Rival Sons – Feral Roots

Avis :

Beaucoup de personnes ont tendance à dire que le rock et le blues, c’est fini. S’il s’agit bien d’une ineptie, on ne peut pas nier qu’il y en a de moins en moins et que l’absence de diffusion dans les médias leur fait défaut. Désormais, tous les amateurs de blues le savent, il faut fouiner sur internet, partir à la découverte de petits groupes dans des concerts intimistes ou dans des salles spécialisées. Mais il y a toujours un noyau dur qui tente de résister et qui parvient à se faire un nom dans le monde de plus en plus rare du rock pure souche et du blues. Rival Sons semble être la renaissance même d’un genre qui manque de par son énergie et sa technique. Fondé à la toute fin des années 2000 sur les cendres de Black Summer Crush, le groupe va mettre trois albums avant de faire une percée avec Great Western Valkyrie en 2014. Depuis, la formation n’a cessé de tourner, de faire des premières parties et de livrer des prestations remarquées et remarquables. Poursuivant avec Hollow Bones un tantinet trop court (un poil au-delà de la demi-heure), le groupe tente d’enfoncer le clou avec Feral Roots, leur sixième album. Plus long, plus dense, peut-être moins sur le vif, le groupe livre tout de même un sublime effort aux accents bluesy accrus.

L’album débute avec Do Your Worst, un titre qui ressemble à ce qu’offre le groupe habituellement. Les grattes saturées sont de sortie, le rythme est bon, la voix sublime de Jay Buchanan suffit à nous emporter dans un rock sensuel et puissant. Le refrain est hyper catchy et très rapidement il rentre en tête et on se surprend à chanter en même temps que le groupe. Cette efficacité se retrouve aussi dans le break de la batterie et le solo très intéressant des guitares qui se répondent. Néanmoins, cette puissance, cette énergie est plus contrôlée que dans le précédent opus. Moins virulent, moins sur le vif, cet album essaye de plus construire. Ainsi donc, on se retrouve avec des titres nerveux, mais canalisés comme pour Back in the Woods et son introduction qui irait parfaitement comme intro dans un concert. On retrouvera cela aussi avec Too Bad, peut-être l’un des meilleurs titres de l’album, de par son énergie, mais aussi et surtout son aspect assez dark dans la mélodie. C’est à la fois beau, touchant et très percutant. Difficile aussi de passer outre All Directions qui se termine en apothéose malgré un début langoureux et qui se targue même d’avoir un petit côté gospel qui n’est pas pour nous déplaire.

Mais comme dit précédemment, cet album est moins direct que le précédent opus. Le groupe se pose sur quelques morceaux pour montrer qu’ils sont aussi capables de fournir des choses plus construites. Ainsi donc, on peut compter sur des titres comme Look Away, qui démarre tranquillement avec une petite guitare sèche et ce qui s’apparente à un djerbouka, faisant office de longue introduction, sur plus d’une minute avant d’entamer une mélodie plus conventionnelle et un poil moins forte qu’à l’accoutumée. Le groupe sait se calmer et joue beaucoup sur une ambiance plus détendue. On retrouvera cela aussi avec Stood By Me, qui prend des allures de rythme bluesy pour narrer une jolie histoire d’amour, ce qui permet au chanteur de poser sa belle voix dans des envolées pures et terriblement addictives. Imperial Joy est aussi un titre à part, du pur rock à l’ancienne, qui fait plaisir à entendre et qui prouve encore que c’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. C’est pur, c’est beau et ça sent l’honnêteté à plein nez. Enfin, le groupe clôture son album de la plus belle des façons avec Shooting Stars, un morceau qui fait gospel et qui possède un refrain dingue avec une chorale splendide pour donner plus de coffre au chanteur. C’est d’une douceur incroyable et surtout, c’est vraiment réalisé avec une maestria absolument. Comment ne pas reprendre ces paroles en chœur avec le groupe tant c’est fédérateur et sublime.

Au final, Feral Roots, le dernier album de Rival Sons, est encore une fois un gros morceau. Le groupe semble vraiment infatigable et sort à chaque fois un skeud percutant, beau, savamment dosé entre énergie, violence et douceur. Avec ce sixième album, le groupe trouve un parfait équilibre entre des morceaux très vifs et d’autres plus structurés, offrant une belle variété et un temps d’écoute idéal. Si on prend l’ensemble de l’œuvre de la formation, on obtient un vrai choix dans les albums, à chaque fois assez différent et Feral Roots serait peut-être le plus synthétique et donc el plus complet. Bref, une réussite.

  • Do Your Worst
  • Sugar on the Bone
  • Back in the Woods
  • Look Away
  • Feral Roots
  • Too Bad
  • Stood By Me
  • Imperial Joy
  • All Directions
  • The End of Forever
  • Shooting Stars

Note : 17/20

Par AqME

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