Le Bon et les Méchants

De : Claude Lelouch

Avec Jacques Dutronc, Marlène Jobert, Brune Cremer, Brigitte Fossey

Année : 1976

Pays : France

Genre : Policier, Guerre

Résumé :

Deux truands, Jacques et Simon, sont poursuivis par le policier Bruno. Dans leurs mésaventures, ils rencontrent Lola, une prostituée. La guerre éclate, nos trois compères font au départ du trafic avec les allemands, mais ne tardent pas à rejoindre la Résistance…

Avis :

La carrière de Claude Lelouch, durant les années 60, s’est mise en place petit à petit avant d’atteindre le sommet « Un homme et une femme« , film qui confirma Claude Lelouch. Par la suite, il enchaînera les films les uns à la suite des autres avec plus ou moins de succès. « Un homme qui me plaît« , « L’aventure, c’est l’aventure« , « La bonne année » font partie du haut du panier dans la filmographie de ces années-là. Après avoir réalisé un rêve en faisant tourner l’immense Michèle Morgan dans « Le chat et la souris« , moins de six mois après, l’infatigable Claude Lelouch était de retour, et après le polar, il passe au film de guerre avec « Le bon et les méchants« .

Si j’ai voulu m’arrêter ce soir-là sur ce petit Claude Lelouch quelque peu oublié, c’est parce que premièrement, j’aime beaucoup découvrir des films qui sont oubliés et deuxièmement, l’idée de trouver Jacques Dutronc, Marlène Jobert, Jacques Villeret et Bruno Cremer dans un film de guerre vu à la sauce Lelouch m’intéressait, et même si le film est moins fort que ce à quoi je pouvais m’attendre, je ne boude pas ma découverte, et même mon plaisir.

Jacques et Simon sont deux copains qui vivent de petits larcins. Enfin de petits larcins, c’est vite dit, puisqu’après les divers vols, ils finissent par cambrioler des banques. Ils ont l’inspecteur Deschamps à leurs trousses. Un soir, ils vont croiser Lola, une magnifique jeune femme qui fait le tapin. Le duo devient un trio et rien ne semble pouvoir les arrêter. Enfin ça, c’était jusqu’à ce que la guerre n’éclate et que la France tombe aux mains des Allemands.

« Le bon et les méchants » est un petit film de Claude Lelouch, mais c’est un film qui est tout à fait intéressant et plaisant à regarder. Ici, Lelouch offre une petite comédie pleine d’airs frais qui mine de rien va brasser pas mal de sujets et d’évènements en deux heures de métrage.

Mais avant de parler de ce scénario intéressant, la première chose qui frappe avec ce film, c’est l’idée de sa photographie. Tourné dans le ton sépia, Claude Lelouch capture et arrête le temps l’espace d’un film. L’idée de tourner en sépia est aussi originale qu’elle est bonne et ça donne un sacré cachet au film. Si je devais extrapoler quelque peu, je dirais alors que cette idée donnerait presque des allures de conte à cette histoire. Un conte aussi grave de par ce qu’il raconte, que léger dans comment il le raconte et cette frontière assez mince entre drame et comédie, Claude Lelouch la maîtrise très bien. « Le bon et les méchants« , c’est du divertissement comme on l’aime, enchaînant les scènes de hold-up, courses poursuites en traction, moments plus intimes, puis la guerre, les trafics en tous genres, puis la résistance, le film ne s’arrête pas et mine de rien, lâché comme ça, « Le bon et les méchants » racontera un sacré bout de l’histoire, allant de 1935 à la fin de la guerre.

Et c’est là que j’ai envie de m’arrêter sur le scénario de ce film. Alors s’il est vrai que l’ensemble manque d’émotion et de tension, malgré de jolis rebondissements, on ne craint pas pour ses personnages et ce constat est dommage et c’est peut-être ça qui fait que le film n’entre pas dans la case des grands films de Claude Lelouch. « Le bon et les méchants » offre toutefois un scénario qui sait où il va, qui sait comment prendre son spectateur et qui plus largement sait se rendre intéressant, et même un peu plus. À travers ce film, Claude Lelouch parlera aussi bien du grand banditisme avant la guerre, que pendant la guerre. Son film est aussi bien une enquête menée par un Bruno Cremer, toujours aussi immense, qu’un film de guerre qui raconte le destin d’hommes et de femmes qui peu à peu passent d’ennemis de l’ordre public à résistant pour la libération de la France et ce cheminement est parfaitement rendu à l’écran et ça, même si le film fait parfois dans la facilité et la maladresse dans sa façon de gérer ses ellipses.

Ce qui fait que cette mésaventure attachante fonctionne bien, c’est aussi parce que « Le bon et les méchants » jouit d’un très bon casting. Un casting mené par Dutronc/Villeret/Jobert, mais pas que, puisque comme évoqué plus haut, on peut assurément compter sur un Bruno Cremer imposant, mais aussi une Brigitte Fossey dans un rôle intéressant, un Serge Reggiani qui n’a besoin que d’être là pour captiver l’attention. On trouvera aussi, balancé comme ça, Jean-Pierre Kalfon et Philippe Léotard. Bref, un casting solide où chacun est à sa place.

Alors certes, le film de Claude Lelouch manque d’émotions et surtout l’ensemble, malgré le bien qu’on en pense, manque d’une étincelle pour vraiment nous emporter, mais « Le bon et les méchants » n’en reste pas moins un bon cru. Un cru intéressant aussi bien dans son histoire que dans sa mise en scène et rien que pour ça, et plus encore, « Le bon et les méchants » mérite un petit coup de projecteur. Mineur dans l’immense filmographie de Claude Lelouch, ce film reste à découvrir, car si petit soit-il, le moment passé est bon.

Note : 13/20

Par Cinéted

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