquête dérange. Ses ennemis de l’ombre détiennent un secret si terrifiant qu’ils sont prêts à tout pour l’éliminer.
Mais, bien que seule contre tous, la fugitive la plus recherchée des États-Unis possède pour atouts son intelligence et sa froide détermination. La vengeance est comme l’amour : elle ne connaît aucune limite…

Avis :

Auteur à la carrière prolifique, Dean Koontz excelle aussi bien dans le domaine de l’horreur que du thriller, voire de la science-fiction. Bien moins connu en France que Stephen King, l’écrivain ne bénéficie pas de la même visibilité. Preuve en est avec des traductions aléatoires et capricieuses de ses histoires. Deux romans sur neuf pour Odd Thomas (une véritable honte) ou encore les deux derniers ouvrages consacrés au mythe de Frankenstein passés à la trappe. Avec Dark Web, Dean Koontz initie une nouvelle saga qui emprunte le patronyme du protagoniste : Jane Hawk. Comme évoqué plus haut, l’irruption dans une certaine frange du suspense n’est pas une première. En revanche, son appréciation générale a de quoi détonner.

On se surprend tout d’abord à prendre le train en marche. L’entame ne s’encombre guère des présentations en plongeant immédiatement le lecteur au cœur de l’action. L’ensemble se veut pour le moins dynamique, mais le traitement se heurte à des maladresses proprement incompréhensibles de la part d’un écrivain aussi expérimenté. Les tenants sont inexistants et délaissent l’illusion que l’on assiste à une suite tant les allusions et les faits évoqués nous ancrent dans le passé au détriment du présent, certes emporté, mais guère intelligible. Un constat assez paradoxal étant donné qu’on évolue dans une trame des plus simpliste.

On ne saisit pas bien l’intérêt de certaines investigations qui paraissent beaucoup trop alambiquées pour aboutir au résultat escompté. Cela sans compter une menace sous-jacente que l’on devine trop tardivement. Par ailleurs, la notion de dark web est ici surfaite, pour ne pas dire mensongère. Car, la thématique qui s’affiche clairement sur la couverture ne possède qu’une importance mesurée, voire secondaire. Pire que cela, elle ne se distingue en rien de ce qui a pu être fait par d’autres auteurs. Le côté glauque de cette technologie cède la place à une thèse conspirationniste pour le moins maladroite et peu cohérente pour ce qui touche aux enjeux.

Si la construction narrative est assez énergique, plusieurs séquences font office de remplissage. C’est le cas avec une « pause » pour retrouver la famille de Jane Hawk. Elle met à l’écart son fils pour le protéger d’une menace, mais lui rend visite en pleine enquête au risque de le compromettre. Une sacrée invraisemblance qui n’est malheureusement pas une exception. Le développement est anarchique, tandis que la prose est d’une simplicité confondante. Les métaphores sont écrites par un enfant de 5 ans et les explications vaseuses font peine à contempler. Sachez qu’un comportement schizoïde se résume à « avoir une araignée au plafond »… Être circonspect ne signifie pas infantiliser son lectorat.

Et ce n’est malheureusement pas l’héroïne ou les différents intervenants qui changeront la donne. De clichés en réactions prévisibles, il est difficile de distinguer un personnage capable de sortir du lot. Tout juste a-t-on droit à une succession de portraits aussi lisses que le récit lui-même avec une mention spéciale pour des antagonistes relégués au rang de faire-valoir pour la majorité d’entre eux. Quant au cadre et aux descriptions afférentes, on reste dans le conventionnel avec une vision très glamour de la côte californienne. Ce que l’on peut trouver correct dans un autre domaine tranche radicalement avec l’aspect pernicieux du sujet et de l’ambiance attendu pour un tel ouvrage.

Au final, Dark Web est une erreur de parcours difficilement compréhensible, et encore moins admissible, dans la carrière de Dean Koontz. Certes, l’homme n’est pas toujours responsable de chefs d’œuvre, mais un tel niveau de débâcle laisse dubitatif. Tout comme l’atmosphère propre à un thriller de cet acabit, les bases d’une bonne histoire sont absentes. Au lieu d’intriguer le lecteur, l’architecture globale du roman agace, déconcerte et frustre au vu de sa progression et ce qu’elle sous-tend. Difficile de faire l’impasse sur le style de l’auteur qui est méconnaissable (la faute au traducteur ?), une caractérisation à l’emporte-pièce et des environnements interchangeables sans la moindre consistance. À croire que le livre a été écrit sur un coin de table entre deux épisodes de soap-opera ! Triste constat au vu de ce que nous a offert Dean Koontz par le passé.

Note : 08/20

Par Dante

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