Walkyrie

Auteurs : Sylvain Cordurié et Drazen Kovacevic

Editeur : Soleil

Genre : Fantasy

Résumé :

Un hiver meurtrier ravage Midgard. Las d’implorer la clémence des dieux, Alrik, le fils du roi Lothar, décide les clans vikings de l’envoyer, lui et d’autres guerriers, plaider directement leur cause auprès d’Odin. Ayant besoin d’un guide, Alrik se tourne vers Gunhild, une walkyrie exilée pour avoir offert sa virginité à Hermód, l’un des fils d’Odin, lui aussi chassé de la cité des Ases.
Commence alors un voyage qui conduira Alrik et les siens jusqu’à Asgard, et à prendre part à la plus grande guerre qu’aient connu les Neufs Mondes.

Avis :

Ecrire des histoires dans le monde de la BD franco-belges est un exercice très difficile, et cela pour plusieurs contraintes. Tout d’abord, il faut trouver un angle intéressant qui puisse être pleinement exploité en peu de tomes pour s’assurer une viabilité sur le long terme. Ensuite, il faut aussi trouver une histoire qui arrive à tenir sur des albums de 48 planches sans pour autant survoler son sujet. Des contraintes complexes et qui peuvent parfois être un vrai casse-tête, la preuve avec Walkyrie qui nous préoccupe maintenant. Initialement prévue en quatre tomes, la série scénarisée par Sylvain Cordurié va connaître un sort assez funeste. En effet, quand on signe chez l’éditeur Soleil, il faut savoir où l’on met les pieds, et que le seul intéressement de la boîte n’est pas la qualité, mais les recettes. Combien de séries issues de ce label n’ont pas de fin faute de ventes assez importantes ? Chez Soleil, on se fout pas mal du lecteur, tout ce qui compte, c’est l’argent que ça rapporte. Et le premier tome de Walkyrie a été un flop. Fort heureusement, la série aura droit à un deuxième et unique tome, forçant le scénariste à boucler la boucle en un diptyque plutôt qu’en quatre épisodes. Et cela se ressent forcément.

Pour la petite histoire, on va suivre le viking Alrik, fils d’un roi qui ne pense qu’à se faire remarquer en jouant des poings ou en chassant de grosses bêtes. Malheureusement, le monde des humains est en proie à un hiver infernal et interminable et les ases (les dieux nordiques) sont remis en cause. C’est alors qu’une walkyrie tombe du ciel avec Hermöd, frère de Thor et fils d’Odin. Alrik, n’écoutant que son courage, demande à la walkyrie de rejoindre Asgard pour lui demander grâce. En arrivant sur la terre des dieux, c’est le chaos et tout le panthéon est réduit à néant. Le groupe va alors découvrir que les elfes ont fomenté un coup d’état pour dominer les neuf mondes. Alrik, Hermöd, la walkyrie et quelques vikings vont alors tout faire pour empêcher la domination des perfides elfes. Quand on lit un tel pitch, on sent qu’il y a un sérieux potentiel, surtout en exploitant les mythologies nordiques, qui sont assez peu connues de par chez nous. Malheureusement, le fait de diviser cette aventure en seulement deux tomes va faire que l’on tombe rapidement dans du survolage.

Le premier tome est clairement très faible en matière de caractérisation des personnages et des univers. On reconnaîtra bien Alrik et sa coupe blonde. On devinera vite son aspect vaillant et bienveillant, mais ce sera bien tout. Pour les personnages secondaires, on repassera car aucun n’est vraiment exploité, si ce n’est au détour d’une blague, d’une vanne sexiste ou d’une attitude un peu badass. Il en va de même pour Hermöd, dont on ne connait la fonction au sein du panthéon nordique, ainsi que pour les Walkyrie qui se ressemble toutes. Le premier tome, malgré son aspect très dynamique et son côté voyage initiatique, manque de fond et reste très en surface, même quand il aborde les différents mondes ou les différents bestiaires. La BD émet des noms, plante quelques astérisques pour les expliquer, mais ce sera bien tout. On sent un travail de recherche, mais on a aussi l’impression qu’il faut aller très vite pour ne pas ennuyer le lecteur. Alors d’un côté, on a du dynamisme et de la baston, mais de l’autre, on manque d’un univers plus marqué et marquant.

Le second tome est un peu plus long et se révèle un poil meilleur que le précédent. Tout d’abord parce qu’il offre une vraie conclusion intéressante, mais aussi parce qu’il est plus long et essaye de varier les rebondissements. Cette fois-ci, le rythme est encore plus relevé et on aura droit à de la baston à tous les étages, mais surtout, de nouveaux protagonistes vont venir se greffer à l’aventure, comme Hel et son armée de morts. Cependant, on se retrouve avec les mêmes carences que précédemment, c’est-à-dire un monde riche peu exploité et des personnages qui restent trop discrets, trop peu mis en avant. Hel en est l’exemple le plus prégnant, puisqu’elle va avoir une arrivée très percutante, puis elle va se faire dézinguer à la vitesse de la lumière quelques planches plus loin. Il en est de même avec Siegfried et son corbeau Munin, qui est le Deus Ex Machina du scénario et qui va servir à apporter une fin un peu alambiquée, ou tout du moins très facile. Alors oui, on ne peut rien enlever à l’aspect dantesque de ce second tome, ni même aux dessins qui sont tout simplement sublimes, mais il manque encore une profondeur pour en savoir plus sur la mythologie nordique ou sur les différents personnages.

Au final, Walkyrie n’est pas une mauvaise série de fantasy, c’est juste qu’il lui manque plusieurs tomes pour enrichir son univers et donner plus de poids à son histoire et ses personnages. En seulement deux tomes, Sylvain Cordurié fait de son mieux pour offrir un spectacle grandiloquent, épique, mais qui finalement manque d’épaisseur pour vraiment devenir un must have. Bref, en l’état, Walkyrie est plutôt une bonne BD pop-corn, qui se déguste en peu de temps, mais qui ne marquera pas l’histoire du neuvième art.

Note : 12/20

Par AqME

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