Skindred – Big Tings

Avis :

Ce qui est intéressant dans le métal, c’est qu’il y en a pour tous les goûts. Les mélanges vont bon train dans ce domaine et on retrouve parfois des associations ubuesques mais terriblement géniales. On pense bien évidemment au mélange rap/métal qui a fait se hérisser les cheveux longs de tous les puristes de Heavy ou de Thrash, mais aussi au Jazz Métal de Diablo Swing Orchestra par exemple ou encore métal symphonique qui confond riffs agressifs et orchestration épique. Bref, tout le monde y trouve son compte et il arrive parfois de faire des découvertes complètement folles. Et c’est le cas de Skindred, né au début des années 2000 après le split de Dub War, et qui bénéficie d’un chanteur maniant de façon très spontanée le ragga. Car oui, Skindred est un groupe de métal mais qui possède de nombreuses influences, aussi bien dans le punk que dans le ragga et le résultat est des plus surprenants. C’est en 2002 que sort le premier album du groupe avec Babylon, et après plusieurs rééditions au cours des années, l’album cartonne et finit même en tête de certains charts. C’est alors régulièrement que le groupe sort une galette et on se retrouve ici avec le septième effort, Big Tings, qui doit faire suite à un très bon skeud, Volume.

L’album commence avec son titre éponyme. Big Tings déroule d’entrée de jeu une rythmique assez particulière, très scandée grâce à une batterie efficace et un riff qui lorgne largement du côté rock. Cependant, derrière cette simplicité apparente se cache une redoutable efficacité qui donne immédiatement envie de bouger la tête et de reprendre le refrain, catchy à souhait, avec Benji le chanteur. Il est vrai que dans ce titre, on ne retrouve pas forcément la magie du groupe, mais cela va rapidement arriver avec That’s my Jam. Sirène de pompier, riffs lourds au possible et couplets chantés de façon assez lente, le groupe revient à ses premiers amours avant de lâcher un bon refrain sur des riffs encore plus bas. Les chœurs féminins finissent d’envoyer le titre dans les stratosphères du groove et on se retrouve face à un titre ultra efficace et qui fonctionne à plein régime. On aura même droit à un moment purement ragga mais sur une rythmique métal et ce pan mérite clairement le respect tant il accroche et montre une belle osmose. On retrouvera cet aspect un peu ragga/rap sur un autre titre de l’album, Alive, qui a le mérite d’exister malgré un côté très Linkin Park, c’est-à-dire avec un arrangement électro/pop qui laisse un à désirer et qui manque d’impact.

Alors il est vrai que beaucoup de personnes risquent fort d’être déçus par cet album, notamment à cause de son manque de variété et de prise de risque. Quand on creuse un peu la galette, on se surprend à enchainer les titres avec un certain désintérêt et une patience polie. Non pas que ce soit mauvais, loin de là, mais Big Tings souffre d’un traitement banal et de titres qui n’impriment pas forcément le tympan. Et cela se confirme sur la seconde moitié de l’album qui a du mal à rester en tête. On peut penser au très commercial Tell Me, qui reste assez rock dans l’esprit mais qui fait très radiophonique et manque donc de virulence ou d’une structure un poil plus complexe. On peut aussi évoquer Broken Glass, un concentré de pop assez mal digéré et qui laisse un petit goût amer en bouche, tout comme Saying it Now qui se veut une ballade à la guitare sèche avec une grosse instru sur le final, mais cela ne marche pas forcément à cause de son côté passe-partout. Fort heureusement, d’autres titres viendront redorer le blason du groupe comme Machine et son côté Heavy avec ses riffs percutants ou encore Loud and Clear et sa ligne de basse ultra groovy de départ qui donne une forte envie de bouger en rythme. Benji s’éclate à poser son flow avant de faire un refrain classique au possible. Enfin, difficile de passer à côté de All This Time qui déboule à cent à l’heure et qui marche à trois cent pour cent.

Au final, Big Tings, le dernier album en date de Skindred, ménage la chèvre et le chou et ne déplaira certainement pas aux fans de la première heure. Entre des morceaux aux rythmiques imparables avec une partie proche du Ragga et d’autres titres plus commerciaux et transparents, le groupe livre un septième sympathique mais qui ne marquera pas plus que ça et c’est bien dommage. On a connu le groupe en plus grande forme, même si dans les faits, Big Tings reste un album au fort capital sympathie et qui se laisse écouter d’une oreille distraite.

  • Big Tings
  • That’s my Jam
  • Machine feat Gary Stringer
  • Last Chance
  • Tell Me
  • Loud and Clear
  • Alive
  • All This Time
  • Broken Glass
  • Saying it Now

Note : 13/20

Par AqME

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