Mr. Wolff

Titre Original : The Accountant

De : Gavin O’Connor

Avec Ben Affleck, Anna Kendrick, J.K. Simmons, Jon Bernthal

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Espionnage

Résumé :

Petit génie des mathématiques, Christian Wolff est plus à l’aise avec les chiffres qu’avec les gens. Expert-comptable dans le civil, il travaille en réalité pour plusieurs organisations mafieuses parmi les plus dangereuses au monde. Lorsque la brigade anti-criminalité du ministère des Finances s’intéresse d’un peu trop près à ses affaires, Christian cherche à faire diversion : il accepte de vérifier les comptes d’une entreprise de robotique ayant pignon sur rue. Problème : la comptable de la société a décelé un détournement de fonds de plusieurs millions de dollars. Tandis que Christian épluche les comptes et découvre les rouages de l’escroquerie, les cadavres s’accumulent…

Avis :

En 2011, Hollywood a fait déposer une blacklist. Non pas une blacklist avec les noms des réalisateurs que les studios ne veulent plus trop voir, comme Verhoeven ou Carpenter, mais plutôt une liste de scénarios très prometteurs qui n’ont pas encore été adaptés au cinéma. Et parmi ceux-là, on trouve Mr. Wolff, qui raconte la vie étrange d’un expert-comptable. Dit comme ça, on ne voit pas trop ce qu’il y a de passionnant, jusqu’à ce que le producteur Mark Williams soit intéressé par le métier d’expert-comptable judiciaire, une sorte d’enquêteur pour les entreprises, et demande à l’auteur Bill Dubuque de construire un scénario autour de ce métier avec un homme s’occupant des comptes de la mafia. C’est ainsi que naquit Mr. Wolff, sous la caméra incisive de Gavin O’Connor, le réalisateur du génial Warrior, entre autres.

Dans ce film, nous allons donc suivre le parcours un peu chaotique de Christian Wolff, un homme atteint d’autisme et qui s’avère être un expert-comptable pour qui demande ses services mais surtout pour plusieurs branches de la mafia. Un beau jour, il est contacté par une entreprise de prothèses qui pense avoir des fuites dans ses comptes. Arrivant sur place, il découvre non sans mal un loup dans les chiffres. Mais alors qu’il trouve cela, il se fait pourchasser, ainsi que l’experte-comptable du groupe et il va tout faire pour la protéger et trouver qui est derrière cette manigance. En parallèle de cela, le ministère des finances mène son enquête le concernant et l’étau semble se refermer de plus en plus. Avec un tel pitch, nous sommes clairement dans un thriller d’espionnage qui commence doucement avant de partir rapidement sur les pistes du film d’action. Le début prend le temps de poser une intrigue complexe et intéressante qui joue sur deux niveaux, celle du personnage principal qui veut comprendre pourquoi on lui en veut, et celle du ministère qui se rapproche de plus en plus du « héros ». Et ce qui est malin avec l’écriture de ce métrage, c’est que tout reste lisible, compréhensible et que les enjeux sont visibles. Si on nagera un peu dans le flou durant un petit moment, le réalisateur saura nous remettre sur le droit chemin, évitant ainsi toute complexification inutile.

Cependant, s’il faut trouver un défaut à cette écriture, et globalement à un retournement final pas très finaud, c’est sur la fin où l’on veut nous surprendre avec quelque chose que l’on a déjà vu venir depuis belle lurette. Le film se déroulant avec des flashbacks racontant la jeunesse difficile de Christian, on se doute rapidement de l’identité de l’un des personnages sur la fin. Mais encore une fois, c’est plutôt bien fichu pour que la déception ne soit pas trop au rendez-vous. La construction des personnages est très bien faite et on va vite ressentir de l’empathie pour le personnage principal et ceux qui l’accompagne. Surdoué, atteint d’un autisme sévère, le protagoniste principal nous touche par sa bonté et sa volonté à établir un contact avec les autres. On commence le film avec une bonne action, nous montrant que malgré son travail obscur, Christian est un homme bon qui essaye d’aider du mieux qu’il peut les gens lambda. Il y a quelque chose de touchant dans cet homme, comme ce sentiment étrange qu’il éprouve pour la jeune Dana, qui s’apparente à de l’amour, mais qu’il n’arrive pas forcément à expliquer. Les relations sont simples et parfois maladroites, mais demeurent crédibles et donc impactantes sur le reste du film. Cela donne une raison de se battre pour Christian.

Et le film doit beaucoup à la prestation au poil d’un Ben Affleck complètement habité par son rôle. Jouant l’autisme avec précision, l’acteur offre une belle prestation, à la fois douce et dure quand il faut rentrer dans le lard. Anna Kendrick est tout aussi touchante dans ce métrage, montrant aussi sa difficulté à discuter avec les autres et trouvant des failles chez ce colosse mutique. Elle campe avec sensibilité cette femme victime d’un complot bien malgré elle et demeure un bon choix de casting. Tout comme J.K. Simmons, que le réalisateur voulait à tout prix après avoir vu sa prestation dans Whiplash, qui demeure impeccable dans le rôle d’un haut officier du ministère des finances cachant un petit secret qui permet d’épaissir un peu plus le background que Christian Wolff. En un mot comme en cent, le casting se révèle être optimal et chaque personnage a son importance. On aura un peu plus de réserve sur le rôle de Jon Bernthal, qui en fait des caisses et ne sert finalement pas à grand-chose dans le métrage. Et ce casting est servi par une mise en scène nerveuse et qui arrive à mélanger le thriller plus ou moins politique avec l’action pure et dure. Gavin O’Connor peaufine son ambiance lors des recherches des comptes, donnant du dynamisme à quelque chose de plutôt statique, et se permet de se lancer dans l’action virile sur la fin, s’offrant même les techniques de combat que l’on retrouve dans le film The Raid.

Au final, Mr. Wolff est un très bon film, même s’il garde quelques phases obscures pour pouvoir tirer sur la corde de la suite (qui devait être prévue pour 2019 mais dont on a aucune nouvelle). Le scénario est très bien ficelé, le personnage principal a du charisme et possède un bon background, la mise en scène se révèle être à la hauteur et relativement percutante et les acteurs sont bons. Que demander de mieux donc, si ce n’est de ne pas trop abuser de cet univers, car ce film se suffit bien à lui-même.

Note : 16/20

Par AqME

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