décembre 2, 2020

Leprechaun Returns

De : Steven Kostanski

Avec Taylor Spreitler, Pepi Sonuga, Sai Bennett, Linden Porco

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

L’abominable Leprechaun est malencontreusement sorti de son sommeil par des étudiantes en vacance. Plus redoutable que jamais, son seul et unique but est de retrouver son or perdu et punir ceux et celles qui se mettront sur sa route.

Avis:

Initié en 1993 par Mark Jones et avec la présence de Jennifer Aniston, Leprechaun a tenté d’avoir une place de choix dans le panthéon des créatures diaboliques et autres boogeymen du septième art. Mais malgré un premier épisode qui a su trouver son public, pour le reste, on reviendra. Malgré des qualités toujours plus douteuses, le petit nain maléfique reviendra dans cinq suites, qui trouveront une fin prématurée en 2003 avec un sixième épisode. Mais la mode est toujours à l’horreur et à une sorte de volonté de toujours mettre de l’humour dans le gore, un moment idéal pour le Leprechaun de refaire ses armes. Sauf qu’en 2014, un reboot est alors proposé. Un reboot qui va faire parler de lui car il est aux antipodes des précédentes productions, livrant un vrai monstre sanguinaires dénué d’humour et qui ne veut qu’une chose, buter de la jeune donzelle. Le film sera un énorme échec malgré son côté sérieux, et c’est quatre ans plus tard que la série revient avec une suite directe du premier opus. Oui, Leprechaun Returns fait table rase du passé et des suites pour faire revenir le petit monstre vingt-cinq ans plus tard, toujours en forme, afin de torturer la fille de l’héroïne du premier épisode.

C’est maintenant une habitude, les producteurs aiment que l’on ne parle plus des suites qui dérangent. Ce fut le cas pour Halloween, c’est aujourd’hui la même chose pour Leprechaun qui tente de retrouver une nouvelle jeunesse avec une suite qui se veut être une comédie d’horreur. Les faits se déroulent vingt-ans après le premier, la fille de l’héroïne revient dans la maison familiale qui est devenue le coin d’une sororité voulant être éco-responsable et cela réveille bien évidemment le vilain petit bonhomme. Après une naissance bien gore, il va alors revenir dans la maison pour retrouver son or et en profiter pour réaliser quelques morts dégueulasses. Très clairement, le pitch n’est qu’une note d’intention pour remettre en avant le monstre et des situations burlesques et gores. Et c’est peut-être là tout le problème de ce film qui ne veut pas se prendre au sérieux, mais qui du coup, annihile tout effet de peur et espère se rattraper sur les différents meurtres, originaux, certes, mais qui n’apportent rien à l’intrigue et à la mythologie de la créature. En fait, Leprechaun Returns est vraiment pensé comme un amusement basique et bas du front pour ceux qui sont en manque de comédie horrifique gore et les nostalgiques. Mais cela n’est clairement pas suffisant pour en faire un bon film.

Alors oui, c’est décomplexé et les meurtres sont assez originaux. D’autant plus que le film joue avec les éléments du décor et les objets écologiques pour tuer, mais cela reste finalement assez prévisible. On aura droit à un type coupé en deux, une nénette qui se fera défoncer la tête avec une récompense en forme de truelle et d’autres passages plus ou moins sales, mais toujours avec une légère dose d’humour. C’est plutôt bien fichu et on ne ressent pas vraiment les coupes budgétaires qu’a dû subir le film. Le problème, c’est qu’est-ce qu’il faut prendre derrière ces meurtres ? C’est-à-dire qu’à chaque fois, ce sont des éléments écologiques qui sont la cause des morts et on peut peut-être y voir une volonté de la part du réalisateur et du scénariste de se foutre de la gueule de l’écologie. Après, c’est peut-être accorder trop d’intelligence à un film qui n’en a pas la prétention. Mais c’est assez équivoque pour ne pas le voir. D’autant plus que le film essaye de critiquer certaines choses dans son fond, comme ce rapport à l’image où les jeunes font des selfies avec le monstre, pensant à une mauvaise blague. Ce n’est pas très fin, et surtout, ça décrédibilise tous les personnages qui sont plus cons les uns que les autres.

Et dans un film comme ça, qui joue constamment sur l’horreur et la comédie, il faut des protagonistes forts et intéressants. Shaun of the Dead est un excellent exemple et Leprechaun Returns ne suit absolument pas cette trace. Tous les jeunes ont des fonctions bien définies et sont voués plus ou moins vite à crever. On le sait, ils rentrent tous dans des stéréotypes et on se doute bien que la fille de l’héroïne va survivre et trouver une astuce pour se débarrasser du Leprechaun. Parmi ses copines, on trouve l’intello de service, l’obsédé du cul, la black callipyge, le débile de base qui fait des montages vidéo et la pochtronne qui se donne une conscience écologique. Bref, que de la chair à canon et cela ne va pas manquer. Le film se révèle alors sans surprise et les quelques morts originales ne viendra que donner un faux sursaut d’espoir sur l’aspect malsain de la chose. C’est basique de chez basique et concrètement, c’est peu de chose à se mettre sous la dent. Ajoutons à cela un monstre relativement ridicule, qui veut se la jouer Freddy Krueger en balançant des vannes pourries, mais qui n’a pas du tout l’impact du monstre incarné par Robert Englund. Les blagues tombent souvent à plat, ce n’est pas drôle et il manque le charisme de la créature. Et ce n’est pas la faute à l’interprète, qui n’est plus Warwick Davis, mais juste à l’écriture bancale des dialogues.

Au final, et malgré des retours plutôt positifs à son égard, ce Leprechaun Returns s’avère être un joli pétard mouillé. Si les mises à mort prêtent à sourire et qu’il y a une vraie générosité dans le gore, on reste tout de même dans un film bas du front et qui ne pisse pas très loin. Avec des personnages fonctions au possible, un monstre peu charismatique et surtout pas drôle et une histoire qui n’est qu’un prétexte au massacre, on reste face à un film vite produit et vite mis en boîte pour faire plaisir aux nostalgiques et aux jeunes qui souhaitent découvrir une créature datant des années 90. Il vaut mieux rester sur le premier métrage de 1993, qui finalement se suffit largement à lui-même.

Note : 07/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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