Dragons 3 – Le Monde Caché – Krokmou Cœur Tendre

Titre Original : How to Train Dragon: The Hidden World

De: Dean DeBlois

Avec les Voix Originales de Jay Baruchel, America Ferrara, F. Murray Abraham, Cate Blanchett

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Harold est maintenant le chef de Berk au côté d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent.

Avis :

Dans le monde de l’animation, on pense toujours que Disney et Pixar détiennent le monopole. Et si ce n’est pas totalement faux, il y a aussi de bonnes choses dans les studios voisins, comme Laïka qui fourmille d’idées, ou encore Dreamworks qui possède quelques franchises lucratives. Et Dragons fait partie de celles-ci. Quatrième saga à devenir une trilogie après Shrek, Madagascar et Kung-Fu Panda, Dragons est une franchise très lucrative. Pour preuve, le premier film a coûté 165 millions de dollars et il en a rapporté près de 495 millions. Le deuxième opus a fait encore plus fort, puisqu’avec un budget de 145 millions, le film en a rapporté plus de 615 millions. Il était presque évident que Dreamworks ne lâche pas sa poule aux œufs d’or et livre un troisième opus de Krokmou et Harold. Sauf que Dean DeBlois, qui est le papa de la saga, n’est pas dupe et accepte de faire un troisième opus, à la condition que celui-ci soit le tout dernier. Le film avait donc des promesses à tenir, il se devait d’être aussi épique que les précédents, mais aussi touchant. Est-ce le cas ?

Pour la petite histoire, le film débute avec un sauvetage de dragons. Harold et ses comparses libèrent des animaux emprisonnés sur un bateau et présente la nouvelle ville de Berk, où il y a autant de dragons que d’habitants. Bien évidemment, cela fait des jaloux au sein des contrebandiers qui font appel à Grimmel, un chasseur de dragons sans foi ni loi et qui est réputé pour sa pugnacité. Décidé à capturer Krokmou et à le tuer, il va utiliser une Furie Eclair pour attirer le dragon alpha dans les mailles de son filet. Contraint de fuir leur ville, les vikings partent alors à la recherche d’un monde perdu où les dragons seront en paix. Derrière ce pitch tout simple se cache en fait un film bien plus profond qu’il n’y parait. Bien évidemment, comme tout film d’animation qui se respecte de nos jours, il y a plusieurs niveaux de lecture au sein du film et tout un chacun peut y trouver son compte, adulte comme enfant. Ce scénario est l’histoire d’une quête qui perdure de père en fils et qui permet à Harold de se remémorer son passé pour mieux affronter son présent et son futur proche et ainsi de préparer le terrain d’une séparation inévitable. Dans ce métrage, rien n’est vraiment laissé au hasard et Dean DeBlois nous gratifie d’un scénario simple, mais aux enjeux importants.

Des enjeux qui trouvent une résonance dans la vie de tous les jours. Des thèmes très importants sont abordés dans ce film, comme le deuil, avec la mort du père d’Harold qui se souvient de quelques moments de sa jeunesse dans de courts flashbacks, le passage à l’âge adulte avec les responsabilités qui vont avec, ou encore la peur de perdre son prochain, ou encore de le laisser vivre sa vie quand elle devient incompatible avec la nôtre. Et c’est bien sur cette dernière thématique que le film va se faire le plus touchant et peut-être le plus juste. Harold doit dire au revoir à Krokmou pour le laisser vivre sa vie avec les siens. Une séparation difficile, qui crève le cœur, mais qui s’avère nécessaire et qui ouvre de nouvelles perspectives sur la fin. En effet, dans ce métrage, rien n’est inéluctable et il y a toujours de l’espoir, même dans les malheurs que nous traversons au sein de notre courte vie. Comme le dit Stoik à un moment, avec l’amour, on a son lot de tristesse, mais à la fin, cela vaut vraiment le coup. Un très beau message, assez mature, qui met du baume au cœur et qui, à quelque part, rassure l’enfant et lui apprend qu’il n’y a pas vraiment de fin. Bien évidemment, on trouvera des thèmes plus légers comme la difficulté à dire ses sentiments ou encore les différentes techniques de drague. Oui, les personnages ont pris de la bouteille, ce sont maintenant des adolescents prêts à entrer dans l’âge adulte et de ce fait, il y a des hormones qui travaillent.

Le seul petit point négatif que l’on pourra trouver dans ce film, c’est que les personnages secondaires ne sont pas forcément très appuyés. Les comparses de Harold sont moins présents que d’habitude, si ce n’est Astrid qui lui apporte son soutien de temps à autre. Pour le reste, on aura de légères bribes de conversations et de personnalités, comme les jumeaux un peu crétins sur les bords, le gros balourd au cœur tendre ou encore le rebelle ridicule qui tente de draguer la mère du héros. Des protagonistes qui manquent un peu d’envergure et qui, finalement, ne servent pas à grand-chose, si ce n’est à apporter un soutien lors des batailles. Le seul qui titre son épingle du jeu, c’est le grand méchant, Grimmel. Doté d’un physique assez peu avenant, faisant très froid et prétentieux, il est le chasseur sans âme qui ne veut qu’une chose, son trophée. Dis comme ça, on pourrait croire à un antagoniste binaire et peu intéressant, et c’est le cas pour son aspect purement méchant. Néanmoins, il remplit parfaitement son contrat et est un méchant typique, violent, qui ne laisse quasiment aucune chance à personne. Un méchant finalement mature et très jusqu’au boutiste, ce qui peut surprendre dans un film d’animation destiné aux plus jeunes.

Enfin, et ce n’est un secret pour personne, Dragons 3 est d’une beauté incroyable. Les graphismes sont à tomber par terre. C’est tout simplement beau. Le début dans la brume est doté d’une ambiance incroyable. Quand on découvre la terre des dragons, c’est brillant, chatoyant, les couleurs vives se marient parfaitement avec le décor. Il y a aussi un énorme travail sur les textures. Il y a un passage dans le sable qui est incroyable de véracité. On dirait carrément la réalité. Bref, on a un degré de réalisme dans les décors qui est tout simplement époustouflant. Et il faut coupler ça avec une mise en scène qui ne se fout pas de la gueule du monde. L’introduction, quand l’équipe délivre les dragons sur le bateau dans la brume, il y a un plan-séquence sublime qui est justifié par la promiscuité des lieux. C’est dynamique et c’est lisible. Et puis il y a une réelle iconisation de certains personnages. Tout d’abord le duo phare, quand il sort des flammes au début, qui est tout simplement badass. Puis tout le travail qui est fait autour de Krokmou et de sa fiancée, quand ils volent ensemble, est juste dingue. Dean DeBlois sait mettre en valeur ses personnages et nous titiller la rétine avec des plans sublimes.

Au final, Dragons 3 : Le Monde Caché est bel et bien le produit émouvant et incroyablement beau de ce début d’année. Clôturant de la plus belle des façons sa trilogie Dragons, Dean DeBlois prouve qu’il est un scénariste hors pair, mais surtout un réalisateur qui possède un vrai talent et un œil acéré. A la fois épique, touchant et profond, on en est presque désolé de devoir dire au revoir à Krokmou, mais ce chant du cygne est tellement beau qu’il vaut mieux en rester là, pour obtenir une trilogie homogène dans sa qualité. Bref, un excellent film.

Note : 18/20

Par AqME

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