décembre 2, 2020

Terrified

Titre Original : Aterrados

De : Demian Rugna

Avec Maximiliano Ghione, Norberto Amadeo Gonzalo, Elvira Onetto, George Lewis

Année: 2017

Pays: Argentine

Genre: Horreur

Résumé:

Quand il y a quelque chose de bizarre dans le quartier, qui appelle-t-on ? Allbreck, Jano et Rosentock, les chasseurs de fantômes de Buenos Aires, sommés de comprendre, notamment, pourquoi un bambin récemment décédé dans un accident s’en revient finir sa décomposition à la table du petit déjeuner. Prélude traumatisant à une série d’événements d’outre-tombe…

Avis :

Il arrive que certains films ne soient visibles que lors de festivals spécialisés et que par la suite, on ne puisse pas les voir. C’est un phénomène assez répandu et tout simple, puisque parfois, les films des sélections ne sont pas encore rachetés par des distributeurs français et ils deviennent alors invisibles si personne ne mise un kopeck dessus. Et le pire dans tout ça, c’est que ça arrive bien souvent à des films qui possèdent une belle aura et qui ressortent de festivals bardés de récompenses. Ce fut un peu le cas de Terrified (Aterrados dans sa version originale), que de nombreuses personnes ont pu voir dans des festivals, mais jamais au cinéma ou en DVD/Bluray, la faute à une absence de distributeur. Fort heureusement pour nous, Netflix est passé par là, et c’est deux ans plus tard que le mortel que nous sommes peu jeter un regard sur ce film à la réputation sulfureuse. En effet, avec toutes ses récompenses, Terrified promet un spectacle vraiment terrifiant et il est précédé d’un très bon bouche à oreille. Mais finalement, tout ce ramdam valait-il le coup ?

Le début du film est fracassant. On va suivre un couple dont la femme entend des voix dans son évier qui menacent de la tuer et son mari pète un plomb dans la nuit, persuadé que son voisin fait des travaux en tapant sur le mur. Sauf que ce n’est pas vraiment ce qu’il se passe et il retrouve sa femme en lévitation en train de se faire jeter d’un mur à l’autre de la salle de bains, en sang. Cette introduction tonitruante promet le meilleur pour la suite, et effectivement, on va se retrouver face à des phénomènes paranormaux étranges, dérangeants et qui foutent les chocottes grâce à une ambiance très malsaine. On ira voir du côté du voisin, qui semble lui aussi hanté par une entité malfaisante qui l’empêche de dormir la nuit. On va alors suivre cet homme qui devient taciturne, désagréable et qui n’arrive pas à joindre des docteurs pour l’aider. Jusque-là, le film est plutôt réussi et arrive à travailler autour d’une ambiance ténébreuse et très énigmatique. On ne sait pas sur quel pied danser, et on ne sait pas s’il s’agit d’un fantôme fort tenace ou carrément d’une hantise de quartier. Car oui, encore après, on tombe chez la voisine d’en face, dont l’enfant se fait percuter par un bus et qui revient chez sa mère après avoir été enterré. Un autre phénomène étrange dans lequel le réalisateur n’hésite pas à faire du frontal, montrant en plan fixe le cadavre du gamin devant un goûter préparé par sa mère.

Demian Rugna va choisir pour son film une narration éclatée. C’est-à-dire que l’on commence avec un couple et sa tragédie, pour ensuite revenir dans le passé histoire de savoir ce qu’il s’est passé avant au sein du quartier. C’est comme cela que l’on va voir la hantise du voisin ou encore l’accident du petit garçon qui n’avait rien demandé à personne. Une fois ces éléments énoncés, on revient dans le présent et les trois enquêteurs en paranormal vont alors investir chaque maison pour tenter de percer le mystère. Si de prime abord cela peut paraître assez malin, ça ne sert strictement à rien dans l’histoire. Le film aurait pu être très linéaire que les effets auraient été les mêmes. On a plutôt la sensation que le réalisateur essaye de jouer au plus malin, voulant un début percutant sans pour autant travailler ses personnages, les confrontant directement au danger. C’est donc en son milieu que le quartier et les protagonistes vont prendre forme, mais cela ne marchera qu’à moitié. D’ailleurs, on aura bien du mal à ressentir de l’empathie pour qui que ce soit, puisque les personnages sont à peine effleurés, si ce n’est que certains travaillent pour la police, qu’un autre à une maladie cardiaque, etc… Des broutilles qui ne renforcent en rien la personnalité des acteurs.

Et cette faiblesse d’écriture va se faire sentir dans le dernier acte, feignant, long, lent et pénible. En effet, reprenant le cours normal de narration, le film va placer chaque « chercheur » au sein des maisons hantées du voisinage. Le film va alors prendre un rythme très lent pour afficher les différents phénomènes qui se produisent. Chez l’un, ce sera des problèmes de magnétisme avec une bestiole qui aspire du sang, chez un autre, on aura droit à une grande fissure dans le mur avec des choses derrière. Bref, on va rapidement comprendre qu’il y a un monde parallèle et qu’il faut avoir le bon angle de vue pour pouvoir voir ces créatures. Si l’idée est bonne et que la mise en scène est assez intéressante pour montrer quelques fantômes effrayants, revisitant par la même occasion la légende urbaine du monstre du placard ou sous le lit, on restera sur notre faim au niveau du rythme et des effets de peur. Demian Rugna se repose uniquement sur des jump scare éculés à base d’apparition soudaine et de musique qui monte d’un coup. C’est très classique et l’ambiance en prend un coup lorsque l’histoire se concentre sur le flic lambda, qui va faire un semblant d’AVC puis qui va se jeter dans la gueule du loup pour des broutilles. Le film devient vite inintéressant à suivre, voire complètement à côté de la plaque et ce ne sont pas les quelques passages étranges qui vont y changer quelque chose.

Au final, Terrified n’est en rien terrifiant. Si on ne peut lui imputer une ambiance maladive bien retranscrite et quelques idées intéressantes de mise en scène pour faire apparaître les entités, le métrage brasse tout de même énormément de vide. Sans ses effets tape à l’œil du début, le film serait déjà perdu dans les limbes de l’oubli et cela malgré un parti pris frontal et parfois dérangeant, comme cette dépouille d’enfant devant son goûter. Un film très moyen donc, qui ne mérite certainement pas tout le barda de récompenses qu’il a pu récolter dans les divers festivals.

Note : 08/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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