novembre 30, 2020

Sous un Autre Jour

Titre Original : The Upside

De : Neil Burger

Avec Bryan Cranston, Kevin Hart, Nicole Kidman, Golshifteh Farahani

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Comédie

Résumé:

Milliardaire, mais tétraplégique, Phillip a besoin de quelqu’un pour s’occuper de lui. Son entourage organise des entrevues d’embauche afin de sélectionner la meilleure personne possible. Phillip jette son dévolu sur Dell, un homme sans emploi qui possède un casier judiciaire. Peut-être que ces nouvelles responsabilités aussi soudaines qu’inattendues lui permettront de remettre sa vie dans le droit chemin et de gagner suffisamment d’argent pour veiller aux bons soins de sa famille. Malgré ses méthodes peu orthodoxes et son franc-parler, Dell arrive à obtenir la confiance de son employeur, le sortant peu à peu de sa coquille où il se terre depuis trop longtemps.

Avis:

Neil Burger, réalisateur américain, avait plutôt bien commencé sa carrière, « Interview with the Assassin« , « L’illusionniste » ou encore « Limitless » l’avaient placé dans les réalisateurs émergents dans les années 2000 qu’on devait suivre de près. Mais ce beau début de carrière a par la suite été bien entaché avec le premier épisode d’une des plus mauvaises franchises « teens », la saga « Divergente« . Depuis ce bide, on n’avait plus de nouvelles de Neil Burger, si ce n’est sur la série « Billions« , dont il a réalisé les deux premiers épisodes.

« Sous un autre jour » est un petit peu comme une légende. Remake d’ »Intouchables » d’Olivier Nakache et Éric Toledano, voilà sept ans maintenant que l’on entend parler du projet. Un projet qui a donc connu maintes et maintes rebondissements, entre les renoncements de réalisation, ou encore la sortie repoussée dû à l’affaire Weinstein, qui avait obtenu les droits de distribution et de remake en 2011. On n’a bien cru que le film ne verrait jamais le jour et ça, même s’il avait été projeté en 2017 au festival de Toronto. N’ayant toujours aucune date de sortie chez nous, j’ai donc profité d’un voyage au Canada pour découvrir ce que ce remake pouvait donner.

Bon autant le dire immédiatement, je n’étais pas vraiment convaincu en entrant en salle et je le suis encore moins à la sortie. Intéressante sur quelques scènes, cette version américaine n’a vraiment pas le charme et l’humour que le film de Nakache et Toledano pouvait avoir. Faisant de mauvais choix en plus de souffrir de la comparaison (chose que, je le sais, on ne devrait pas faire), « Sous un autre jour » a aussi le syndrome du « on n’a déjà vu ce film cent fois ». Après, reste un petit et minuscule divertissement qui peut se laisser voir.

Philippe est un homme brisé dans tous les sens du terme. Son épouse est morte d’un cancer et lui est devenu tétraplégique à la suite d’un accident de parapente. Alors que son auxiliaire de vie est partie, Philippe se voit engager Dell, un homme d’une trentaine d’années qui se trouve être le pire candidat pour le poste. Dell sort de prison, n’a aucune qualification, mais il est bref et traite Philippe comme n’importe quel autre homme. Entre les deux hommes va naître une belle amitié et chacun d’eux va apporter son aide à l’autre et c’est ensemble qu’ils vont se réparer.

« Sous un autre jour« , c’est le genre de film qui va sûrement se regarder chez nous de manière différente. Énorme succès surprise de l’année 2011, « Intouchables » d’Olivier Nakache et Éric Toledano est entré presque instantanément dans les films français cultes sortis dans les années 2010 et en faire un remake, et surtout le faire découvrir chez nous, ne va pas être une mince affaire tant le film va être obligatoirement comparé. On ne devrait pas le faire et pourtant, c’est ce qui se produit à la découverte du film de Neil Burger.

Numéro un aux USA, il est vrai que si l’on n’a pas vu le film de Nakache et Toledano, alors « Sous un autre jour » peut apparaître comme un petit divertissement sympathique qui se laisse voir. Si l’effet déjà vu est omniprésent, « Sous un autre jour » a quelques bonnes idées et finalement est une comédie comme tant d’autres, c’est-à-dire qu’elle ne marquera pas les esprits, mais animera un dimanche pluvieux sous la couette.

Cette vision du film serait alors pour le « reste du monde », car chez nous, connaissant le film de Nakache et Toledano, le verdict est bien plus dur, et « Sous un autre jour » s’avère être un joli ratage dans les règles de l’art, tant Neil Burger et Paul Feig n’ont pas réussi à rendre le charme et tout ce qui faisait la justesse du film des deux Français.

Ayant pris des libertés sur l’intrigue et les personnages, ce qui va profondément agacer avec ce film, c’est tout le côté « ghetto » que la production a accentué chez Kevin Hart. Insupportable tant il place ses « Hey man » à toutes ses répliques, le comédien apparaît aussi comme factice, car il en fait bien trop pour être drôle, ce qui a tendance à produire l’effet inverse.

Ensuite, si le film développe de bonnes idées, et notamment une en particulier, la rencontre entre le personnage de Philippe et la femme avec laquelle il correspond par lettre, pour le reste, on n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent. Reprenant en très grande partie le fil et l’intrigue d’ »Intouchables« , on va très vite se rendre compte que tous les moments géniaux du film de Nakache et Toledano, tombent à plat chez Neil Burger. Ce sera même parfois catastrophique, tant le charme et l’énergie n’y sont pas. La rencontre entre Philippe et Dell ne fonctionne pas vraiment, la scène de l’anniversaire et le quiz musical tombent à l’eau, la découverte du métier d’auxiliaire de vie est tellement exagérée dans l’humour que c’en est lourd, et bien d’autres moments du film résonnent surtout comme des passages obligés dans le cahier des charges d’ »Intouchables« . On oubliera aussi la drague entre Dell et Yvonne qui se conclura de manière certes inattendue, mais tellement convenue en même temps. On notera d’ailleurs une Kidman effacée, qui ne sert pas vraiment à grand-chose. N’importe qui aurait pu jouer à sa place, que le résultat aurait été le même.

Reste alors quelques moments comme je le disais et un Bryan Cranston convaincant dans le rôle. D’ailleurs, le comédien rehausse quelque peu le film à lui seul.

Il n’y a donc pas grand-chose à sauver de ce remake raté. Le charme n’y est pas, l’énergie n’y est pas, l’humour n’y est pas, les acteurs pour la plupart n’y sont pas… Après, comme je le disais, peut-être que ce jugement et ce ressentiment découlent du fait que l’on connaisse bien le film d’Olivier Nakache et Éric Toledano, car dans la salle où je me trouvais, peuplée de Canadiens, le film a fait son petit effet et les rires étaient présents.

À voir donc pour les curieux, si le film arrive jusqu’à chez nous et dans ce cas, même si la tâche est ardue, il faudrait essayer le plus possible d’oublier les comparaisons.

Note : 07/20

Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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