octobre 28, 2020

La Grande Aventure Lego 2 – Tout est Moins Génial

Titre Original : The LEGO Movie 2 : The Second Part

De: Mike Mitchell

Avec les Voix Originales de Chris Pratt, Elizabeth Banks, Will Arnett, Tiffany Haddish

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Alors que les habitants de Bricksburg coulent des jours heureux depuis cinq ans, une nouvelle et terrible menace se profile à l’horizon : des envahisseurs Lego Duplo® venus des confins de l’espace qui détruisent tout sur leur passage !
Pour vaincre ces redoutables ennemis et rétablir la paix dans l’univers Lego, Emmet, Lucy, Batman et leurs amis devront explorer des mondes lointains et inconnus. Ils découvriront même à cette occasion une étrange galaxie où chaque situation est une comédie musicale ! Cette nouvelle aventure mettra à l’épreuve leur courage, leur créativité et leurs facultés de Maîtres Constructeurs…

Avis :

Il y a cinq ans de cela, les américains surprenaient tout le monde en sortant un film d’animation qui portait sur les jouets de construction danois, Lego. Alors que tout le monde était très sceptique à cette idée et que personne ne voyait le film intéressant, c’est Phil Lord et Chris Miller qui se sont attelés à la tâche et ont fourni une excellente surprise. Drôle, possédant plusieurs niveaux de lecture, complètement méta et avec un message final plutôt touchant et joli, les deux réalisateurs avaient su créer la surprise. Fort de ce succès, il n’en fallait pas plus à Warner pour mettre en chantier une suite. Une suite qui connaîtra plusieurs déconvenues, comme le départ des deux réalisateurs, qui restent tout de même scénaristes, et plusieurs décalages de sortie, laissant de la place pour Lego Batman et Lego Ninjago. Mais le plus inquiétant avec cette suite, outre l’aspect mercantile, c’est l’arrivée d’un nouveau réalisateur, Mike Mitchell, connu pour son travail sur Shrek 4, Les Trolls ou encore Alvin et les Chipmunks 3. Autant dire des films peu intéressants, voire carrément des décès de licences. Mais cela entache-t-il vraiment le plaisir de cette suite ?

Le film prend place cinq ans après le tout premier métrage. En un sens, on peut dire qu’il respecte la timeline, puisque le premier film Lego a vu le jour en 2014. La ville de Bricksburg est devenue Apocalypsburg, une sorte de Mad Max en briques où la loi du plus fort règne. Sauf pour Emmet, qui vit toujours dans la joie et l’innocence. Cette paix toute relative va s’ébranler lorsqu’un extraterrestre arrive et demande aux Lego de venir à un mariage. Tout le monde refuse, un âpre combat s’engage, et l’extraterrestre en question kidnappe les cinq amis d’Emmet. Il va alors prendre son courage à deux mains et partir à l’aventure pour sauver ses amis. Il rencontre avec Rex, un justicier de l’espace qui va lui venir en aide. Rien de bien neuf à l’horizon donc, puisqu’il s’agit ici d’une opération de sauvetage tout ce qu’il y a de plus banal et le film va regorger d’actions en tout genre.

En effet, le film va suivre le même rythme que le premier, c’est-à-dire aller très vite, dans tous les sens, tout le temps. A un tel point que parfois, on se perd dans toutes les références évoquées, qui servent l’histoire ou pas. C’est très frénétique, même trop, et parfois, on se sent perdu dans ce maelstrom d’aventures, de punchlines et de passages chantés à la façon d’un clip déclenchant les pires crises d’épilepsie. Techniquement parlant, c’est toujours au top et cela change des films d’animation classique, même si l’on retrouve moins de constructions et que cette fois-ci, on nous la joue à l’envers, nous montrant qu’à la place de construire, on peut détruire, on reste tout de même sur notre faim quant à l’utilité d’utiliser des Lego. L’autre reproche que l’on peut faire au métrage, c’est qu’il ressemble de plus en plus à une publicité pour inciter à acheter des Lego et parfois, c’est un peu trop grossier, comme ce générique de fin avec des photos d’enfants du monde montrant leur propre construction. Belle opération marketing.

Mais si l’on peut pardonner au film son scénario simpliste et cousu de fil blanc qui plaira certainement aux chères têtes blondes, il n’en est pas de même sur la façon d’amener cette intrigue. Le principal problème de ce métrage, c’est qu’il est incohérent du début à la fin. Le twist final ne tient pas debout et contredit même une phrase importante dite à la fin du premier film, mais aussi au début de cette suite. Il y a un gros problème entre ce qui est dit par les Duplo et la volonté des Lego extraterrestres (terme maladroit pour désigner les Lego pour filles) à la toute fin du métrage. Tout comme il y a un vrai problème de projection entre les moments pensés par les enfants, l’histoire qu’ils s’inventent et que l’on voit en animation, et les moments où les Lego prennent vie dans la vraie vie. Comment tel personnage a pu se retrouver là alors qu’il était perdu sous la machine à laver ? Une question primordiale et qui ne trouve pas forcément de réponse juste dans ce film.

Fort heureusement, le message est assez sympathique et il joue sur plusieurs tableaux. En premier lieu, on reste sur l’amitié, mais aussi sur le fait de ne pas juger sur l’apparence. Deux messages que l’on retrouve dans le monde des Lego, où les personnages supposés cools sont peut-être de grands méchants sans fond alors que ceux qui paraissent méchants sont peut-être des gentils avec un but important et humaniste. Cela permet de montrer aux gosses qu’il ne faut pas juger quelqu’un sur son physique ou sa façon d’être, mais plutôt sur ce qu’il fait et ses actions. Quand on bascule dans le monde des adultes, il y a un autre message intéressant qui parle des relations frères/sœurs et du fait de jouer ensemble pour construire quelque chose de plus beau. Une relation qui n’est pas toujours abordée au cinéma, et qui démontre ici que l’amour et l’entente entre frère et sœur est très important. Néanmoins, le film aura une portée moindre sur les parents, puisque rien ne viendra remettre en question quoi que ce soit sur l’éducation ou les relations avec nos enfants, et c’est plutôt dommage.

Pour les adultes, il faudra se satisfaire des quelques références présentes dans le film et qui brassent très larges. La plus hilarante est clairement la présence de Bruce Willis en Lego, avec sa vraie voix et qui joue John McClane, que l’on retrouvera dans des conduits d’aération. Référence directe à Die Hard, c’est bien amené et c’est très drôle. On aura aussi droit à une grosse référence sur l’excellent Big Fish de Tim Burton, ou encore Mad Max Fury Road avec une séquence d’introduction plutôt agréable. Tout cela sont des références qui flattent l’égo du cinéphile, ça fait plaisir, même si ça ne fait pas avancer l’histoire. On notera aussi un petit appel à Marvel et Disney durant le film, puisque à un moment, un personnage dit que de toute façon, les personnages de Marvel ne sont jamais là pour les aider. Un appel du pied à Disney qui refuse de prêter ses personnages. C’est drôle et assez inoffensif.

Au final, La Grande Aventure Lego 2 est un film qui est bien inférieur à son aîné. Si on prend toujours du plaisir devant le métrage grâce à son rythme hystérique et aux nombreuses références présentes, on ne peut que voir la maigreur du scénario et le message final assez pauvre même s’il brasse un thème trop peu exploité. Difficile aussi de ne pas y voir une grande opération marketing, incluant des Lego pour filles au sein même de l’intrigue et de l’histoire, ce qui amoindri l’aspect cinéphilique. En bref, on a droit à un film qui plaira certainement aux enfants, qui reste très agréable, mais qui manque de fond et de subtilité et auquel on aurait bien viré tous les moments chantés tout simplement insupportable.

Note : 13/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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