Ataud Blanco

De : Daniel de la Vega

Avec Julieta Cardinali, Eleonora Wexler, Rafael Ferro, Fiorela Duranda

Année : 2016

Pays : Argentine

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune mère prête à tout pour retrouver sa fille, enlevée par un routier sur une route isolée, devient la cible d’un jeu mortel et diabolique.

Avis :

Si on dit souvent que faire un film d’horreur laisse une grande part de liberté, il ne faut pas oublier que cela demande aussi de la rigueur et un certain savoir-faire. C’est ce qui fait le charme des films d’horreur indépendants, mais aussi son désamour, le fait de trouver beaucoup de daubes pour finalement une poignée de films intéressants avec des réalisateurs promis à un bel avenir. Mais il y a autre chose qui est intéressant dans le film d’horreur, c’est qu’il permet de découvrir des façons de filmer, ou des histoires, propres à chaque pays. Et pour cela découvrir cela, il n’y a pas trente-six solutions, il faut passer par Netflix ou par internet. Et ça tombe plutôt bien, puisque la plateforme de streaming propose à chaque fois des films d’horreur indépendants venus de pays qui ne versent pas forcément là-dedans. On pense au We are not Alone péruvien, mais aussi au Journal d’un Exorciste brésilien. Aujourd’hui, on va s’arrêter quelques minutes sur Ataud Blanco, un film d’horreur argentin à la morale douteuse et à l’histoire rocambolesque.

Dans ce film d’horreur, nous allons suivre une femme qui est en voiture avec sa jeune fille. On comprend rapidement qu’elle fuit son mari qui a dû être violent avec la mère, puisque la petite fille ne comprend pas trop ce qu’il se passe. En s’arrêtant à un café, alors qu’elle passe un coup de fil, sa fille disparait. Elle va alors tout faire pour la retrouver, en même temps qu’une enseignante ayant perdu l’un de ses élèves et une autre mère. Elles vont vite se rendre compte qu’elles sont tombées dans un jeu macabre où pour sauver son enfant, il faut trouver un cercueil blanc dans un hangar. Le film va alors jouer sur la concurrence entre les trois nanas qui seront prêtes à sacrifier le gosse des autres pour sauver sa propre progéniture. Ainsi donc, le film parle d’amour maternel dans une sorte d’immoralité qui frôle à chaque fois le tape à l’œil et qui s’amuse à y inclure une sorte de secte dont on ne comprend pas bien les intentions. Tout cela sans compter sur un personnage principal mort, qui revient à la vie, mais qui n’a qu’un nombre d’heures prédéfinis avant de re-mourir. Bref, tout ce scénario n’a ni queue ni tête et surtout, il ne brasse que du vent.

On se doute bien que la principale thématique du film tourne autour de la maternité et du fait d’être mère. Dans ce métrage, il y a une forte absence masculine, le combat étant constamment mené par les mamans. Les pères sont soit absents, soit inexistants et les seuls présences masculines sont plutôt nocives. On recensera un homme qui semble vouloir aider le personnage principal, mais on se rendra vite compte qu’il fait lui aussi partie de la secte, puis on aura droit à un bonhomme patibulaire qui tronçonne du corps à tout va, essayant vainement de faire penser à Massacre à la Tronçonneuse. Ce qui est très étrange dans ce film, c’est qu’il ne se veut pas féministe, puisque des femmes combattent d’autres femmes pour sauver leur enfant, mais il semble vouloir aborder l’instinct maternel de la plus mauvaise des façons, en montrant qu’être mère, c’est avant tout penser à son enfant au mépris des autres, quitte à les sacrifier et à les faire volontairement brûler. Le film se veut alors immoral au possible, notamment dans une dernière scène atroce dans son geste et pas forcément dans son visuel, mais n’arrivera jamais à marquer les esprits à cause d’un vide intersidéral durant toute la durée. C’est bien simple, il ne se passe rien et les incohérences fusent dans tous les sens.

Le film étant très court (1h10), il aurait fallu s’appuyer de façon efficace sur le personnage central, c’est-à-dire la mère de la petite qui se fait enlever. Malheureusement, on n’apprendra rien d’elle et on fera face à un personnage creux, qui semble avoir des démons du passé, mais qui ne sont absolument pas exploités. C’est la même chose pour les personnages secondaires, dont on se fout royalement de leur sort car on ne sait absolument rien d’elles. C’est assez dramatique de voir cela, car le film ne veut pas s’appesantir sur les personnages, mais plutôt sur les actions et les choix que font ces femmes. Des choix souvent ridicules et qui tiennent par un joli jeu du hasard. Les personnages rencontrés ne servent qu’à une seule fonction et ressortent sur la fin du métrage comme un cheveu tombe dans sa soupe, tout en étant complètement ridicule. Un gros tatoueur barbu, une serveuse désagréable, un prêtre froussard, la crème de la crème pour des gens qui ne servent strictement à rien. Mais le pire dans tout ça, c’est que cette quête pour trouver le cercueil blanc tient tout simplement du miracle. Les indices pour trouver la grange arrivent on ne sait comment, l’une des femmes a le numéro de l’autre sans qu’elles ne l’aient jamais communiqué. Il y a de gros soucis de cohérence dans l’avancée de l’intrigue. Tout cela respire le travail en amateur et il est même étonnant qu’une telle purge puisse voir le jour.

Car on est clairement en présence d’une daube pure et dure. En plus de l’histoire stupide et abracadabrantesque, de son immoralité gratuite et qui ne dénonce rien ou encore de ses personnages invisibles, le film peut se targuer d’avoir des acteurs complètement à côté de leurs pompes. Le surjeu est de mise bien évidemment, on aura même droit à une scène de mort qui fait passer celle de Marion Cotillard pour un chef-d’œuvre. Le plus dérangeant étant la mise en scène. Le manque de budget se fait sentir plus d’une fois et les passages en voiture, répétitifs à souhait, sont bien trop nombreux et mal fichus pour avoir un quelconque impact sur l’histoire. Le film essaye tant bien que mal de percuter de temps à autre, notamment lors des meurtres, comme cette pauvre femme qui va se faire tronçonner en deux, mais c’est malheureusement atténué par une volonté d’humour malvenue et à contre-courant de ce que veut le film. Néanmoins, il est fort probable que même le réalisateur n’a jamais trop su ce qu’il voulait…

Au final, Ataud Blanco est un très mauvais film d’horreur, voire même un navet intergalactique qui tente de choquer avec quelques scènes immorales où on ne se gêne pas pour tuer des gamins innocents. Le film est très cheap et porte sur lui les stigmates d’une production chaotique et d’un scénario très mal écrit, sans queue ni tête et qui n’a rien à raconter. Bref, un film qu’il vaut mieux évite de voir, même si l’on est curieux, sous peine de perdre un bon de son temps et de son âme.

Note : 01/20

Par AqME

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