Hiroshima Mon Amour

De : Alain Resnais

Avec Bernard Fresson, Stella Dassas, Eiji Okada, Emmanuelle Riva

Année : 1959

Pays : France, Japon

Genre : Drame

Résumé :

Une actrice se rend à Hiroshima pour tourner un film sur la paix. Elle y rencontre un Japonais qui devient son amant, mais aussi son confident. Il lui parle de sa vie et lui répète « Tu n’as rien vu à Hiroshima ». Elle lui parle de son adolescence à Nevers pendant la seconde guerre mondiale, de son amour pour un soldat allemand et de l’humiliation qu’elle a subie à la Libération.

Avis :

Alain Resnais est l’un des cinéastes les plus reconnus dans l’histoire du cinéma français. Décédé en 2016, Alain Resnais laisse derrière lui une carrière incroyable, une carrière qui force le respect et l’admiration et surtout une carrière qui regorge d’œuvres qui ne demandent qu’à être découvertes ou redécouvertes. Malgré sa stature de légende, je ne suis pas un familier du cinéma d’Alain Resnais, dont j’ai vu assez peu de film finalement. Non pas que les films de Resnais ne me disent rien, bien au contraire, c’est simplement que je n’ai pas encore trouvé l’occasion de mettre les yeux dessus.

Parmi cette sublime filmographie, il y a un film qui se détache du lot. Un film dont j’ai très souvent entendu parler, « Hiroshima, mon amour« . Mais avec une telle réputation, j’avais aussi peur d’être déçu. J’ai donc attendu, mais quand j’ai appris qu’un cinéma, Le champo pour le citer, sorte de temple parisien qui ne diffuse que de vieux films, le jouait, c’était l’occasion de le découvrir dans les meilleures conditions et j’ai bien fait, puisque le film d’Alain Resnais est incroyable. Beau et envoûtant, inhabituel et virtuose, « Hiroshima, mon amour » est un sacré morceau de cinéma, et je vais prendre plaisir à le voir et le revoir !

Une femme, actrice, termine le tournage d’un film sur la paix à Hiroshima. Mariée et mère de deux enfants, cette femme a fait la connaissance d’un Japonais, et s’est offert une petite aventure avec ce dernier, et alors que cette femme doit reprendre un avion d’ici quelques heures qui l’emmènera loin de cet amour naissant, les deux amants prennent le temps de s’aimer, de se parler et surtout de s’écouter.

Fascinant, beau, intense et singulier, voilà en quelques mots ce que m’évoque le premier film d’Alain Resnais. Enfin, le premier long-métrage du réalisateur, puisqu’il s’est essayé avant avec une pelletée de courts-métrages. Bon, il est vrai qu’il a réalisé un premier long avant « Hiroshima, mon amour« , mais ce dernier est déclaré perdu. Bref, ceci est un autre sujet.

Il va être difficile de poser des mots clairs et précis sur « Hiroshima, mon amour« , tant finalement le film d’Alain Resnais n’est qu’émotions et interprétations. « Hiroshima, mon amour« , c’est un œuvre qui questionne aussi bien les sens, que la narration, ou encore ses sujets. « Hiroshima, mon amour« , c’est un film qui parle évidemment de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi de la mémoire. C’est un film qui aborde le traumatisme de cette attaque et en même temps, il ne va pas non plus le faire le centre de son sujet, car « Hiroshima, mon amour« , c’est bien plus que ça. Alain Resnais offre un film qui aborde aussi bien la vie, la mort, l’amour, et le désespoir. C’est un film qui parle de passion, de désir, de frustration et de douleur, la douleur d’un amour perdu. Tous ces sujets sont entremêlés sous la forme d’un poème vibrant qui prend corps et âme et avec le texte sublime de Marguerite Duras, emporté encore plus haut par ces deux interprètes de talent, Emmanuelle Riva et Eiji Okada. Elle est magnifique, lui est fascinant, elle est puissante, tout en retenue, lui nous colle la chair de poule. Le duo est parfait, le couple est sublime et Alain Resnais les filme avec poésie, amour, douleur, souffrance.

Mais « Hiroshima, mon amour« , c’est aussi autre chose. « Hiroshima, mon amour« , c’est une mise en scène très singulière, qui envoûte, ou qu’on est capable aussi de rejeter. Le métrage de Resnais ne se livre pas aussi facilement, il faut se laisser emporter. Cette mise en scène emprunte à la poésie, à l’errance, à la dualité, plusieurs se faisant écho. Alain Resnais offre aussi des cadres et des séquences incroyables, parcourus par une sublime BO. La narration de ce film est elle aussi fascinante, car elle n’est pas fluide, le film n’est pas linéaire et fait ce qu’il veut, quand il veut, d’où l’idée d’interprétation que j’évoquais plus haut et j’avoue être assez impatient de m’y plonger une seconde fois, afin d’en comprendre encore plus de subtilité.

Bref, magnifique, aussi beau que difficile, singulier dans sa démarche et dans sa forme, « Hiroshima, mon amour » mérite amplement toutes les éloges qu’on lui fait depuis maintenant soixante-dix ans. Je ne regrette donc absolument pas d’avoir attendu pour découvrir ce bijou. Un bijou qui reste cependant particulier, et même si j’ai envie de conseiller à tout le monde de le découvrir, j’ai aussi envie de mettre une réserve, car il vaut mieux savoir où vous mettez les yeux et l’esprit. À vous de voir maintenant.

Note : 18/20

Par Cinéted

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