Tierra Santa – Quinto Elemento

Avis :

Si on connait plus l’Espagne pour ses plages, son architecture et son flamenco, il ne faut pas oublier qu’elle possède aussi son lot de groupes plutôt plaisants en matière de métal. Malheureusement, il faut bien le reconnaître, les groupes de métal espagnols ne sont pas très connus. Est-ce dû à un problème de langue ? Peut-être, mais ce serait se priver de quelques formations intéressantes comme Mago de Oz qui fait du folk métal ou encore Diabulus in Musica qui officie plutôt dans le métal symphonique. Bref, comme on peut le constater, l’Espagne est aussi une terre de rock et de métal et c’est dommage que l’on ne voit pas plus de groupes de métal de ce pays. Prenons un exemple tout simple, Tierra Santa. Il s’agit d’un groupe de Heavy Métal originaire de La Rioja qui s’est formé en 1991. Sortant quelques démos, le groupe commence à se faire un nom à la fin des années 90 et il va être très prolifique de la fin des années 90 jusqu’au milieu des années 2000, sortant presque un album tous les ans. Fut-ce suffisant pour être connu à l’international ? Malheureusement non, même pas en Europe. Néanmoins, le groupe ne se décourage pas et livre avec Quinto Elemento, leur dixième album, ce qui leur permet de s’afficher dans divers festivals de leur pays. Mais pourquoi un groupe avec un tel bagage ne perce pas plus ? La réponse se trouve peut-être dans cette galette.

L’album débute avec la chanson éponyme de l’album et très rapidement on va se rendre compte des faiblesses du groupe. Non pas que ce soit mauvais, très loin de moi l’idée de penser cela, car techniquement, les mecs touchent leur bille. Le problème, c’est que c’est très classique et que comme introduction, on a déjà fait mieux. Les riffs ne sont pas très agressifs, il manque une certaine lourdeur et quand le chanteur commence à pousser un peu, on reste encore une fois sur quelque chose de plutôt linéaire. Le seul truc qui marche de façon correcte, c’est le refrain, qui reste bien en tête, mais c’est grâce aussi à une langue rappeuse qui accroche sur des mots comme « imaginacion » et qui du coup impriment bien l’oreille. D’autant plus que la structure du morceau reste très classique, allant même chercher un petit solo sympathique mais qui ne permet pas de sortir du lot. Et globalement, ce constat s’établit sur tous les titres de l’album. Cain, qui est le premier tube du skeud, démarre de façon un peu plus fortiche, mais il reste dans un carcan un peu trop étriqué dans lequel on rajoute un peu de claviers pour faire bien. C’est bien là le plus gros défaut de cet album et plus généralement du groupe, de faire quelque chose de très conventionnel, de très classique et qui ne reste pas dans les mémoires.

Alors bien évidemment, on ne peut pas non plus taper trop fort sur le groupe puisque les qualités sont bien présentes et demeurent évidentes. Comme dit auparavant, techniquement le groupe assure, certains solos sont vraiment bien exécutés comme dans Lodo qui est un meilleur titre de l’album, plus pêchu et bien plus catchy dans sa démarche, et dans sa globalité, l’album est plutôt agréable. Mais on ne peut renier un manque d’innovation et surtout d’identité. On a l’impression parfois d’entendre un groupe qui a vingt ans de retard et qui pense fournir quelque chose de neuf et de novateur, ce qui est loin d’être le cas. Et certains morceaux sont là pour le prouver comme Hombres Sin Tierra, qui est un titre transparent ou encore De la Calle al Cielo qui est la ballade de l’album, surgissant à la toute fin et qui reste d’un classicisme dégoulinant. Fort heureusement, une paire de titres sortent un peu du lot, comme Lodo dont on a déjà évoqué le nom au-dessus, ou encore Revolucion qui est plus rapide que les autres pistes ou encore Moby Dick qui semble être un poil plus épique que le reste de l’album. Pas de quoi sauter au plafond donc et c’est bien dommage car on sent un gros potentiel au sein de la formation et surtout, la production est vraiment nickel.

Au final, Quinto Elemento, le dernier album en date de Tierra Santa, se révèle être très moyen, n’arrivant jamais à susciter autre chose qu’un sympathique mouvement de tête assez discret. Sans morceau marquant, sans agressivité positive, le groupe espagnol enchaine les pistes sans trop se poser ou construire quelque chose qui a une identité propre et intéressante. Il en résulte un album mi-figue mi-raisin qui ne marquera pas les esprits.

  • Quinto Elemento
  • Cain
  • Donde Moran los Malditos
  • Lodo
  • Revolucion
  • Hombres sin Tierra
  • Moby Dick
  • Entre el Bien y el Mal
  • Fuego en el Paraiso
  • De la Calle al Cielo

Note : 10/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net