En Taule! Mode d’Emploi

Titre Original : Get Hard

De : Etan Cohen

Avec Will Ferrell, Kevin Hart, Craig T. Nelson, Alison Brie

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Lorsque le gérant d’un fonds de pension, le milliardaire James King, est arrêté pour malversations financières et condamné à être incarcéré au pénitencier de San Quentin, le juge lui accorde 30 jours pour remettre ses affaires en ordre. Aux abois, il s’adresse à Darnell Lewis pour le préparer à la vie en prison. Mais en dépit de ses préjugés de milliardaire, James s’aperçoit que Darnell, patron d’une petite entreprise de lavage de voiture, est un gros bosseur qui n’a jamais été verbalisé de sa vie, et encore moins incarcéré. Ensemble, les deux hommes mettent tout en œuvre pour « endurcir » James et, par la même occasion, découvrent qu’ils se sont trompés sur pas mal de choses – y compris l’un sur l’autre.

Avis:

À l’âge de dix-neuf ans, Etan Cohen, alors étudiant en Israël, fait un coup de poker en écrivant un épisode de la série « Beavis et Butt-Head« , série créée par Mike Judge. Le showrunner est impressionné et décide alors d’inviter cet inconnu à qui l’on avait rien demandé, a collaboré avec lui sur la série. La carrière d’Etan Cohen est donc lancée. Petit à petit, le jeune scénariste va s’essayer à tous les métiers qui lui passent devant, scénariste, producteur, conseiller, jusqu’à commencer à réaliser au milieu des années 2000.

Sorti directement en DVD chez nous, « En taule : Mode d’emploi » est le premier long-métrage d’Etan Cohen et l’on peut aisément dire que pour un premier film, le réalisateur a réussi son coup. Partant sur les sentiers du déjà vu, Etan Cohen livre pourtant une comédie vraiment drôle, qui part d’une idée aussi absurde qu’elle est grosse. Emporté par un duo qui, lui aussi fonctionne très bien, Will Ferrell et Kevin Hart, « En taule : Mode d’emploi » (Qu’il est mauvais ce titre, franchement, on pourrait faire preuve de plus d’imagination… Bref) est une belle grosse rigolade, comme on les aime. Con et bon, sans prise de tête, ayant un petit côté enquête, qui a fait tomber Will Ferrell, ce premier film nous amuse et l’on rit beaucoup, et ça, c’est vraiment cool.

James King a une vie des plus parfaites. Millionnaire, pour ne pas dire milliardaire, fiancé à la fille de son patron, la sublime Alissia, James a aussi un travail qu’il aime. Il gère des fonds de pension, et l’on peut dire que dans son domaine, c’est un expert. Et pourtant, ce fabuleux conte de fée s’achève le jour où il est un accusé et reconnu coupable (à tort) de détournement de fonds. Dès lors, il ne lui reste plus que trente jours avant d’aller en prison pour une peine de dix ans. James est une crème et il sait qu’il ne survivra pas en prison. Il décide alors d’engager Darnell Lewis, un afro-américain, pour le former à la prison. Pourquoi Darnell ? Et bien tout simplement parce qu’il est black et qu’il a forcément fait de la prison. Darnell, qui n’a jamais fait de prison, Darnell qui est peut-être aussi doux que James, a besoin d’argent et c’est pour ça qu’il accepte de former James et l’on peut dire que l’un comme l’autre va avoir du travail…

Comme vous l’aurez compris, j’aime Will Ferrell qui est un acteur qui, quand il est bien dirigé, est capable du plus hilarant possible et après quelques petites déceptions, dont « Casa de mi padre » trône au-dessus du lot, voici que Will Ferrell est de retour dans un film absolument hilarant. « En taule : Mode d’emploi » est une bonne grosse bêtise, comme il en manque souvent. C’est une connerie qui n’hésite pas à aller au bout de son délire, sans jamais dépasser les limites du lourd ou du ridicule et pourtant les pièges étaient-là.

Ce qu’il y a de cool avec ce film, c’est tout d’abord son idée même de scénario. Un blindé bourgeois jusqu’au bout des ongles, sympa, mais bourré de clichés et de stéréotypes, engage un mec tout aussi sympa que lui pour le former à une épreuve qu’on sait tous qu’elle lui sera insurmontable. Etan Cohen, qui est aussi le scénariste de ce film avec un certain Adam McKay, a pris le temps d’écrire quelque chose de cohérent, quelque chose qui se suit, et qui offre une évolution à ses personnages. Alors bien entendu, on pourra toujours reprocher au film d’avoir une certaine facilité parfois, comme son côté enquête qui arrive bien tard dans l’histoire, alors même qu’on a déjà tout compris dès les premières minutes de l’histoire. Mais qu’importe finalement, car là n’est pas le but de l’intrigue.

Non, ici, c’est avec une belle dose de délire complétement assumé par l’équipe. C’est absurde, c’est con, c’est ubuesque, c’est déjanté, et l’on suit cette préparation intense et folle avec le sourire aux lèvres. L’humour fait mouche, pas de gags en trop, alors même qu’il a de quoi, les comédiens s’éclatent et ça se voit. Il y a une bonne alchimie qui se dégage de Will Ferrell et Kevin Hart. Et puis derrière toute la connerie qui s’échappe de l’ensemble, « En taule : Mode d’emploi » combat gentiment certains clichés. Il les détourne, s’en amuse, parfois sur un ton piquant, notamment en ce qui concerne les préjugés ou le racisme. C’est donc sans prise de tête que le film allie le divertissement, et le bon divertissement, à une jolie petite morale, convenue certes, mais qui se laisse « déguster ». Alors si on ajoute à cela un rythme effréné, une mise en scène simple mais efficace, qui offre même quelques scènes qui valent leur pesant d’or, la fausse émeute, le bar gay, la Capoeira de Will Ferrell, l’hystérie de la pétillante Alison Brie, qui est toujours un véritable petit plaisir à voir.

Sans être révolutionnaire, ce premier film d’Etan Cohen fait parfaitement le taf qu’on lui demande. On s’amuse, on rigole, l’ensemble est déjanté, bourré de connerie, s’amusant des clichés pour mieux les caricaturer… Bref, « En taule : Mode d’emploi » est une bonne petite comédie comme on aimerait en voir plus souvent.

Note : 13,5/20

Par Cinéted

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net