Le Rituel

Titre Original : The Ritual

De : David Bruckner

Avec Rafe Spall, Rob James-Collier, Arsher Ali, Sam Troughton

Année: 2018

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé:

Un groupe d’amis se réunit pour une randonnée en forêt, mais une présence menaçante s’y cache et les suit…

Avis :

La forêt semble être un lieu de perdition très prisé de la part des réalisateurs de film d’horreur. Entre Le Projet Blair Witch, The Forest ou encore Le Rituel, on ne peut pas dire que cet endroit soit propice aux balades printanières ou automnales pour ramasser les champignons. Et si Le Rituel semble s’inspirer grandement du Projet Blair Witch, c’est juste sur son lieu horrifique, à savoir une forêt dense et habitée. Film produit et distribué par Netflix, le dernier né de David Bruckner n’est ni plus ni moins qu’une randonnée qui tourne mal et où les différents protagonistes vont devoir faire face à un mal inconnu. Secte, sorcière, psychopathe consanguin en liberté perdu dans la Suède du nord ? Le secret ne nous sera dévoilé qu’à la toute fin du métrage et avant ça, il faudra une certaine audace pour tenir le spectateur en haleine devant une montée crescendo d’une tension palpable derrière chaque arbre. Comment, avec quelques effets pourtant éculés, le réalisateur a-t-il pu nous foutre la frousse comme ça cette année ? Car ne nous y trompons pas, Le Rituel est l’un des meilleurs horrifiques de l’année 2018.

Le film débute dans un pub tout ce qu’il y a de plus normal où une bande de potes est en train de décider leur prochaine destination pour leurs vacances. Le choix se porte sur une randonnée en Suède. En sortant du bar, Luke, un peu plus cynique que les autres, décide de s’arrêter pour prendre une bouteille de vodka. Robert l’accompagne dans la supérette, mais ils tombent en plein braquage. Alors que Robert est pris à partie, Luke se planque et ne lui vient pas en aide, ce qui coûtera la vie à son ami. Six mois plus tard, on retrouve les quatre amis sur la randonnée, voulant rendre hommage à leur pote disparu. Malheureusement, alors que tout se passe bien, Dom se fait très mal au genou. Le groupe décide alors de couper à travers bois pour arriver plus vite au refuge. Malheureusement, ils vont tomber sur des signes cabalistiques étranges et des évènements paranormaux commencent à faire leur apparition. C’est sur ce pitch de base que Le Rituel se base pour tisser une intrigue qui va aller dans deux directions différentes pour se connecter à la toute fin. En effet, on va avoir d’un côté un drame humain et de nombreux questionnements, et de l’autre, un aspect horrifique prégnant et tenace avec quelque chose qui rôde dans les bois. Tout le secret du film est de faire peur de manière classique mais sur des personnages soignés et qui possèdent un véritable background.

C’est là-dessus principalement que le taf de David Bruckner est intéressant. Sans en faire des caisses, sans prendre trop de temps, il va construire des personnages lambdas, mais qui ont tous des démons et des reproches et qui vont, petit à petit, se dévoiler aux yeux de tous. Ainsi donc, Luke s’en voudra de sa couardise et de ne pas avoir aidé Robert dans le magasin. Un cauchemar récurrent qui le hante, notamment car il est persuadé que les autres lui en veulent. On aura aussi Dom, qui n’est pas bien plus courageux et qui cache quelque chose avec sa femme Gayle. Hutch, qui semble le plus apte à survivre en forêt, va montrer des failles, aussi bien dans sa confiance que dans celle qu’il montre aux autres. Enfin, Phil est complètement possédé et obsédé par une relique trouvée dans un cabanon, le rendant fébrile et instable. Tout ce petit monde va se confronter, se faire des aveux, se battre parfois, et surtout avoir des rapports de force logiques et qui ne durent pas bien longtemps quand il faut s’unir pour survivre. C’est une facette très importante de ce film, puisque les personnages ne font pas n’importe quoi pour affronter ce qui se cache dans les bois et cela rend le film encore plus crédible. Le Rituel est l’exemple flagrant que l’on peut être concis mais logique dans la présentation des personnages pour les rendre attachants ou tout du moins humains.

Mais Le Rituel est aussi très malin dans sa façon d’aborder la peur et la menace. Au départ, le ton est donné, on est dans un film anglais relativement froid, avec des personnages peu souriants, tout du moins son personnage principal. Il n’y aura aucune chaleur dans ce film, si ce n’est à la toute fin, lors de la résolution de l’ensemble. Entre le froid, le vent, la pluie ou les orages violents, le film baigne déjà dans une ambiance très froide, presque apocalyptique par moments et cela rajoute de l’inquiétude lorsque les quatre garçons filent dans cette forêt dense. Les premiers éléments fantastiques sont là pour poser une base inquiétante, avec notamment un cadavre d’animal dans les arbres ou encore des runes gravées sur les arbres. Petit à petit, David Bruckner va faire monter la tension pour plonger le spectateur dans le même état cauchemardesque que les protagonistes. On va ressentir leur peur, leur angoisse et surtout, leur précipitation par la suite pour sortir de cette forêt. A base de petit jump scare, l’horreur prend alors vie sous nos yeux et le film bascule complètement par la suite. On y retrouvera des thématiques finalement propre au film de genre, et il sera difficile de ne pas penser au Bon Apôtre de Gareth Evans ou encore à The Wicked Man de Robin Hardy.

Tout cela est servi par une mise en scène relativement intéressante. Le cinéaste maîtrise parfaitement son sujet et trouve de jolis liants pour passer sur des phases cauchemardesques dans lesquels Luke ressasse son passé, revoyant le magasin, mais dans la forêt, avec un sol fait d’humus. Il y a de vraies idées, il y a un réel parti pris dans ces séquences qui symbolisent parfaitement l’état d’esprit du personnage, ainsi que sa volonté de s’en sortir et de donc faire table rase de son passé. Le seul petit regret que l’on puisse avoir concerne les moments un peu vifs, notamment sur la fin où il y a un affrontement et ce n’est pas toujours lisible. Néanmoins, la créature du film, puisqu’il s’agit aussi d’un film sur une créature qui rentre parfaitement dans la thématique, est vraiment glaçante et possède un design à couper le souffle. Il y a bien longtemps qu’un tel concept de créature n’avait été aussi bon et aussi stylé.

Au final, Le Rituel est un excellent film d’horreur. S’il reste très classique dans sa démarche, le métrage de David Bruckner va surprendre par la richesse de ses thématiques et surtout sa faculté à créer de la peur chez le spectateur en utilisant des ficelles pourtant usées, mais qui sont bien utilisées. Les jump scares sont présents mais avec parcimonie, le réalisateur préférant soigner son ambiance ainsi que la présence physique de ses protagonistes, qui prennent de l’ampleur au fur et à mesure que le film déroule, offrant de bons backgrounds et surtout de la crédibilité dans leurs actions. Il en résulte donc un film intelligent, qui sait faire peur et qui aura son lot de surprises concernant le dénouement, maintenant l’attention du spectateur avec curiosité. Bref, l’un des meilleurs films d’horreur de 2018 est sur Netflix.

Note : 17/20

Par AqME

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