Mississippi Bones – Radio Free Conspiracy Theory

Avis :

Peut-on être originaire du Nord des Etats-Unis, et plus précisément de l’Ohio, et fournir pourtant un Southern Rock bien poisseux et bien lourd ? La réponse semble être un gros oui. Mississippi Bones est un groupe américain originaire de l’Ohio, et qui propose un Hard Rock poussiéreux, dans le bon sens du terme, c’est-à-dire qu’il est tire ses influences vers le Desert Rock (Kyuss ou encore White Zombie par exemple) et le Southern, allant presque jusqu’à citer Lynyrd Skynyrd. Fondé en 2010 autour de deux hommes, le groupe a dû s’agrandir pour proposer un son plus poussé et plus intéressant, passant ainsi à six membres, dont une femme qui apportera une jolie touche dans les chœurs. Très rapidement, le groupe trouve un créneau assez loufoque, avec des jaquettes qui font d’énormes références au cinéma bis qui nous a tant emportés quand nous étions jeunes adolescents. Citant les vieux films de science-fiction comme Les Aventures de Jack Burton Dans les Griffes du Mandarin sur un EP, la formation propose alors un cinquième album qui regrouperait un peu toutes ces thématiques avec Radio Free Conspiracy Theory. Un album concept intéressant sur le papier, qui permet de faire connaissance avec un groupe prometteur et certainement pas assez connu, mais qui loupe le coche de l’international, notamment à cause de l’idée de faire un album conçu comme une émission radio.

La première chose qui frappe quand on regarde la playlist, c’est la générosité du groupe. Vingt titres là où certains n’en font que la moitié, si ce n’est pas moins, autant dire que l’on va en avoir pour notre argent. Et en effet, l’album dépasse allègrement les cinquante minutes d’écoute intégrale, ce qui peut sembler être une réjouissance. Qui va vite tourner au vinaigre si l’on n’est pas anglophone. En effet, le concept même de l’album est d’alterner une piste en mode commentateur radio recevant des coups de fil avec de vrais morceaux de musique. De ce fait, on se retrouve avec seulement dix vrais morceaux de musique, et dix pistes qui sont des sortes sketches avec des gens qui appellent l’animateur pour leur parler de divers monstres. Ainsi donc, on aura droit à un révérend pas très catholique, à une jeune fille qui invite des vampires de l’espace à rentrer chez elle, à un chasseur qui parle d’un wombat maléfique ou encore d’un policier qui pense avoir vu un monstre prenant l’apparence d’êtres humains. Sauf que ce que je viens d’écrire n’est que spéculation sur ce que j’ai compris. Forcément, tout est en anglais, tout va assez vite, avec des mots d’argot, du coup, il est très complexe de rentrer dans cet album tant on se sent largué par moments. Et il est difficile d’apprécier la musique quand c’est à chaque fois entrecoupé d’une intervention parlée. Du coup, pour vraiment apprécier cet album, il faut sauter une piste sur deux, et c’est bien dommage.

C’est bien dommage car, très franchement, d’un point de vue musical, ça dépote bien. Le premier titre, A Paranoiac’s Farewell, démarre sur les chapeaux de roue et montre tout ce que le groupe peut proposer. Les riffs sont secs, bien puissants, et la rythmique donne immédiatement envie de headbanger d’avant en arrière. Si on retrouvera quelques menus défauts au sein du titre, comme des paroles qui ne s’associent par forcément bien avec le rythme, le groupe nous propose tout de même quelque chose qui pulse bien et fort, d’entrée de jeu. Et cet aspect bien sulfureux, bien poussiéreux, on le retrouve dans d’autres titres de l’album, comme par exemple Genetic Flashback, qui parle de doppleganger, et qui propose une vitesse d’exécution très intéressante, ne laissant finalement que peu de répit à l’auditeur, si ce n’est au détour d’un solo qui ne fait baisser en rien la rythmique. On peut aussi évoquer 101 Ways to Cook a Human, un vrai délire dans les paroles mais qui suinte le Desert Rock de toutes ses pores. Tout comme The Reptiles are Among Us, dans un genre encore plus lourd au niveau des riffs, mais qui s’avère un pur plaisir d’écoute pour qui aime ce genre. Le groupe s’évertue aussi, quelques fois, à créer une vraie ambiance autour de ses morceaux, comme pour Devilry & the Blues in Little Dixie, qui offre une jolie introduction sous la forme d’une discussion entre une jeune femme et un homme, avant de lâcher la bride avec un Southern Rock puissant et terriblement efficace. Si le rythme est plus lent, les riffs sont toujours aussi lourds et l’ensemble est tellement groovy. On retrouvera sensiblement la même chose avec Wxxt et son refrain terriblement efficace. Bref, on ne peut pas trop faire de reproche au groupe sur les dix titres qui parsèment l’album, car ils sont tous d’excellente facture.

Au final, Radio Free Conspiracy Theory, le dernier album en date de Mississippi Bones, est une franche réussite d’un point de vue musical. Les dix morceaux sont vraiment très bons, et le groupe n’a rien à envier aux grands groupes de Desert Rock ou même de Southern Rock. Les riffs sont efficaces et l’ensemble est totalement cohérent. Le problème provient du concept même de l’album, qui propose des échanges radiophoniques pas forcément intéressants et qui hachent trop le rythme des musiques. Un bon album en somme, mais au sein d’un concept un peu trop foireux.

  • Open Air
  • A Paranoiac’s Farewell
  • Occult Deprogrammers
  • Blue Beam Dreams
  • Preacher Jim
  • Devilry & the Blues in Little Dixie
  • Cattle and Chattle
  • Genetic Flashback
  • Pirated Signal
  • Wxxt
  • Corporate Wendigos
  • 101 Ways to Cook a Human
  • Believe it or Not
  • The Order of the Night Moose
  • Geoff Joins a Cult
  • Ancient Astronauts and Alien Allegories
  • How Would You Even Know
  • The Reptiles are Among Us
  • Space Vampires Bastards Must Die
  • Radio Free Conspiracy Theory

Note: 15/20

Par AqME

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