Stockholm – Avril Sinner et Oly TL

Auteurs : Avril Sinner et Oly TL

Editeur : BMR

Genre : Thriller, Romance

Résumé :

D’un côté, Charlie, une jeune et brillante  chercheuse en psychologie. De l’autre,  quatre hommes qui vivent intensément chaque seconde. Lorsque leurs routes se croisent, la vie de Charlie bascule. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?  Dans quoi souhaitent-ils l’embarquer ? Obligée de disputer une partie dont elle ignore les règles,  Charlie compte se battre avec ses armes.  Force mentale ou force physique. Vérité ou manipulation. Amour ou syndrome de Stockholm. Qui va  emporter la dernière manche ?

Avis :

Le syndrome de Stockholm est un sujet délicat, difficile et douloureux. Il est aussi très intéressant pour les passionnés des études mentales, comme nous le montre ce livre. La victime se lie de manière étroite à son agresseur et se sent même prête à le défendre pour des raisons qui échappent à la plupart d’entre nous, et même des spécialistes. Le roman ne nous donne, tout compte fait, aucune explication spécifique et ne nous fait part d’aucun résultat d’étude, préférant se focaliser sur la partie émotionnelle au lieu de mixer avec une partie plus élaborée scientifiquement. Cela aurait donné une force nouvelle à la lecture qui manque cruellement d’intérêt, une fois que l’on a bien saisi où veut nous transporter l’auteure.

Le résumé nous amène à penser que ce sera un roman captivant avec de fortes personnalités et un combat psychologique intérieur puissant. Pourtant, il n’en est rien. Charlie, l’étudiante brillante et motivée, s’avère être un personnage décevant qui se transforme en une personne bien plus faible qu’il n’y paraissait de prime abord. Et c’est bien dommage car tout en elle arguait le contraire. Les premières pages dressent un portrait d’elle qui est captivant, nous laissant croire à une personnalité différente qui saura se défendre et ne pas tomber dans le panneau.

Cependant, elle se laisse faire plutôt facilement alors qu’elle connaissait tous les rouages et les multiples pièges. On a l’impression étrange qu’elle ne combat que peu de temps, qu’elle abandonne trop vite, ne se donnant aucune chance de réussir et se soumettant à son terrible sort. Les premières pages nous faisaient attendre une personne bien plus combattante et forte. C’est à la fois frustrant et triste pour l’intérêt de la suite. Charlie perd de sa superbe peu à peu, devenant un personnage banal dont le destin importe peu. Elle ne fait plus d’effort et ne s’intéresse plus qu’à ses sensations sexuelles et sentimentales.

Ainsi, le roman change et finit par devenir une simple histoire d’amour peu passionnante. Effectivement, la jeune femme ne se contrôle plus face aux mauvais garçons qui l’ont kidnappée, remettant ainsi au goût du jour les histoires d’amour peu originales entre une fille bien sous tous rapports ou presque, et un garçon aux activités malsaines. Ce roman perd tout son charme quand on se rend compte que l’intrigue centrale est cette histoire que l’on voit arriver de loin et qui exaspère. Les deux protagonistes se fuient sans cesse sans jamais s’avouer leurs sentiments, tels des enfants en manque d’affection et ne voulant pas s’engager.

De plus, l’écriture et l’exacerbation des sensations physiques des protagonistes mettent davantage en avant l’excitation sexuelle que les sentiments, décrédibilisant quelque peu le couple mis au premier plan. Les scènes de sexe prennent trop de place et perdent petit à petit de leur intérêt. Elles sont répétitives et lassent. La relation manque de saveur et de moments calmes, en dehors des boîtes de nuit ou des virées nocturnes alcoolisées.

La majorité des chapitres fait penser à des scènes de ménage où Charlie s’insupporte elle-même d’être tombée amoureuse d’un garçon pareil, qui ne fait pas attention à elle, qui couche avec d’autres et qui l’empêche de quitter le groupe de kidnappeurs car elle est attachée à eux quatre. Les quatre personnalités du groupe sont toutes différentes mais partagent ce côté malsain qui fait d’eux des personnes sans empathie, sans scrupule et détachées de la société. Le roman nous les fait apprécier par certains côtés, notamment grâce à des passages clés sur leurs passés déplaisants, mais jamais complètement : on garde à l’esprit leurs actes, leurs manières de faire et la vulgarité qui accompagne chacune de leurs paroles et de leurs actions, nous rappelant qu’ils restent tout de même des criminels avant tout. Le lecteur, selon ses propres principes moraux, arrivera ou non à s’attacher à ces personnalités originales.

L’intrigue a vraiment du mal à décoller. L’auteure s’attarde un peu trop sur les relations entre les différents personnages et sur l’histoire naissante entre Charlie et un des kidnappeurs. Ces passages ne sont pas tous intéressants étant donné la teneur de leurs conversations, qui ne vole pas haut, et les occupations principales des protagonistes qui ne font pas rêver, nous laissant davantage penser à un épisode de série de téléréalité qu’à un thriller psychologique.

Les relations ne sont pas toutes développées et appuient davantage sur la personnalité des membres les plus aliénés du groupe. Quelques analyses sont formulées mais ne vont pas très loin, comme si l’auteure essayait de revenir sur la partie psychologique du roman, sans toutefois avoir décidé si c’était un sujet qu’elle voulait développer ou non.

La fin est plus surprenante, alliant des scènes d’action palpitante, à des rebondissements pour la plupart attendus mais bien amenés. Le sujet du syndrome de Stockholm est remis en valeur dans les dernières pages et Charlie semble redevenir elle-même, sans être complètement obsédée par son kidnappeur ou son appétit sexuel. Les pensées qu’elle nous livre sont plus touchantes, plus intéressantes et plus crédibles.

Le personnage de Charlie manque de profondeur pour être réellement apprécié. Les caprices ou les gamineries qu’elle répète sans cesse ne la mettent clairement pas en valeur. Dans ce roman, les personnages ont du potentiel qui n’est pas exploité et c’est bien dommage. On ressent une sensibilité et une intelligence chez Yoann par exemple, qui aurait mérité plus d’encre que la description de ses ébats sexuels ou que les exploits morbides de son collègue Axel…

Note : 10/20

Par Lildrille

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