Horror Story

De : Vikram Bhatt

Avec Karan Kundra, Nishant Malkani, Hassan Zaidi, Radhika Menon

Année : 2013

Pays : Inde

Genre : Horreur

Résumé :

Sept étudiants se mettent au défi de passer la nuit dans un hôtel abandonné ayant la réputation d’être hanté et se retrouvent pris dans un cauchemar.

Avis :

Quand on parle de cinéma et d’Inde, on s’imagine immédiatement les grandes fresques de plus de trois heures avec des scènes de danse belles mais interminables. Il faut dire que le cinéma indien est une immense industrie, dont les premiers studios sont ceux de Bollywood. Habitués des romances, des récits historiques épiques ou encore des drames grandiloquents, on voit mal ces studios produire autre chose tant cela fonctionne et s’empare petit à petit du monde occidental. A un tel point que même Netflix succombe aux appels des sirènes indiennes, proposant de temps à autre un film de chez Bollywood. Mais ce qui nous intéresse aujourd’hui n’a rien à voir avec une fresque épique ou une romance historique qui dure trois plombes. Parce que visiblement, Bollywood sait aussi produire de petits films, qui durent moins d’une heure trente et qui entrent dans le registre de l’horreur. Ainsi donc, Horror Story est vendu comme un drame horrifique venu d’Inde, utilisant deux langues (allez savoir pourquoi ?) et essayant de copier vainement leurs homologues américains dans un récit d’épouvante bas du front et profondément stupide.

Dans Horror Story, on va suivre sept jeunes, trois filles et quatre garçons, qui fêtent le départ de l’un d’eux pour American Idol. La fête est au beau fixe lorsque la télé du bar diffuse les images d’un suicide qui serait survenu dans un hôtel à l’abandon et qui est supposé maudit. L’alcool faisant son effet, les sept jeunes décident alors de partir dans cet hôtel pour prouver que ce ne sont que des balivernes. Malheureusement pour eux, la légende dit vraie et ils vont être poursuivis par un fantôme tenace et revanchard. Le pitch est donc très simpliste, pour ne pas dire déjà-vu. Sept crétins vont jouer aux cons et perdre face à une entité maléfique. Le problème avec ce genre de film, c’est qu’il faut des personnages forts et intéressants, un antagonisme avec du background et un design intéressant, et une mise en scène inspirée pour créer de la peur sans avoir recours à des jump scare intempestifs. Est-ce le cas ici ? Pas vraiment.

Outre le pitch basique à souhait, les personnages sont tout simplement insupportables. D’ailleurs, c’est bien simple, aucun ne possède de caractéristiques propres, car ils ne sont pas du tout travaillés et font basiquement office de chair à canon. De ce fait, il est très difficile de sentir la moindre empathie pour eux, et globalement, on se fout pas mal de leur sort et de leur mort. Le pire dans tout ça, c’est que l’on ne retiendra même pas leur prénom et qu’il peut nous arriver de confondre certains protagonistes avec d’autres, alors qu’ils ne se ressemblent pas, mais les personnages sont tellement «random » que finalement, on ne sait plus qui est qui. Et cela aussi bien chez les filles que chez les garçons. Il faut dire qu’ils ne sont pas aidés non plus par les comédiens pour exister. Le surjeu est de mise, la peur fait faire de grosses grimaces, en gros plan, pendant plusieurs secondes, histoire d’être vraiment ridicule. Les réactions sont bovines, argumentant chaque choix, chaque action, expliquant même son ressenti face à l’apparition du fantôme. On a l’impression de faire face à un film pour crétin où tout doit être expliqué, alors qu’il n’y a pas grand-chose à comprendre. Et l’antagoniste ne va pas aider à apprécier le film. Il s’agit du fantôme d’une fillette, que l’on ne voit quasiment jamais, et qui, dans l’explication de sa colère, n’est là que parce qu’elle aime tuer des gens, et aime Satan. A l’image du film, c’est linéaire, plat et sans intérêt.

Un désintérêt qui se situe aussi dans l’ambiance recherchée, même si là, on peut émettre quelques petits bémols. En effet, la mise en scène du réalisateur n’est pas vraiment mauvaise et possède même quelques bonnes idées. Il y a surtout un joli travail sur la lumière et l’éclairage, ce qui est pourtant le point faible de nombreux films d’horreur indiens, où tout est clair. Ici, le réalisateur s’amuse avec les ampoules, avec les couleurs, et livre quelques moments qui ne sont pas dégueulasses, comme ce long couloir où l’on devine la fillette sur une chaise en train de lire un journal avec un éclairage orange derrière elle. Alors oui, c’est bien peu de chose, mais on se rattrape avec ce que l’on a. Parce que si on y regarde de plus près, on obtient quelques belles catastrophes. Certains travellings n’ont aucun sens, quelques plans sont illisibles et les jump scare sont tout simplement ridicules. C’est d’ailleurs le premier film où l’on peut voir un homme se faire tuer par un fauteuil roulant. Oui, l’espace d’un instant, un homme se fera éjecter contre un mur en s’approchant trop près d’une chaise roulante. C’est dire à quel point le film ne sait plus comment faire peur. Si on ajoute à cela des boucles spatiales inintéressantes avec des réactions stupides, un moment brumeux tout pété qui ramène l’équipe dans la chambre maudite et un final ridicule mais qui aura le don de faire rire aux éclats, on peut aisément dire que Horror Story est un très mauvais film.

Au final, Horror Story n’apporte clairement rien au cinéma d’horreur. Tenant une histoire complètement aux fraises, le cinéaste trouve le moyen de mal la raconter, avec des acteurs au rabais et une mise en scène qui se veut tape à l’œil mais qui se trompe complètement de cible. Horror Story est donc un très mauvais film à qui on pourra accorder quelques notes d’éclairage sympathique et une volonté, éphémère, de faire quelque chose de chiadé. En l’état, on fait face à une purge qui va disparaître de Netflix, et ce n’est pas plus mal.

Note : 03/20

Par AqME

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