Papa Roach – Who Do You Trust?

Avis :

Il y a des groupes pour lesquels on a une profonde affection. Peut-être que parce que les textes qu’ils proposent nous touchent, ou peut-être parce qu’ils ont bercé une grande partie de notre adolescence, cette période difficile où l’on n’est plus un enfant mais pas totalement un adulte et que la rébellion se fait presque naturelle. C’est un peu mon cas avec Papa Roach. Découvert dès leur deuxième album grâce au jeu vidéo Tony Hawk qui proposait le titre Blood Brothers, Infest avait eu un impact fort sur moi. Sorti en 2000 alors que je n’avais encore que 16 ans, le groupe avait su me charmer avec ce mélange parfait entre rap et métal, colère et douceur. Et les albums se sont enchainés, le groupe prenant de plus en plus le chemin d’un rock traditionnel avant de virer vers quelque chose d’hybride, lorgnant de plus en plus vers la pop et un mélange moins équilibré qui prône le succès commercial. Doit-on les blâmer pour cela ? Certainement pas, le groupe marchant du tonnerre, lui assurant une certaine pérennité. Cependant, la qualité intrinsèque des albums s’est vue diminuée. Sortant un album presque tous les deux ans, Papa Roach semble inépuisable, et fournit tout de même des galettes assez courtes et qui ne fonctionnent que par quelques titres bankables. Et Who do you Trust ?, le dernier album en date, en est l’exemple même.

Le skeud débute avec The Ending et il résume à lui tout seul ce qu’est devenu Papa Roach, c’est-à-dire un groupe de rock qui s’alimente avec les nouvelles technologies et qui s’assure un bon rapport avec ses fans, lui donnant à chaque fois des refrains à scander en chœur. Le couplet rap marche bien avec le côté un peu électro pop avant d’enclencher sur un refrain plus puissant et plus métal. Un refrain tellement efficace que le groupe va nous le rabâcher un bon moment. Doit-on en vouloir au groupe ? Non, puisque c’est simple, efficace et que cela fonctionne bien malgré nous. On se surprend à chanter en même temps que Jacoby Shaddix, preuve de l’efficacité du morceau. Et ce ne sera pas le seul dans ce cas. On peut également citer Not the Only One et son début surprenant à la guitare sèche avant de partir sur un refrain puissant et résolument punk dans son exécution. On retrouvera le même plaisir avec le dernier titre, Better Than Life, plus sombre dans son ambiance mais avec un beau message d’amour. Le groupe signe aussi un joli retour de moments purement rap avec bien évidemment ce qui a fait son succès, des refrains catchy et plus puissants. Dans ce style on retrouve Who do you Trust ? mais aussi et surtout Elevate, qui est un morceau hybride synthétique de tout ce qu’aime Papa Roach. Les puristes métalleux risquent fort de crier à l’hérésie mais force est de constater que ça marche à trois cent pour cent.

Néanmoins, tout n’est pas parfait dans cet album, loin de là. Avec seulement douze titres  et un poil plus de 35 minutes d’écoute, on ne peut pas dire que le groupe se soit foulé. Tout ça est bien trop rapide, et on a grandement la sensation que l’album est sorti dans une espèce de précipitation après Crooked Tooth qui avait pour lui une certaine spontanéité. D’autant plus qu’avec ce nouvel album, le groupe ronfle un peu. Il y a un énorme ventre mou en plein milieu du skeud qui dure sur bien quatre chansons. Entre un Come Around et Feel Like Home qui enfilent des perles sans aucune surprise, proposant un rock radiophonique au possible et sans grosse saveur, ou encore un Problems qui ressemble à un titre de r’n’b sans aucune saveur, on se retrouve face à de longs moments de solitude en se disant que Papa Roach ne s’est pas trop pris la tête pour faire cet album. Et que dire de la paresse d’écriture avec des refrains qui se répètent inlassablement ou des titres très courts, à l’image de I Suffer Well, punk dans l’âme, assassinant nos tympans à grands coups de larsen. Très sincèrement, Papa Roach semble s’être perdu en cours de route et livre un album calme, trop calme et qui manque vraiment de fureur. C’est exactement la même chose avec Top of the World, un morceau pénible, à base d’ultra basse et d’un rap qui ne prend pas vraiment. Bref, tout cela demeure bien décevant.

Au final, Who do you Trust ?, le dernier album de Papa Roach, est assez décevant car il ne propose rien de nouveau pour le groupe et montre même une certaine fainéantise. Entre une volonté de brosser dans le sens du poil les fans de la première heure et une envie de sortir un nouvel opus rapidement sans vraiment travailler sa technique, le groupe se fourvoie et livre un skeud à peine correct, sauvé par deux ou trois pistes catchy et efficaces, bien que très mercantiles. Bref, un album peut-être transition pour le groupe, qui devrait peut-être se poser un petit peu pour offrir une onzième galette plus poussée, plus percutante.

  • The Ending
  • Renegades Music
  • Not the Only One
  • Who do you Trust ?
  • Elevate
  • Come Around
  • Feel Like Home
  • Problems
  • Top of the World
  • I Suffer Well
  • Maniac
  • Better Than Life

Note : 12/20

Par AqME

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