Ark Park

Résumé :

ARK Park sur Playstation 4 est une expérience en réalité virtuelle basée sur le monde de ARK : Survival Evolved. Les joueurs auront ainsi la possibilité d’être au plus près des dinosaures et des gigantesques environnements primaux.

Avis :

Que l’on soit féru du sujet ou non, les dinosaures suscitent curiosité et émerveillement. Cela tient autant aux ères préhistoriques révolues qu’à la taille formidable de ces reptiles, qu’ils soient herbivores ou carnivores. Il n’est pas nécessaire d’être un fin connaisseur ou un paléontologue averti pour s’en rendre compte. Plusieurs œuvres fictives ont pleinement assimilé le côté spectaculaire d’un tel sujet. Si Le monde perdu d’Arthur Conan Doyle demeure un classique de la littérature, on peut également s’attarder sur l’incontournable Jurassic Park. Qu’il s’agisse des livres de Michael Crichton ou de la saga cinématographique initiée par Steven Spielberg, l’histoire est l’une des plus formidables sur les dinosaures, car elle préserve cette part de rêve à leur simple évocation.

Outre un titre explicite de ses influences, Ark Park s’avance comme un spin-off à Ark Survival Evolved. Ce dernier était davantage tourné vers l’aspect multijoueur afin de proposer un mélange des genres original avec de la survie, de la gestion et de l’action/aventure. Avec Ark Park, on retrouve cette volonté de vouloir toucher à tout pour s’adresser à un public relativement large. Le fait que l’on s’immisce dans la réalité virtuelle est également une plus-value pour donner une dimension saisissante au bestiaire. Bref, les intentions sont réellement enthousiasmantes et laissent augurer d’une expérience aussi dépaysante qu’impressionnante. Seulement…

Il est à déplorer de nombreux problèmes qui altèrent considérablement la qualité de l’aventure. À commencer par un scénario absent. Même dans de telles circonstances, un minimum de narration n’est jamais pour déplaire. Or, on se retrouve sur une planète peuplée de dinosaures, comme le jeu original, où l’on découvre un parc. Les allusions futuristes propres à la science-fiction sont uniquement présentes dans l’architecture du musée, les hologrammes et autres moyens technologiques. Pour le reste, on dispose d’un arsenal digne du XXe siècle et des outils sommaires pour appréhender l’un des deux principaux aspects du titre de Snail Game : l’exploration.

Comme sa dénomination l’indique, cette phase du jeu est similaire à une expérience VR avec des interactions minimalistes. La découverte de la faune locale offre la possibilité d’analyser les différentes espèces en vue d’un recensement qui nécessite un bon angle d’approche. Les informations fournies sont assez circonspectes et, pour ceux et celles qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare, elles n’auront que peu d’intérêt. Malheureusement, Ark Park n’a fait l’objet d’aucune traduction en français pour les textes. Si l’intrigue est inexistante, cela nuit néanmoins à la compréhension des directives qui, même avec un niveau en anglais acceptable, ne sont pas très claires. Enfin, dans un certain sens.

Les objectifs sont toujours les mêmes et manquent cruellement de variété. Après les missions de paléobiologistes, il convient de récolter suffisamment de ressources pour nourrir les dinosaures en captivité, mais surtout pour… se confectionner des armes ! Celles-là mêmes qui datent de l’âge de pierre. Et l’on ne parle pas ici de Far Cry Primal. Un clivage assez flagrant. À noter que les déplacements sont peu naturels. On tâtonne plus qu’on ne progresse. Qu’il s’agisse d’une mobilité « classique » ou par téléportation pour éviter tout symptôme de motion sickness, le système n’est en rien pratique et manque cruellement de fluidité.

Si la partie exploration ressemble à du level-up pour son équipement, elle reste néanmoins plutôt sympathique au regard des fusillades. À la manière d’un tower-defense amalgamé à un rail-shooter, les vagues d’ennemis surviennent progressivement. Dans les premiers niveaux, des panneaux d’avertissement nous préviennent des assauts. Seulement, on dénotera plusieurs problèmes en dehors de l’extrême répétitivité de l’action. D’une part, la localisation des dégâts est très aléatoire. D’autre part, la réactivité des tirs, a fortiori pour des armes automatiques, rencontre de nombreux heurts. Nulle question de surchauffe ou de chargeur vide, les temps de latence sont clairement pénalisants.

Pourtant, la difficulté reste assez timorée pour peu que vous disposiez d’un équipement suffisamment avancé. Ark Park ne s’appuie pas sur l’habileté du joueur ou encore sa persévérance. Que l’on meure ou que l’on échoue, il y a de grandes chances pour qu’il faille revenir à la partie exploration pour glaner les objets nécessaires à la confection d’un arsenal plus puissant. Rare point positif, il est possible d’effectuer de multiples allers-retours sans perdre de temps sur le trajet pour débloquer une zone spécifique. Pour le reste, la prospection se fait en compagnie d’une maniabilité capricieuse. On apprécie néanmoins quelques séquences sympathiques, comme le vol à dos de ptéranodon dans des vallées étroites et encaissées.

Quant à la technique, on navigue dans un cadre certes prometteur dans son level design, mais qui est gâché par un aliasing omniprésent. De plus, le clipping fait apparaître des éléments (y compris des dinosaures) beaucoup trop en retard. Le fait de traverser ces mastodontes, comme s’ils n’existaient pas pour certains d’entre eux, rend l’expérience assez navrante. Pour compléter le tableau, les animations sont d’une raideur alarmante. Le seul effort consenti à cette débandade préhistorique demeure une bande-son globalement convaincante où les ambiances de l’environnement et les bruitages sont assez bien retranscrits. Dommage que le reste ne suive pas.

La rejouabilité du titre de Snail Games est quasiment absente. Le manque d’enjeux et la redondance des objectifs contribuent à ne pas y revenir de sitôt. Exception faite du multijoueur instable, voire inaccessible, la partie solo n’excède pas cinq heures en visant très large pour terminer les 14 sections en mode bataille et exploration. À cela, il faut également ajouter les difficultés liées à l’ergonomie des menus pour se confectionner ses armes. Quant à la création d’un avatar, elle est aussi inutile que pathétique tant les options de personnalisation sont basiques et le nom généré par ordinateur. Quel intérêt pour une aventure en vue subjective ?

Au final, Ark Park est une amère déception tant le potentiel d’un tel titre est réel. Au lieu de faire la part belle à l’émerveillement et à l’immersion, on se retrouve avec un jeu poussif et malingre. Les mécaniques sont éculées et ultra-répétitives. La progression est motivée par des fusillades d’une pauvreté affligeante qui ne propose aucun challenge ni émotion. Pour couronner le tout, la technique peine à exploiter les capacités du PlayStation VR. Il reste une échelle globalement respectueuse du gabarit des dinosaures, des bruitages corrects et quelques séquences sympathiques à essayer ou à contempler. Trop peu pour conseiller le présent titre. On est bien loin du « Jurassic Park VR » annoncé et attendu.

Note : 08/20

Par Dante

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