Crematory – Oblivion

Avis :

On le sait, ce n’est pas une nouveauté, en matière de métal, l’Allemagne fait bien la nique à la France et à quelques autres pays européens. En un sens, elle se rapproche des pays scandinaves, berceau de la musique métal, allant du Black au Death en passant par le Gothic. Et ça tombe bien, parce que de Gothic, on va en parler un petit peu. Crematory est un vieux groupe teuton qui est passé par différents styles avant de trouver sa voix, pour revenir ensuite à ses fondamentaux. Fondé en 1991, le groupe sort son premier album en 1993 et officie dans un métal gothique plutôt sympathique, teinté par un chant guttural qui n’est pas piqué des vers. Par la suite, le groupe va connaître un élan plutôt Death avant de commencer une autre mutation, s’essayant à un gothic plus commercial, plus accessible. Certains fans les suivent toujours, d’autres ont lâché l’affaire et certains attendent patiemment de voir la prochaine mue de la formation. Oblivion est le onzième de Crematory, et quand on regarde les avis et autres critiques sur le net, on trouve à boire e tà manger. Certains ont profondément détesté, d’autres ont trouvé ça fort sympathique, bref, de quoi attiser la curiosité. Et pour nous, quel est notre verdict ?

Le skeud s’ouvre avec une introduction plutôt grandiloquente qui annonce le groupe et le véritable premier morceau est Salvation. Un titre fort agréable, qui mélange de façon optimale le chant clair et le growl. Le départ fait très Métal Symphonique avec ce qu’il faut de violons qui montent crescendo, puis par la suite, les riffs de grattes donnent une ampleur supplémentaire. Le growl rend très bien sur la mélodie et seul le refrain sera en chant clair histoire de bien rentrer dans les têtes. La façon de faire est bien rodée et le groupe propose quelque chose de simple, mais d’efficace. Avec Ghost of the Past, le groupe s’éloigne des violons et des orchestrations un peu plus léchées pour fournir un titre métal indus plutôt mélodieux et plus lent dans la rythmique que le précédent. On sent qu’il y a plus d’émotions, ou tout du moins, une volonté de plus toucher l’auditeur. Là aussi le growl est de sortie et s’accorde parfaitement au reste. On retrouvera la même formule sur de nombreux titres, comme par exemple Until the Dawn qui ressemble un petit peu au premier titre mais qui laisse plus de champ à la voix claire et profite d’un joli solo de guitare. On peut aussi évoquer des titres comme For All of Us qui démarre sur les chapeaux de roues et s’avère bien nerveux ou encore Immortal, Oblivion, Cemetary Stillness et Blessed. Bref, le groupe utilise une recette qui fait mouche et l’utilise sans aucune parcimonie.

Alors oui, une telle façon de faire marche forcément sur les fans du genre, surtout que le groupe n’oublie pas de les caresser dans le sens du poil en usant de gimmicks qui de façon presque abusive, mais globalement, on peut dire que le charme opère. Néanmoins, cela peut avoir aussi un côté assez redondant et on ressentira une énorme place laissée à la voix claire. C’est d’ailleurs l’un des principaux problèmes de cet album qui, malgré la présence d’un growl, se fait bouffer par le chanteur secondaire. Un exemple concret, la fin du morceau Blessed qui occulte totalement le growl afin de donner un élan plus grandiloquent et peut-être plus lyrique mais en oublie la puissance et le poids du chant guttural. On se retrouve donc avec quelque chose d’aérien mais qui manque de compacité. L’autre gros défaut de cet album, outre le fait de ne pas contenir de titres vraiment marquants et impactants, c’est qu’il enfile parfois quelques titres un peu trop timides. Revenge is Mine démarra au piano avant de faire parler la poudre mais avec un clavier trop présent qui résonne comme un titre europop un peu dégueulasse. Le chant clair n’aide pas non plus à rendre le morceau vraiment attachant. Cela reste propre, mais aussi lisse et donc sans grand intérêt. Ce sera un peu la même chose avec Wrong Side, qui se veut être un titre plus calme, plus lent, tout en gardant des riffs un peu lourdauds. Malheureusement, ça ne marche pas des masses et on a la sensation d’écouter un vieux morceau de Métal des années 80 sans grand génie. En fait, le groupe se perd vraiment sur certains morceaux, se voulant trop gothique et pas assez incisif.

Au final, Oblivion, le dernier album de Crematory, souffle le chaud et le froid mais reste tout à fait potable. S’il contient son lot de maladresses, on ne peut renier les filiations du groupe au Métal Gothic et même à une forme de Death gentillet et un poil timide. Cependant, le groupe sait ce qui marche et propose un skeud assez complet et qui laisse plus un sentiment appréciable qu’autre chose. Maintenant, on est loin des réussites du groupe, datant des années 2000…

  • Expectation
  • Salvation
  • Ghost of the Past
  • Until the Dawn
  • Revenge is Mine
  • Wrong Side
  • Stay With me
  • For All of Us
  • Immortal
  • Oblivion
  • Cemetary Stillness
  • Blessed
  • Demon Inside

Note : 14/20

Par AqME

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