Captive State – Alien au Rabais

De : Rupert Wyatt

Avec Ashton Sanders, John Goodman, Vera Farmiga, Jonathan Majors

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction, Thriller

Résumé :

Les extraterrestres ont envahi la Terre. Occupée, la ville de Chicago se divise entre les collaborateurs qui ont juré allégeance à l’envahisseur et les rebelles qui les combattent dans la clandestinité depuis dix ans.

Avis :

Rupert Wyatt est un réalisateur britannique qui s’est fait beaucoup remarquer au début des années 2010, puisque c’est lui qui a eu la lourde tâche, alors qu’il n’avait à l’époque réalisé qu’un seul film, de mettre en scène les origines de « La planète des singes« . Le film fut une belle surprise, doublée d’un joli succès. Depuis, le réalisateur ne fait plus vraiment fait de lui, ou du moins ses projets sont discrets. Il a bien réalisé quelques épisodes de l’excellente série « Turn » avec Jamie Bell, mais son film « The Gamber« , thriller avec Mark Wahlberg et Brie Larson, est sorti directement en DVD et est passé assez inaperçu.

Après donc cinq ans d’absence, Rupert Wyatt est de retour sur nos écrans avec un ambitieux film de science-fiction, « Captive State« . Un film dont on commençait à entendre parler depuis un sacré un petit bout de temps, et qui, il faut bien l’avouer, nous donnait sacrement envie, tant le projet semblait à part dans le paysage cinématographique américain. Entre politique, film de résistance et invasion extraterrestre, Rupert Wyatt a un beau terreau entre les mains et malheureusement, même si « Captive State » demeurera intéressant, notamment grâce à une ambiance soignée, il ne va pas être le film qui nous était promis.

Il y a neuf ans de cela, une race extraterrestre est arrivée sur Terre avec des ambitions hostiles. Très vite, un compromis a été trouvé et aujourd’hui l’homme et les « cafards » vivent ensemble dans un monde en permanence sous tension. Si la plupart des hommes arrivent à vivre en acceptant la présence de ces êtres, des cellules de résistance se sont créées et sont activement recherchées. Un jeune homme, Gabriel Drummond, dont le grand frère est « une star » de la résistance, ne va pas tarder à voir sa vie changer du tout au tout.

Que vaut donc le retour de Rupert Wyatt ? Eh bien, la réponse est assez difficile, car « Captive State » est un film qui va demeurer en permanence intéressant, mais qui va aussi développer une sensation de frustration, car il donne une impression de n’être qu’une longue introduction, comme s’il cherchait la petite étincelle pour le faire exploser et c’est vraiment dommage, car on tenait sûrement là un renouveau de la science-fiction. « Captive State » est donc un film qui dans un sens m’a énormément convaincu et dans un autre, beaucoup déçu.

Si l’on prend le scénario de « Captive State« , on trouve bien des éléments intéressants. Le côté politique est assez génial en soi. Le côté société dystopique est très bien foutu. Il y a beaucoup de nuances, de paradoxes. On est assez fasciné par cette société qui a sombré et qui se croit au final heureuse avec ses nouvelles règles.

Tout ce qui tourne autour de la résistance est particulièrement bien mis en valeur, c’est d’ailleurs l’essence du film et c’est le plus intéressant, ce qui fait que malgré ce qu’on peut reprocher au film de Rupert Wyatt, « Captive State » nous intéresse et dans un sens nous tient jusqu’au bout. Le film trouve même quelques moments de grâce de ce côté-là. Rupert Wyatt aborde au travers de cette intrigue plusieurs thématiques qui là encore sont intéressantes et donnent un joli socle à ce film. Ici, on abordera aussi bien l’humanité que la liberté, l’espoir, la dictature, ou encore la famille, élément important de cette histoire.

Toujours pour aller du bon côté, avec « Captive State« , Rupert Wyatt s’est appliqué à offrir un film qui a un cachet, une ambiance, quelque chose qui soit irréprochable à l’écran. Dans ce sens, on est tenu sous tension, le tout fonctionne bien, et en plus, il a de la gueule. La photo est très belle, offrant un film sombre qui donne dans quelque chose de très réaliste. Notons que le film n’a pas un budget extraordinaire et que Rupert Wyatt, avec ce « petit budget », arrive à bien camoufler ce manque, montrant peu ses extraterrestres, mais toujours de bonne manière.

Après, comme je le disais, et c’est le très gros défaut de ce film, « Captive State » donne et laisse une sensation de n’être finalement qu’une immense introduction et c’est tellement dommage, car on reste pris dans l’intrigue qui nous crie qu’elle va être plus, qu’elle va aller plus loin, qu’elle va exploser et au moment où cette dernière décolle enfin, Rupert Wyatt coupe son film quelques dizaines de minutes après. Et c’est encore plus dommage car le twist final est finalement assez prévisible. Le final restera bon en soi, même s’il donne sur l’ensemble une sensation d’arriver trop tôt ou trop tard.

Enfin, pour son nouveau film, Rupert Wyatt s’est fait plaisir et il a convoqué un joli casting, mais là encore, on y trouve du bon et du pas fameux. Développant assez peu ses personnages, ce qui est étrange au vu de la qualité du scénario, on retiendra tout de même un imposant John Goodman et un Jonathan Majors intéressant. Pour le reste, on peut parler de déception. Vera Farmiga est sous exploitée et sous-développée. Quant à Asthon Sanders, qu’on avait découvert avec magnétisme dans le « Moonlight » de Barry Jenkins, est ici terriblement fade et au-delà de ça, son personnage n’est ni émouvant, ni touchant.

« Captive State » est donc un film qui sur l’ensemble est bon, mais qui demeure aussi une déception au vu de tout ce qu’il pouvait offrir de grandiose. La démarche et la volonté sont là, l’ambiance est là, l’univers a de la gueule, mais au final, le nouveau film de Rupert Wyatt n’est pas à la hauteur des promesses faites. Dommage.

Note : 13/20

Par Cinéted

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