Refuge – Solitary Men

Avis :

Parfois, les groupes de métal, c’est le gros bordel. Entre les split, les changements de line-up, les changements de nom de groupe, les retours à des formations originelles, les projets solos, les embrouilles avec les maisons de disques, bref, le monde la musique extrême est un puits sans fond d’histoires plus rocambolesques les uns que les autres. Et c’est par exemple le cas avec Rage, groupe de Speed/Thrash allemand formé en 1984 par Peavy Wagner. Seul rescapé du trio original aujourd’hui, il a décidé, en 2014, de retrouver deux anciens potes de Rage pour former Refuge, Manni Schmidt et Chris Efthimiadis, qui ont largué le groupe en 1994 et 1999 respectivement. A la base, Refuge était un petit délire qui reprenait les morceaux de Rage sur certains concerts, puis Peavy Wagner a carrément voulu faire un album avec ses copains. Un side project en quelque sorte qui pourtant lorgne sur le même style que Rage et qui risque donc de lui faire concurrence. Dans ce doux bazar, il y a de quoi devenir schizophrène. Mais qu’importe, Solitary Men est là, référence à un titre de l’album Trapped (1992) et globalement, on ne peut pas dire que le groupe soit inspiré. Loin d’être mauvais, Refuge est aussi loin d’être convaincant, surtout dans sa deuxième partie qui n’arrive même pas à être mélodique.

Le skeud débute avec Summer’s Winter et on pourrait croire que le groupe renoue avec un son Speed typique des années 80. Le morceau est ultra efficace, le refrain est catchy à souhait et surtout les riffs agressifs marchent du tonnerre. L’ensemble est très cohérent, et même si l’on ne retrouve pas une once d’originalité là-dedans, le plaisir d’écoute est bien présent. Et on retrouvera cette fougue et cette envie de bien faire dans plusieurs titres issus du début de l’album. On peut évoquer The Man in the Ivory Tower, très efficace, plus axé vers un Heavy pur jus, mais qui fait le taf et qui assure grandement au niveau des riffs et de la compo. Un morceau qui reste longtemps en tête et qui en prime, dans la version acoustique, montre la puissance vocale de Peavy qui assure au chant, avec sa voix graveleuse et granuleuse. On peut aussi citer Bleeding From Inside et son début tonitruant purement Speed avec une légère pointe de Hard qui fait que le titre est très accessible. Difficile aussi de passer à côté de From the Ashes qui, pour le coup, se rapproche grandement d’un Thrash de la belle époque. Et parmi les très bons morceaux, on peut aussi noter We Owe a Life to Death et sa rythmique qui donne envie de headbanger ou encore Mind Over Matter qui fournit des riffs parfaitement exécutés. Alors certes, on ne trouvera pas une once d’originalité, et on peut tout à fait comparer cela à Rage, mais force est de constater que ça fonctionne et que même si ça ne laisse pas un souvenir impérissable, c’est plutôt sympathique.

Mais le sympathique, pour se démarquer dans ce genre d’entreprise, ne suffit pas, et le groupe s’enfonce dans quelques morceaux à la toute fin de l’effort. Certains titres sont beaucoup moins efficaces que les autres et parfois, la mélodie en prend un gros coup derrière la nuque. Prenons Let me Go, un titre qui pourrait être très efficace, mais qui s’englue dans un mid-tempo dégueulasse lors des couplets et qui livre un refrain d’une platitude hallucinante. Pire, on entend une légère dissonance entre les grattes et la batterie où les rythmes sont complètement différents. Un coup d’épée dans l’eau et finalement, un titre plutôt décevant. Ce sera la même chose avec Hell Freeze Over, qui emprunte certains riffs au Mathcore, mais qui ne s’applique absolument pas dans le Speed voulu. Il en ressort un titre saturé et trop scandé qui ne fonctionne absolument pas. Mais le pire demeure Waterfalls, un très long titre qui dépasse les sept minutes, mais qui manque de tout pour que l’on ne s’ennuie pas. Passé une introduction avec un orage, le morceau s’enfonce dans un mélo décevant et peu agréable, qui ne sied pas du tout à la voix de Peavy Wagner. C’est bien simple, on l’entend plus forcer qu’autre chose et le titre qui devait être une sorte de ballade devient un véritable calvaire. Bref, comme on peut le constater, le groupe perd ses moyens dans cette seconde moitié et c’est bien dommage.

Au final, Solitary Men, le premier et dernier album de Refuge, est un disque qui peut plaire comme il peut décevoir. Le début est assez tonitruant et même s’il ne renouvelle rien, il demeure un vrai plaisir d’écoute et une énergie débordante parfaitement maîtrisée. Le problème provient de la seconde moitié de l’album, complètement ratée, voire même pénible à écouter, et qui ne fait pas honneur à ces anciens compatriotes de Rage. Bref, un album en demi-teinte mais qui plaira certainement aux fous de Speed et Heavy/Thrash teuton.

  • Summer’s Winter
  • The Man in the Ivory Tower
  • Bleeding From Inside
  • From the Ashes
  • Living on the Edge of Time
  • We Owe a Life to Death
  • Mind Over Matter
  • Let me Go
  • Hell Freeze Over
  • Waterfalls
  • Another Kind of Madness
  • The Man in the Ivory Tower (Acoustic)

Note: 12/20

Par AqME

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