The Absence – A Gift for the Obsessed

Avis :

Il est très difficile de tenir bon la barre quand on évolue dans le Death métal. Il faut dire que si le genre possède un grand nombre de fans, il est aussi peu diffusé et il demeure très complexe d’en vivre pleinement si l’on n’est pas un peu connu. D’ailleurs, les groupes de Death français se comptent sur les doigts d’une main et bien souvent, les membres d’un groupe sont obligés d’avoir un travail à côté pour vivre sainement. Si l’on rajoute à cela des disputes au sein même du groupe ou des divergences artistiques, les groupes de Death n’ont pas la vie facile. Et c’est le cas avec The Absence. Groupe américain fondé en 2002 en Floride, à Tampa pour être plus précis, la bande sort son premier album en 2005, From Your Grave, et reçoit des critiques plutôt positives. Il n’en fallait pas plus pour motiver les troupes et coup sur coup, le groupe sort deux nouveaux albums, Riders of the Plague en 2007 et Enemy Unbound en 2010. C’est à partir de là que la vie au sein de la formation va commencer à battre de l’aile et il faudra alors attendre huit ans avant de revoir The Absence. Avec Gift for the Obsessed, le groupe annonce un gros changement de line-up, avec un nouveau bassiste, mais aussi deux nouveaux guitaristes. De quoi changer complètement l’identité du groupe. Mais est-ce vraiment le cas ?

Le skeud débute avec le titre éponyme de l’album et dès son introduction, on pourrait croire à un Death mélodique tout calme et tout doux. C’était bien évidemment sans compter sur le chant guttural du chanteur et sa volonté de balancer du lourd dès le départ. Le morceau est très rapide, et même si l’on ressent des ponts plus posés, on reste dans quelque chose de puissant et de parfaitement maîtrisé, notamment dans son solo qui permet de montrer toute la maestria des musiciens. Les deux guitaristes se répondent bien et on est dans un morceau hybride entre Death et Métal pure souche qui n’est pas pour nous déplaire. Avec Misery Trophies, le groupe ne laisse guère d’hésitation sur son style et envoie du lourd dès le départ, n’hésitant pas à mettre du blast à tout va pour approfondir son côté hyper virulent. Fort heureusement, certaines parties de l’album demeurent plus douces au niveau des riffs, permettant de ne pas s’ennuyer devant le titre. Avec The Forging, le groupe montre une autre facette, moins lourde mais toute aussi percutante, arpentant le chemin du Groove et du power métal. En écoutant ce titre, on peut penser à du Lamb of God de la bonne époque et c’est vraiment bien exécuté. Rien qu’avec ces trois premiers titres, on voit vraiment que The Absence essaye de varier les styles et de rendre son Death plus accessible, ou tout du moins, moins redondant que la plupart des groupes. Le changement aurait-il eu du bon ?

On pourrait croire cela avec d’autres plus morceaux plus longs, plus complexes et essayant de placer une ambiance plus sombre. Celestial Hysteria fait partie de ces morceaux qui sont très lourds, mais qui possèdent un joli break et des solos de grattes durant les couplets qui n’entachent en rien le plaisir d’écoute. Il y a une réelle variation au sein même des titres et c’est très plaisant. Avec Septic Testament ou The Alpha Illusion, le groupe arpente le chemin sinueux du Death simple et efficace et même si les titres ne marquent pas forcément à cause de leur longueur ou de leur aspect trop formaté, ils restent de bons moments d’une technique tout simplement parfaite. On notera par contre le changement effectué avec YMCBD, un morceau qui pose une ambiance très dark dans son introduction mais qui va par la suite lorgner du côté du Hardcore avec un rythme ultra soutenu, quelques inclusions en chant clair et on pourrait presque croire à du Hatebreed ou du Emmure. C’est puissant, violent, mais terriblement addictif et l’envie de headbanger se fait vite sentir. Il y a une vraie différence entre cette introduction toute calme et la nervosité ambiante du morceau par la suite. Enfin, avec Idle Thrones ou Fear of Existence, le groupe se situe encore dans un Death assez classique mais exécuté avec talent et arrivant à toujours inclure un peu de groove, notamment grâce à la voix de Jamie Steward, qui ressemble à s’y méprendre à celle de Randy Blythe. Bref, des titres maîtrisés de bout en bout et qui donnent une furieuse envie d’y revenir.

Au final, Gift for the Obsessed, le dernier album de The Absence, est une belle et bonne surprise. Si certains titres restent dans un Death très formaté, il faut être de mauvaise foi pour ne pas y voir un talent incroyable et une technicité à faire pâlir des albinos. Ce quatrième album est long mais bon, ne descendant quasiment jamais sous la barre des quatre minutes et offrant un excellent moment Death, parfois Groove et même quelques fois Hardcore. Bref, un album complet et varié dans son genre et c’est bien tout ce que l’on demande.

  • Gift for the Obsessed
  • Misery Trophies
  • The Forging
  • Thought & Memory
  • Celestial Hysteria
  • Septic Testament
  • The Alpha Illusion
  • Fear of Existence
  • YMCBD
  • Idle Thrones

Note : 16/20

Par AqME

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