Un Homme qui me Plait

De : Claude Lelouch

Avec Jean-Paul Belmondo, Annie Girardot, Maria Pia Conte, Marcel Bozzuffi

Année : 1969

Pays : France

Genre : Comédie, Drame

Résumé :

Au cours d’un tournage à Los Angeles, une actrice, Françoise, et un compositeur, Henri, tombent amoureux l’un de l’autre.

Avis :

Quand « Un homme qui me plaît » sort dans les salles, Claude Lelouch n’a que trente-deux ans et déjà une belle et longue carrière derrière lui. Cinéaste infatigable, avec une envie folle de faire du cinéma, Lelouch a déjà été « journaliste », a déjà réalisé des documentaires, des clips, il a déjà onze films à son actif. Il a connu l’échec, allant même jusqu’à détruire les copies de son premier film, dont il a honte. Mais il a aussi connu le succès et quel succès, puisqu’il a déjà une Palme d’or, et même un Oscar du meilleur film étranger. Bref, à trente-deux ans, Claude Lelouch est loin d’être un débutant.

Claude Lelouch aime les couples et pour clore les années 60, après avoir filmé un couple qui se redécouvre, puis un couple qui se déchire, voici qu’avec « Un homme qui me plaît« , il va mettre en scène une parenthèse dans la vie de deux personnes. Une histoire d’amour, furtive ou non, entre un homme et une femme, s’échappant, si l’on peut dire, le temps de quelques jours sur un tournage mis en pause. Tenu par un couple de cinéma magnifique, Annie Girardot/Jean Paul Belmondo, accompagné par une BO bouleversante de Francis Lai, Claude Lelouch conclut ses années 60 de la plus belle des manières.

Françoise est actrice et vient de commencer un tournage à Los Angeles. Henri est compositeur et il a été engagé pour composer la musique du film dans lequel Françoise joue. Tous deux ne se connaissent pas. Tous deux sont mariés. Se rapprochant sur le plateau, ces deux Français, loin de chez eux, vont profiter de quelques jours où le tournage se met en pause pour s’offrir une escapade passionnée et amoureuse à travers l’Amérique. De Los Angeles à New-York, ce périple, guidé que par la folie du moment, prendra-t-il fin une fois New-York rejoint, ou se reverront-ils en France, prêts à tout quitter par amour ?

Sublime, intemporel, passionné, romantique, déchirant, « Un homme qui me plaît« , c’est une parenthèse dans la vie deux personnages, et c’est une parenthèse aussi dans la vie de nous, spectateurs. Avec ce film, Claude Lelouch arrête le temps pour un film, une histoire, une passion.

Road trip amoureux, cavale inéluctable contre un retour à la réalité, « Un homme qui me plaît » nous entraîne avec émotions à travers les États-Unis en compagnie de deux personnages bouleversants d’amour. Ils ne sont pas libres, et pourtant, ils veulent y croire et si la réalité doit les rattraper, ils vont profiter du moment présent. Claude Lelouch filme avec passion et pudeur cet amour qui naît comme une évidence. Cet amour aussi beau qu’il est plein d’espoir. Un amour qui craint la réalité, et qui en même temps la défie, car peut-être qu’il sera le plus fort. Claude Lelouch nous invite au mystère et au suspens en plus de nous offrir un superbe aparté.

« Un homme qui me plaît« , c’est un scénario superbe, un scénario qui prend le temps des regards, qui prend le temps de faire naître cette idylle, qui prend le temps de prendre son temps. Claude Lelouch nous entraîne totalement dans cette rencontre, dans ce road trip qui offre des scènes et des mouvements marquants. Souvent, on sourit, souvent, on rit, et tout le temps, on est maintenu un peu comme ces personnages, en apesanteur. D’une nuit d’amour à Las Vegas à une échappée folle et onirique dans le désert de l’Arizona. De New-York au tarmac d’un aéroport à Nice, De Paris à Rome, Claude Lelouch sublime ce moment, offrant une leçon de romantisme, d’instantané, tenant son histoire jusqu’à sa magnifique et déchirante conclusion. Je le redis, mais la BO de Francis Lai est un chef-d’œuvre à elle seule !

Si l’histoire est belle, si la mise en scène est aussi élégante qu’elle se fait puissante, au final, « Un homme qui me plaît« , c’est aussi et avant tout un couple de cinéma incroyable et criant de vérité. C’est deux acteurs qui s’effacent totalement, étonnant de naturel et d’évidence. Claude Lelouch a réussi à capturer quelque chose de rare entre ces deux-là et le couple Annie Girardot/Jean Paul Belmondo a ce petit quelque chose en plus, ce petit quelque chose de vrai, de beau, de simple, qui fait qu’on aurait envie de les suivre n’importe où, qu’importe la destination.

Moment à part, histoire d’amour merveilleuse et cruelle à la fois, avec « Un homme qui me plaît« , Claude Lelouch livre là l’un de ses plus beaux films. Un film qui alors que je le découvre cinquante ans pile-poil après sa sortie, demeure intact. C’est beau, c’est bouleversant, ça arrête le temps, c’est mélancolique, ça a le charme dingue des vieux films… Bref, cet homme me plaît énormément, au point d’avoir déjà envie de revivre cette passion !

Note : 16/20

Par Cinéted

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