The Exorcism of Anna Ecklund

De : Andrew Jones

Avec Tiffany Ceri, Lee Bane, Jeff Raggett, Judith Haley

Année: 2016

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Un prêtre et un inspecteur du Vatican amène une femme possédée dans un couvent pour performer un exorcisme.

Avis :

Les films sur l’exorcisme, on a fait des caisses et des caisses, surtout après le succès retentissant et mérité du film L’Exorciste de William Friedkin. Le problème, c’est qu’à force d’en faire, soit on brasse les mêmes thèmes sans jamais les approfondir, soit on s’évertue à faire dans le choquant, le frontal, sans endosser une once de finesse pour faire peur au spectateur. Et cela se confirme quand on jette un œil aux dernières productions horrifiques portant sur l’exorcisme. On parle constamment de jeune femme sous l’emprise d’un démon lubrique, de secrets de famille plus ou moins avouables et surtout d’une perte progressive de la foi de la part du prêtre. Et si les thèmes ne changent pas, on essaye de trouver une astuce pour ne pas lasser, comme un found-footage ou un film semi-documentaire sur la vraie vie (ou pas) d’un prêtre. Alors avec tous les mauvais retours que l’on se tape à longueur d’années, on pourrait croire que le genre allait s’essouffler et vraiment sa grande gueule, mais ce n’est pas vraiment le cas, surtout quand le petit marché de la VOD rachète de petits projets faméliques sans envergure. The Exorcism of Anna Ecklund en est la preuve vivante.

Le pitch est d’une simplicité déconcertante. Un prêtre est envoyé par le Vatican dans une petite bourgade en Irlande car une jeune femme est soupçonnée d’être possédée pour la deuxième fois. En se rendant sur les lieux, le prêtre va se confier à un autre, lui avouant qu’il sent qu’il commence à perdre la foi et ne se sent pas à la hauteur de la mission qu’on lui a confiée. Mais alors qu’il commence à enquêter sur la vie passée d’Anna, il va découvrir des choses cachées et décider de venir en aide à cette femme. D’un point de vue scénaristique, on reste dans quelque chose de très conventionnel et qui ne va pas chercher bien loin. Une femme possédée, un prêtre qui doute, un mystère à découvrir, bref, on reste dans les clous pour un film de cette trempe, qui bénéficie d’un micro budget et d’acteurs que personne ne connait vraiment. Le problème, c’est que cet enfilage de perles est d’un ennui assez incroyable alors que le film ne dépasse pas l’heure vingt. Générique compris. En gros, le film est plus un moyen métrage, qui s’étire sur son générique pour grappiller quelques minutes.

Et c’est là un problème assez conséquent, car on va vite se rendre compte à quel point le film est vide de toute substance. La tension frôle le zéro puisqu’on part d’une nana déjà possédée et dont le background va être à peine effleuré, n’allant interroger que deux personnes, le compagnon, qui ressemble à un Fréro Delavega, et une amie proche qui va livrer un précieux indice au prêtre. Indice qui sera la cause de tout mais qui tient sur un bout de tissu tant c’est maigre et tient seulement de la note d’intention. Le réalisateur s’évertue aussi à filmer en frontal cette pauvre femme qui gesticule dans tous les sens pour tenter de donner du poids à son atmosphère. Le résultat est sans appel et on en rira plus qu’autre chose. Non pas que l’actrice soit mauvaise, mais les plans et les choix de mouvements sont ridicules et ne créent aucune ampleur. On sent le film fauché, presque le film amateur tant c’est mal effectué. Même le travail sur la lumière est bâclé et n’apporte aucune ambiance supplémentaire au métrage.

Et que dire de la réalisation… Si les principes de base du champ/contre-champ sont respectés, c’est vraiment dans les phases d’action que le film se perd totalement. Car oui, il y a des scènes d’action avec des combats, et oui, c’est ultra mal filmé, coupé dans tous les sens à un tel point que l’on ne comprend pas ce qu’il se passe. D’ailleurs, c’est bien simple, la séquence finale oublie carrément une personne pour la faire revenir par la suite, complètement guérie. C’est dire le niveau du film et surtout le bon travail du script sur le plateau qui n’a pas été foutu de révéler cette grossièreté. Et on peut dire merci au monteur d’avoir fait n’importe quoi. Le problème, c’est que l’on reste dans un statisme qui fait froid dans le dos et que par la suite, pour la fin, ça s’accélère sans aucune cohérence afin de rallonger la durée du film et de montrer les raisons de la seconde possession de cette jeune femme. Parce que oui, le film essaye de donner un fond à son problème, parlant de phénomènes paranormaux bénéfiques pour l’homme et de démons qui veulent d’en prendre à des humains exceptionnels pour les contraindre à faire le mal. C’est un peu comme si les X-Men avaient à faire avec Satan.

Au final, The Exorcism of Anna Ecklund est une belle purge comme on en voit rarement. Se perdant dès le générique de début en montrant durant plus de deux minutes une femme qui gesticule sur un lit, le film n’arrivera jamais à sortir de cette espèce de fainéantise et de son côté très amateur. Sans réel fond, brassant des thèmes vus et revus sans jamais les mettre au goût du jour, ce film est un coup d’épée dans l’eau et il n’est pas plus mal qu’il disparaisse du catalogue Netflix pour sombrer dans les affres de l’oubli.

Note : 03/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net