Vice – Suck my Dick

De : Adam McKay

Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell, Sam Rockwell

Année: 2019

Pays: Etats-Unis

Genre: Biopic

Résumé:

Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui…

Avis:

Pendant des années, Adam McKay nous a fait rire avec ses comédies où régnait en maître l’absurde. Soutenu et épaulé par l’ami de toujours Will Ferrell, Adam McKay nous a donc offert des comédies qui, pour beaucoup, sont devenues cultes. En même temps, comment ne pas retenir des films comme ses deux « Anchorman » ou encore son « Very Bad Cops« .

Puis il y a quatre ans de cela, le réalisateur américain changeait de trajectoire avec un premier film plus sérieux, « The Big Short« . Faisant appel à des habitués de son cinéma, mais aussi de nouveaux venus, Christian Bale et Brad Pitt, « The Big Short, le casse du siècle » s’est fait plus politique et piquant encore et le film est une réussite. Nous n’avions plus vraiment de nouvelles d’Adam McKay depuis 2015 donc et voici qu’il fait un retour en force. Oscillant entre le sérieux et la comédie, le cinéaste nous revient avec « Vice« , son film le plus piquant, le plus sombre, mais aussi le plus inventif, le plus jouissif, et même le plus addictif.

Avec « Vice« , Adam McKay se lance dans un portrait de l’un des hommes les plus controversés de l’histoire américaine. Film politique évidemment, portrait à charge contre son personnage, mais aussi le gouvernement américain, le tout balancé avec un humour aussi corrosif que parfois hilarant, « Vice » est un film puissant et important, qui mérite bien plus que notre attention !

Dick Cheney n’avait rien au départ de l’homme politique qu’il allait devenir. Fin roublard de la politique, il s’est peu à peu imposé dans le paysage de la politique américaine au cours des cinquante dernières années. Et alors qu’il pensait avoir atteint l’apogée de sa carrière, au début des années 2000, George W. Bush fait appel à lui pour être son vice-président. Si l’offre au départ ne semble pas plus alléchante que cela, très vite Dick Cheney y voit une opportunité et c’est dans l’ombre, comme un fantôme, qu’il va profondément changer et marquer l’histoire de l’Amérique.

Quel pied ! Nom de dieu, quel pied que ce film ! Et oui, ceci peut paraître comme ça, terriblement vulgaire à l’écrit, surtout pour une chronique, mais c’est bien là l’idée, le ressentiment et le plaisir qui reviennent en tête à la sortie de ce film. Ne cherchez pas, Adam McKay vient de livrer là l’un des films les plus importants de l’année. Pamphlet politique, portrait à charge contre la politique américaine, film percutant et instructif, retraçant une belle partie de l’histoire américaine contemporaine, le réalisateur nous offre avec « Vice » l’un des films les plus riches qu’on verra peu cette année.

Prenant pleinement partie, assumant jusqu’au bout son sujet, mais aussi ses délires, Adam McKay nous offre un film qui tient plusieurs niveaux de lecture, simple comédie, drame sur fond de politique américaine, documentaire, portrait d’un homme et d’un pays. D’ailleurs, il en tient tant que je suis certain de ne pas avoir pu tout déceler à ma première vision et c’est avec un plaisir incroyable que je salive déjà, ma deuxième et ma troisième relecture de « Vice« .

Ce qui est génial avec ce film, et ce qui me vient en tête dès les premiers instants, c’est la folie de son écriture. « Vice » est un film qui navigue parfaitement dans le drame et dans la comédie. C’est un film qui sait se faire virulent, et en même temps, il réussit à désamorcer plus d’une situation, en allant chercher dans la comédie, ce qui lui faut (on peut même dire que certaines scènes sont vouées à devenir cultes). Et c’est peut-être là le génie d’Adam McKay qui arrive avec la comédie à rendre son récit encore plus piquant, plus dur, plus effroyable, plus percutant, se moquant et « bouffonisant » ouvertement ces politiques, et notamment le Président George W. Bush qui en prend vraiment pour son grade. Franchement, Bush, génialement incarné par Sam Rockwell, est une telle caricature en pantin de son Vice-Président que cela en est purement et simplement jouissif.

Mais bon, avec ce film, la cible principale de son réalisateur, c’est avant tout l’ex-Vice-président des États-Unis et là, on peut dire qu’Adam McKay s’en donne à cœur. Peignant le portrait d’un homme sans foi ni loi, on peut aisément comparer Dick Cheney à Satan, tant il est terrifiant, tant il est calculateur, tant il ne recule devant rien, écrasant quiconque se trouve sur son chemin.

Alors bien sûr, « Vice » est un film politique et il faut aussi savoir faire la part des choses, mais même si on pourrait reprocher à Adam McKay de ne pas trop faire dans la nuance, assumant le parti qu’il a pris, le résultat est si détaillé (on a l’impression à plus d’un instant de suivre un documentaire) qu’il est passionnant de bout en bout. Passionnant dans son récit, passionnant dans les magouilles qu’il décrit, passionnant dans son ton, son humour, passionnant dans sa mise en scène, qui est un coup de poing sanglant, mêlant avec intelligence fiction et images d’archives, « Vice » se fait aussi passionnant dans son interprétation, impeccable, offrant encore une fois un immense et méconnaissable Christian Bale.

Bref, ce genre de cinéma fait du bien. On réfléchit tout en s’éclatant ! Adam McKay avec « Vice » livre là, un film à charge et explose littéralement ses personnages et l’ère de la politique des années 80 à 2000. Sombre et souvent hilarant, puissant et acerbe, virulent et passionnant, tenu par un Christian Bale tout à fait Oscarisable, avec ce film, Adam McKay entre définitivement dans la case des grands réalisateurs. Bravo !

Note : 17/20

Par Cinéted

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