décembre 2, 2020

L’Aliéniste Saison 1

D’Après une Idée de : Hossein Amini

Avec Daniel Brühl, Luke Evans, Dakota Fanning, Brian Geraghty

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 10

Genre: Drame, Historique, Policier

Résumé:

Dans le New York de la fin du 19ème siècle sous la responsabilité du chef de police Theodore Roosevelt, le spécialiste des maladies mentales Laszlo Kreizler s’intéresse à un impitoyable tueur qui laisse derrière lui les corps mutilés d’enfants. Face à l’impassibilité des pouvoirs publics, Kreizler tente d’identifier le responsable de ces meurtres horribles, épaulé par l’illustrateur criminel John Moore et Sara Howard, la première femme à faire son entrée dans l’univers très masculin de la police.

Avis :

Le roman de Caleb Carr a particulièrement été apprécié pour son cadre et ses méthodes d’investigation novatrices pour résoudre des meurtres en série. Ce qui peut être considéré comme l’origine du profilage offrait une intrigue assez méticuleuse où les personnages historiques et fictifs s’entremêlaient avec une maîtrise évidente. Malgré quelques scories et longueurs, il en ressortait un thriller ambitieux à défaut d’être foncièrement original. Au vu de la densité du texte, le format épisodique d’une adaptation sous forme de série se veut plus judicieux qu’une version pour le grand écran. La difficulté reste de retranscrire l’atmosphère du New York des années 1890, mais il ne s’agit pas du seul obstacle à surmonter…

Pour rappel, le livre possède une base théorique prédominante qui supplante tous les autres aspects de l’enquête. Les réflexions et déductions tenaient plus d’un travail cérébral de longue haleine plutôt que de recherches concrètes. Analyses en tout genre, introspections, confrontations des points de vue et des idées reçues… Exposés à l’écran, ces éléments soutenus par une trame assez lancinante risquent de présenter un traitement redondant, voire froid et complètement détaché de son contexte. Certes, les questionnements et les conversations autour des crimes et de leur symbolique constituent une part non négligeable du récit, mais les spéculations n’empêchent en rien d’agir.

Et c’est ce qui différencie la série de son modèle littéraire : lui offrir une dynamique qui joue de suspense et de situations plus énergiques. Outre la variété enrichie des séquences, ce traitement s’attarde sur la vulnérabilité des protagonistes, tant physique que psychologique. L’hostilité des forces de l’ordre, leur corruption par la mafia et l’absence d’une autorité reconnue convergent vers des difficultés communes pour poursuivre les investigations dans de bonnes conditions. De même, le fait de scinder le groupe en plusieurs équipes interchangeables et multiplier les déplacements dans les quartiers de New York, comme ailleurs, tend à rendre ces efforts moins abstraits.

Au regard de la trame échelonnée sur dix épisodes, la première moitié est assez respectueuse du déroulement original, tandis que la seconde partie s’en écarte sensiblement, même si la finalité reste semblable. Si le travail sur les personnages est toujours aussi soigné, ce sont leurs interactions qui bénéficient d’un approfondissement. Cela vaut autant pour leurs compétences professionnelles complémentaires que pour leur vie privée et les traumatismes de leur passé. On remarquera l’importance de certains intervenants revue à la hausse. C’est notamment le cas du capitaine Connor, de Thomas Byrnes et de J.P. Morgan.

Quant à la reconstitution historique, la misère des bas-fonds présente un contraste saisissant avec le faste de l’opéra ou des maisons de maître des beaux quartiers. On apprécie aussi le fait de dépeindre une ville en chantier. À l’instar du générique, la notion de verticalité tient à se hisser toujours plus haut avec les gratte-ciels ou la construction du pont de Brooklyn. Cette même verticalité croît également dans le sens inverse, creusant d’une manière symbolique et réelle dans les entrailles de la mégalopole, comme les sous-sols et les égouts. Autre point qui renforce une ambiance malsaine, la place allouée à la prostitution des enfants des rues et, pour certains d’entre eux, de leur travestissement. Assez déstabilisant.

Au final, l’adaptation de L’aliéniste assimile les qualités du roman de Caleb Carr tout en s’accordant avec les exigences d’une transposition à l’écran. Le rapport à l’image permet ici de rendre le récit moins théorique et de lui offrir de nouvelles pistes d’exploration. Dans ce contexte, il paraît difficile d’être fidèle à la trame, notamment dans la manière de multiplier les péripéties et les situations problématiques vis-à-vis des personnages. Des concessions ont néanmoins été faites sur les dissensions des différentes communautés et des classes sociales. La confrontation est beaucoup plus manichéenne et survolée que dans le roman. Il n’en demeure pas moins un travail de qualité qui plaira aux amateurs de thrillers historiques et d’ambiance victorienne, même si l’intrigue prend place sur le Nouveau Monde.

Note : 15/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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