novembre 30, 2020

Fargo Saison 2

D’Après une Idée de : Noah Hawley

Avec Keith Carradine, Ted Danson, Patrick Wilson, Kirsten Dunst

Pays: Etats-Unis

Genre: Drame

Nombre d’Episodes: 10

Résumé:

1979, Minnesota. A la suite d’une tuerie dans un restaurant, le destin de plusieurs personnages s’entrecroise : Lou Solverson, un policier et son supérieur Hank Larsson; Peggy et Ed Blomquist, un couple sans histoire jusqu’ici; ou encore la famille mafieuse locale des Gerhardt.

Avis:

Réalisateur et showrunner, Noah Hawley est celui que personne n’a vu venir en 2014. Scénariste pendant des années, il a notamment travaillé sur des séries comme « Bones » pour la plus connue, ou « The Unusuals » et « My Generation« , pour celles qui le sont moins, Noah Hawley a franchi une nouvelle étape dans sa carrière en créant sa première série, « Fargo« . « Sur une idée des frères Coen« , le showrunner a décidé de reprendre l’univers du film culte pour le transposer en série et franchement, on n’y aurait pas mis notre main à couper. Et pourtant, le résultat a dépassé toutes les espérances, imposant la première saison de « Fargo« , comme l’une des plus grandes séries de l’année 2014.

Fort de ce succès surprise, d’emblée une saison deux est mise en chantier. Le souci, avec un succès et une qualité comme Noah Hawley a livré avec la première saison, c’est que forcément, il va être très difficile, voire même impossible, de faire mieux. Partant sur d’autres faits divers, avec cette saison deux, le showrunner va surprendre encore une fois tout le monde, avec une saison deux qui frappe encore plus fort que la première. Une saison deux qui a tout, absolument tout, du film de gangsters, livrant une dramaturgie poussée et addictive, au point de faire de cette deuxième saison un quasi-chef d’œuvre !

Dakota du Sud, 1979, un homme est renversé par Peggy Blumquist, une coiffeuse du coin. Cet homme est le fils aîné de la famille Gerhardt, une famille de mafieux d’un état voisin. L’homme en question vient de commettre un triple meurtre dans un petit rad du coin. Peggy prend la fuite avec le cadavre de l’homme enfoncé dans son pare-brise. C’est le début d’une infernale spirale où les cadavres, les vengeances et les guerres de gangs vont régner en maître et en un peu moins de quelques semaines, les deux états vont sombrer dans une folie meurtrière.

Puissante, incroyable, violente, noire, terrifiante, implacable, émouvante, voilà comment j’ai envie de résumer cette deuxième saison de « Fargo« . Qui aurait cru qu’en reprenant le concept des frères Coen, un scénariste sorti de nulle part offrirait l’une des meilleures séries du moment.

N’ayant rien à voir avec la première saison, puisque « Fargo » peint à chaque nouvelle saison une nouvelle histoire, et des évènements qui ne se déroulent pas dans la même époque, ici, on quitte le Minnesota de 2006 pour aller dans le Dakota du Sud en 1979 et autant dire que cette plongée va être terriblement addictive.

Toujours sur la base de dix épisodes, cette saison deux va s’avérer plus sombre encore que la première et franchement, il fallait le faire. Bijou d’écrire à l’humour noir fatal, bijou d’enquête qui au fil des épisodes va devenir de plus en plus terrible, « Fargo » saison deux, c’est l’histoire d’un meurtre qui va engendrer un véritable massacre. Liant cette saison à la première grâce à un personnage, le scénario est incroyable. Jouant sur plusieurs genres, arrivant à être aussi cool que terrible, cette deuxième saison va aussi bien s’aventurer dans un drame intimiste et touchant quand la série s’arrête sur le destin de cette coiffeuse et son mari, qu’un véritable film de mafieux, aussi bien dans la famille, que dans ces deux clans qui vont s’affronter pour le pire et le pire. Cette deuxième saison est complexe et garde même en son sein une petite part de mystère, on peut qu’être bluffé par le talent de Noah Hawley qui arrive à tout lier, tout rassembler, sans jamais se perdre. Ici, tout est cohérent, ça tient la route, et ça fonctionne en permanence, même quand la série s’aventure dans l’incompréhensible.

Ce qui est terrible avec cette saison, c’est ce sentiment de fatalisme que les évènements mettent en place. Ici, des vies volent en éclats en très peu de temps et bien souvent pour trois fois rien. Il y a un sentiment de spirale infernale qui ne s’arrêtera jamais et la série est totalement imprévisible, ce qui génère énormément de suspens, d’intrigue et ça pique notre intérêt à tout instant. Cette deuxième saison détruit à grands coups de fusillades l’Amérique et sa belle image. Suivant les destins de plusieurs personnages, « Fargo » abordera aussi bien l’American Dream avec les personnages de la coiffeuse et son boucher de mari, que le syndicat du crime ou encore les séquelles de la guerre du Viêtnam, amenées par un flic aussi attachant qu’il peut être glacial.

Si cette saison est un bijou dans ce qu’elle raconte, elle l’est tout autant dans sa façon de nous raconter cette histoire. Incroyable, pour ne pas dire virtuose dans sa mise en scène, les dix épisodes que compose cette saison sont autant de bijoux qui nous laissent sans voix. Violent, virulent, bourré d’idées, imposant des séquences de folie tout en sachant aussi être intime et léger quand il le faut, et le tout est emmené par une BO rock’n’soûl de l’époque, Noah Hawley et ses réalisateurs ont tout compris et imposent ensemble une très grande saison, qui va joliment tutoyer le chef-d’œuvre. Franchement, c’est si bien fait qu’on ne peut rien lui reprocher. On est pris dans cette spirale infernale, on vibre, on craint, on stresse, on se marre, on est affolé… Bref, on est passionné de bout en bout.

Côté casting, la série fait encore une fois très fort. Patrick Wilson, Kirsten Dunst, Jeffrey Donovan, Jesse Plemons (Comme ne pas être touché par ce personnage ? Et cet acteur dont on ne parle jamais assez !), Ted Danson, Jean Smart, Angus Sampson, Zahn McClarmon, que du beau monde, et j’en oublie. Chacun trouve sa place et livre un personnage passionnant, fort, aussi attachant que parfois détestable. Mention spéciale pour Zahn McClarmon, véritable révélation. Si dans la première saison, le diable absolu était Billy Bob Thorton, dans cette saison, c’est lui !

Faire mieux que la première saison était très compliqué et pourtant Noah Hawley l’a fait avec la plus grande des facilités, imposant dix épisodes puissants, cyniques, d’une noirceur extrême. Passionnant de son premier à son dernier plan, d’une très grande dramaturgie, mis en scène à la perfection… Bref, n’osons plus avoir peur des mots dans ces cas-là, Noah Hawley livre tranquillement un chef-d’œuvre qui va me rester très longtemps en mémoire !

Note : 20/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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