octobre 26, 2020

Repo Men

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De : Miguel Sapochnik

Avec Jude Law, Forest Whitaker, Alice Braga, Liev Schreiber, Carice Van Houten

Année: 2010

Pays: Etats-Unis

Genre: Science-Fiction

Résumé :

Dans un futur proche, les hommes sont parvenus à prolonger et améliorer la vie de leurs semblables à l’aide d’organes artificiels extrêmement sophistiqués et coûteux, élaborés par une société connue sous le nom de L’Union. Le sombre pendant de cette percée scientifique : lorsque les « greffés » ne sont plus à même d’honorer les échéances de leur crédit, L’Union envoie alors ses agents spécialisés, les Repo Men, pour reprendre la marchandise, sans se préoccuper du confort ou de la survie de leurs clients insolvables.
Rémy, un des meilleurs repo men sur le marché, est victime d’un arrêt cardiaque et se réveille avec le dernier modèle de cœur artificiel implanté dans le thorax, et la note salée qui l’accompagne. Cette intervention forcée produit cependant un effet indésirable : Rémy n’a plus le cœur à l’ouvrage. Quand il se retrouve dans l’incapacité de payer ses traites, L’Union assigne alors son agent le plus coriace, Jake, l’ex-coéquipier de Rémy, pour le retrouver et récupérer son bien.
Le chasseur est devenu la proie…

Avis :

Il est assez décevant de voir la consensualité dont fait preuve le cinéma aujourd’hui. Pour plaire à un maximum de personnes, les producteurs et réalisateurs n’hésitent plus à enlever les moments trash, gores ou dérangeants de leur film. Le dernier exemple en date est résolument World War Z, film de zombies sans une goutte de sang et qui se rapproche dangereusement du film catastrophe. Mais à quoi rime tout ce cirque autour de la bienséance dans le cinéma de genre ? La réponse est simple, faire quelque chose de mainstream, pour attirer le plus de personnes possibles et faire un max de blé. Et malheureusement, le fric est en train de tuer le cinéma, et si l’on veut un peu de sang ou d’originalité, il faut se rabattre sur les petites productions et les sorties DVD. L’autre blessure que cela apporte au cinéma, c’est que les jeunes sont ébouriffés dès qu’un film un peu gore sort dans les salles obscures. Pour se rendre compte de ce phénomène, il suffit pour cela de voir tout le rabattage autour du remake Evil Dead, qui est d’une facture classique et qui n’apporte rien de neuf au genre. Et pourtant, les gens ont presque acclamé ce film parce qu’il est gore ! Néanmoins, certains films prennent le parti pris de faire quelque chose de trash et s’en foutent pas mal d’être consensuel. La preuve en est avec Repo Men, qui sans être exceptionnel a le mérite d’envoyer du lourd question gore et trash et ave un casting quatre étoiles. Allons voir de quoi il en retourne.

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Alors comme ça, on n’a pas payé son rectum artificiel ??

L’histoire se passe dans un futur assez proche. D’ailleurs, c’est assez difficile de situer le film temporellement, car des smarts côtoient des monorails et des pubs qui sont en lévitation. Bref, dans ce monde futuriste, on peut s’acheter des organes pour remplacer un foie, un cœur ou un poumon s’il est atteint d’un cancer ou d’une autre maladie incurable. Seulement, cela coute cher, et les crédits sont astronomiques. Les Repo Men sont là pour traquer les mauvais payeurs et reprendre les organes de la société. Sauf qu’après un accident du travail, c’est un des Repo Men qui se retrouve avec un cœur artificiel et qui n’a pas les moyens de le payer. Il se fait alors traquer par son ancien coéquipier. Le pitch de départ est assez éculé, avec les deux meilleurs potes qui vont devenir les pires ennemis, mais le film ne s’arrête pas à ça. En effet, le sujet porte plus sur la valeur de l’être humain. Au départ, Jude Law s’amuse à récupérer des organes et à tuer des gens pour cela. Il s’agit pour lui d’un métier comme un autre et cette chasse lui procure un certain plaisir. Mais sa femme le quitte à cause de ce métier et lorsqu’il se retrouve traqué, il pense à son fils et à ce qu’il laisse derrière lui. Impossible donc de reprendre son travail pour payer son cœur. Il voit par ce biais la valeur de l’être et le mal qu’il fait aux proches. Il comprend aussi pourquoi il est tant détesté et méprisé par les gens et par ses proches. Malgré un aspect un peu pop et humoristique, le film reste assez réussi sur le plan du message qu’il souhaite faire passer. Le plus effrayant aussi est le fait que ce crédit sur la santé et sa survie est tout à fait possible, vu les crédits d’aujourd’hui, cela n’aura rien de surprenant dans un futur assez proche. Comme dit auparavant, il y a un côté humoristique qui n’est pas très approprié, surtout vers le milieu du film, mais au départ, cela marche relativement bien et on est agréablement surpris.

Le plus surprenant dans ce film réside dans son casting et dans son côté très gore. Jude Law joue la star du film et il le fait relativement bien. Affuté physiquement, il incarne le parfait petit héros, mais il joue aussi très bien le sale con au tout début, en achevant des gens pour récupérer des organes. A ses côtés, Forest Whitaker est un peu effacé, même s’il reste le côté méchant du héros. Un peu comme le ying et le yang, les deux personnages se complète sur la dualité, mais assez peu sur la complicité. D’ailleurs, ce sera le plus gros point faible du film, car l’alchimie entre les deux acteurs ne prend pas vraiment malheureusement, il y a un trop gros décalage entre la personnalité de Jude Law et celle de Forest Whitaker. Néanmoins, on se régalera de la performance de Liev Schreiber en méchant ne pensant qu’au profit et arnaquant allègrement le pauvre malheureux. Il est impeccable dans ce rôle, poussant le spectateur à rire de son attitude et de ses frasques. Au niveau des rôles féminins, on retrouve la belle Alice Braga, dans un rôle sympathique de chanteuse avec un corps presque entièrement refait des suites d’un accident et Carice Van Houten, excellente dans son rôle de femme dégoutée par le métier de son mari. L’aspect gore du film est poussé à son paroxysme et c’est ultra surprenant pour un presque blockbuster. C’est très généreux en hémoglobine, les interventions pour récupérer les organes sont bien glauques et certains moments sont même durs, comme le passage avec le retrait de la rotule en gros plan. La scène finale, à la fois sensuelle et sale est profondément symbolique et belle, réunissant les deux gentils dans un ballet gore et enlacé. C’est malheureux à dire, mais ça fait du bien de voir un film avec un très bon casting et interdit au moins de 16 ans, qui dénonce un propos futuriste profiteur et inhumain. Ici, on n’a pas du gore pour du gore.

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Jude Law s’improvise ninja !

Au final, Repo Men, même s’il n’est pas un chef d’œuvre, se laisse suivre sans problème et transgresse allègrement la bienséance du cinéma blockbuster. Bien gore, assez intelligent et avec un casting fort sympathique, le film mérite le coup d’œil et n’ennuie jamais. La fin est surprenante, même si assez téléphonée, mais a le mérite de ne pas finir sur un happy end. Bref, un film assez jouissif, même si le duo d’acteurs ne fonctionne pas trop.

Note : 15/20

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Par AqME

ServalNote de Serval: 11/20 Rigolo.

TrasherNote de Trasher: 03/20 Un pitch débile pour un film chiant comme la mort.

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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