Viral

De : Henry Joost et Ariel Schulman

Avec Sofia Black D’Elia, Analeigh Tipton, Travis Tope, Michael Kelly

Année: 2016

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Frappée par une tragédie familiale, Emma Drakeford, une jeune adolescente, commence à documenter sa vie sur vidéo pour un projet d’école. Sa vie est totalement chamboulée lorsqu’un terrible virus sévit dans sa petite ville, transformant ses amis et ses voisins en monstres vicieux. Prise au piège d’une ville en quarantaine, Emma et sa famille pensent être à l’abri du danger, mais lorsque le virus se fraye un chemin dans leur maison, ils doivent prendre une décision impossible – si une personne que vous aimez devient une menace, est-ce-que vous la tuez de sang froid ou est-ce-que vous mettez votre propre vie en danger ?

Avis:

Les campagnes de promotion pour un film sont très importantes. En effet, si l’on enlève les influenceurs qui sont payés par les boîtes de production pour faire de la pub autour d’un film et inciter les gens à aller dans les salles, on se retrouve souvent avec des affiches qui ont des punchlines ou des phrases poussant à la curiosité. Sauf que parfois, ça ne donne pas envie et un succès commercial ne veut pas dire succès critique. Ce qui est le cas avec la saga Paranormal Activity. Alors quand on voit un film réalisé par ceux qui ont fait Nerve et Paranormal Activity 3 et 4, on peut craindre le pire. D’autant plus que Henry Joost et Ariel Schulman n’ont jamais rien fait de bien jusqu’à présent. Alors pourquoi tenter le diable? Parce que l’on n’est pas à l’abri d’une surprise. Uwe Boll a bien créé l’évènement avec sa trilogie Rampage, alors pourquoi pas eux. En tous les cas, ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas avec Viral qu’ils vont redorer leur blason, malgré quelques belles intentions.

Et la première belle intention que l’on peut voir, c’est l’ambiance instaurée. En effet, les deux réalisateurs vont choisir un filtre jaune assez prononcé qui va évoquer deux choses importantes dans le film: la chaleur et la maladie. L’action du film se déroule dans une petite bourgade où il fait une chaleur torride. En appuyant sur ce fait, on ressent le côté poisseux et transpirant du film, qui veut nous marquer avec une fièvre qui va s’abattre d’un coup, rendant l’ambiance presque étouffante. C’est plutôt bien vu et on sent qu’il y a une volonté de créer un climat anxiogène. Cela est renforcé par l’aspect maladif du scénario, avec ces vers parasites qui vont prendre l’être humain comme un hôte. Une maladie qui se transmet par le sang et qui rend les gens complètement fous. S’inspirant de parasites existants, comme celui qui contrôle les fourmis ou encore les rats, le film ajoute une dimension crédible qui peut faire froid dans le dos. Et ce filtre jaune accentue l’idée de contagion. Une contagion qui prendra place lors d’une fête dans une maison en construction, où le jeu de lumières est sympathique et donne une ambiance intéressante, presque désenchantée.

Malheureusement, ce sera bien la seule chose intéressante et à sauver dans le film. Déjà, au niveau du scénario, on reste sur quelque chose de bien maigre. Pour donner du relief à ses personnages, les deux réalisateurs ont décidé de mettre en place une famille dysfonctionnelle. Un père séparé de la mère et deux filles qui ne comprennent pas trop ce qui se passe. La plus jeune commence à avoir les hormones qui lui travaillent et sa grande sœur est plutôt dévergondée. On sent qu’il y a de la tension entre le père, qui est prof de sciences dans le bahut de sa plus jeune fille, et l’ainée et que tout cela cache quelque chose. Si tout cela aurait pu être intéressant, ça ne sert quasiment à rien dans l’intrigue, hormis à donner un peu d’épaisseur à des personnages pas foncièrement intéressants ou attachants. En effet, l’empathie ne sera pas au rendez-vous parce que ces relations semblent forcées et prétexte à des disputes ou des séparations au moment de la contamination. Et c’est ce qu’il va se passer avec le père qui laisse ses filles pour tenter de rejoindre sa femme à l’aéroport. Les ordres sont clairs, elles ne doivent pas sortir de chez elles et ne pas inviter de garçons. Tout cela ira dans le mauvais sens à cause de la plus grande sœur et de son mec insupportable et complètement con.

Comme on peut le voir, les personnages sont chiants et stéréotypés au possible. On aura néanmoins des réserves sur le personnage d’Emma, jeune fille studieuse et qui tombe amoureuse et son petit copain, dont la vie ne semble pas facile et qui reste crédible et très sympathique. Les personnages secondaires, quant à eux, sont quasiment inexistants, voire pénibles pour certains, notamment le rappeur Machine Gun Kelly qui joue le débile de base et dont l’humour est tout simplement insupportable. Il plombe l’ambiance à lui tout seul et on ne se languit que d’une chose, c’est qu’il meurt vite. Et en parlant de mort, c’est parfois notre patience qui est mise à rude épreuve. Le film ne dure pas bien longtemps, mais il est très lent. Il ne se passe pas grand-chose, on va suivre deux adolescents qui tentent de survivre dans un monde qui devient de plus en plus apocalyptique, et l’exploration prend parfois des tournures interminables. On pense notamment au passage où l’une des sœurs est enfermée qui dure trois plombes et qui ne mène à rien, essayant simplement de rajouter des remords à un personnage qui, au départ, était plutôt exubérant. Et que dire du final, qui laisse tout le monde sur sa faim et qui ne nous fait dire qu’une seule chose: tout ça pour ça!

Au final, Viral est un film d’horreur qui loupe le coche à peu de choses près. Si l’ambiance et le sujet des vers parasites sont plutôt bons et possèdent des moments intéressants, c’est au niveau du rythme et de la finalité du produit que l’on reste sur sa faim. Le film demeure vide de sens, n’essayant jamais de donner un fond intelligent à son propos et préférant filmer deux jeunes tentant de s’enfuir d’une zone vouée à l’extermination. Bref, un coup d’épée dans l’eau, mais qui s’avère meilleur que les autres films du duo de réalisateurs et finalement standard aux mini-productions Blumhouse.

Note: 08/20

Par AqME

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