In Flames – I, The Mask

Avis :

Les pays scandinaves sont de formidables machines à créer et fournir dans le monde des groupes de métal prometteurs et qui tiennent toujours la route des années plus tard. Mieux, les suédois ont réussi un tour de force incroyable, placer certains groupes comme des fers de lance d’un genre. C’est ainsi qu’In Flames peut se percevoir, car avec plus de vingt ans d’existence et treize albums au compteur, on peut aisément dire que la formation se place parmi les groupes avec une belle longévité et chaque album est attendu. Malheureusement, un peu moins maintenant, car avec son virage plus mercantile depuis le onzième album, le groupe s’est peu à peu enfoncé dans une certaine médiocrité idéologique. Ne reniant jamais complètement leurs origines Metalcore et Death mélodique, le groupe a tout de même voulu toucher un spectre plus large, quitte à décevoir une belle partie des fans. Et après les plus que moyens Siren Charms et Battles, peu de gens avaient encore de l’espoir envers la formation suédoise. Et pourtant, après un teasing assez intéressant concernant les titres Voices et I am Above, In Flames titillait notre curiosité et on avait en quelque sorte hâte de poser les oreilles sur I, The Mask. En est-on encore pour une douche froide, ou le groupe a-t-il retrouvé sa verve d’antan ?

Le skeud débute avec Voices, et le moins que l’on puisse dire, c’est que le groupe met les petits plats dans les grands. C’est nerveux, puissant, les riffs font mouche à chaque fois et globalement, on retrouve ce qui a fait la force du groupe, avec du growl en couplet et un refrain en chant clair qui rentre bien en tête. Rien de révolutionnaire donc, mais un vrai plaisir d’écoute se dégage de ce titre. Au même titre que I, The Mask qui suit derrière, qui débute par un énorme hurlement avant de lâcher une double-pédale omniprésente et des riffs bien agressifs. Le titre est brutal et s’amuse à se calmer dans les refrains pour fournir quelque chose de très catchy et qui fonctionne à plein régime. Si certains regretteront de ne pas avoir de beuglerie plus souvent, Anders Friden prouve sa puissance et surtout sa facilité à alterner entre des moments en chant crié et des passages en chant clair, les enchainant sans aucun souci. On aura même droit à un solo bien lourd, bien puissant qui fera office d’un break très Metalcore. Cette puissance, on la retrouve plusieurs fois dans l’album, notamment avec le très efficace I am Above, qui est un véritable hit en puissance, avec des paroles claires, concises et qui rentrent immédiatement en tête, ainsi qu’un solo court, mais exécuté avec une technique qui impose le respect. On peut aussi évoquer le très lourd Burn, qui rappelle la belle époque du groupe, malgré, cette fois-ci, un refrain trop facile et un poil trop pop au milieu d’un maelstrom de violence. Et que dire de Deep Inside et son riff oriental qui donne immédiatement envie de headbanger dans tous les sens. Bref, Le groupe tente de revenir à ce qui a fait son succès, mais on va retrouver quelques dérives regrettables.

En effet, Anders Friden le confesse lui-même, il faut savoir contenter les fans et donc souffler le chaud et le froid et proposer des morceaux nostalgiques et d’autres titres plus dans l’ère du temps. De ce fait, au milieu de titres plutôt sympathiques et virulents, on trouve des passages plus doux, plus commerciaux, à l’image de We Will Remember et son mid-tempo qui n’est pas marquant du tout, de In This Life et son refrain tout pété ou encore Call my Name qui, même s’il démarre plutôt, manque de nervosité et de moments vraiment intéressants pour marquer celui qui écoute. On peut aussi citer (This is Our) House, un titre qui promet une énergie débordante et une violence accrue, mais qui se radoucit très vite pour finalement ne surfer que sur un refrain catchy. Comme on peut le voir, l’album n’est pas parfait et ce qui va vraiment surprendre, c’est que ce skeud possède des pistes très calmes, presque des ballades, un comble pour du In Flames et pourtant, tous ces titres fonctionnent assez bien si on les accepte. Follow Me possède par exemple une ambiance très triste, très mélancolique et il est facile de se perdre de ce beau moment. All The Pain permet aussi au chanteur de poser sa voix et de livrer une belle prestation qui montre une autre facette que les growl puissants. Enfin, Stay With Me est aussi un beau moment, avec des paroles niaises, certes, mais on se laisse volontiers porter par ces riffs si doux et cette rythmique si efficace. On sent une volonté de s’apaiser pour le groupe, et même si ça ne marche pas en concert, en studio, c’est parfaitement exécuté.

Au final, I, The Mask, le dernier album d’In Flames, risque fort de diviser les fans tant il y a à boire et à manger dans cet effort. Entre moments violents et puissants et passages doux et posés, le groupe souffle le chaud et le froid afin de tenter de contenter tous les fans, ceux de la première heure et les profanes, et globalement, l’ensemble fonctionne plutôt, offrant un bon moment, bénéficiant d’une super production et démontrant que le groupe n’est pas mort pour autant et reste fidèle à lui-même tout en essayant d’évoluer vers une sorte de sagesse. Si cet album n’est pas le meilleur du groupe, il reste bien au-dessus des deux précédents.

  • Voices
  • I, The Mask
  • Call My Name
  • I am Above
  • Follow Me
  • (This is Our) House
  • We Will Remember
  • In This Life
  • Burn
  • Deep Inside
  • All The Pain
  • Stay With Me
  • Not Alone (Bonus)

Note : 15/20

Par AqME

One Comment to "In Flames – I, The Mask"

  1. mahedine liani dit :

    gagne en finesse et toujours un gros son!

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