Creed II – La Rage au Cœur

De : Steven Caple Jr.

Avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Dolph Lundgren, Florian Munteanu

Année : 2019

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Action

Résumé :

La vie est devenue un numéro d’équilibriste pour Adonis Creed. Entre ses obligations personnelles et son entraînement pour son prochain grand match, il est à la croisée des chemins. Et l’enjeu du combat est d’autant plus élevé que son rival est lié au passé de sa famille. Mais il peut compter sur la présence de Rocky Balboa à ses côtés : avec lui, il comprendra ce qui vaut la peine de se battre et découvrira qu’il n’y a rien de plus important que les valeurs familiales.

Avis :

La boxe au cinéma, c’est une longue histoire d’amour qui ne semble pas connaître de fin. Entre Raging Bull de Martin Scorsese, La Rage au Ventre d’Antoine Fuqua ou encore Million Dollar Baby de Clint Eastwood, il y a de quoi faire et il y en a pour tous les goûts. Mais s’il y a une licence qui a marqué le septième art de ses gants rouges, c’est bien Rocky. Personnage qui colle à la peau de Sylvester Stallone depuis les années 70, la saga en est aujourd’hui à son huitième opus avec Creed 2. Car ne nous y trompons pas, si les films ont changé de nom, afin de mieux marquer le passage de flambeau, on reste dans le même univers avec des personnages qui reviennent inlassablement, comme Rocky Balboa, maintenant entraineur, Adonis Creed, le fils d’Apollo Creed du premier film de 1976 et même Ivan Drago, l’ennemi de Rocky dans le quatrième opus. C’est donc plus de trente ans plus tard que la Russie repointe le bout de son nez, bien loin des vicissitudes de la guerre froide, même si la tension reste bien palpable, et pas seulement sur le ring.

Creed 2 est un film qui va parler de revanche, de vengeance, dans les deux camps, pour des raisons différentes, mais au fond duquel on retrouve des problématiques similaires, c’est-à-dire la famille et pour quoi on doit se battre. D’un côté, nous avons Adonis Creed, champion du monde poids lourd, qui se repose un peu sur ses lauriers et qui voit le fils du tueur de son père le défier à travers un match très médiatisé. De l’autre, on a Viktor, boxeur russe qui ne souhaite qu’une chose, rendre fier son père et le venger du déshonneur que lui a valu la défaite contre Rocky il y a plus de trente ans. Deux jeunes hommes qui veulent se battre pour de bonnes raisons, en fonction de leur parti pris. C’est sur ce pitch très simpliste que Creed 2 prend place. Une simplicité qui se retrouvera jusque dans son script, écrit pourtant par Stallone lui-même, déroulant finalement une intrigue linéaire qui ne réservera aucune surprise sur sa narration. C’est certainement là le seul gros point faible de ce film, qui déroule son fil rouge sans se poser de question et qui laisse le spectateur face à un spectacle réjouissant, certes, mais qui brosse tout le monde dans le sens du poil.

On pourrait donc croire que Creed 2 est un film de boxe lambda, avec l’ascension d’un jeune homme qui ne peut que redescendre et qui va devoir se poser les bonnes questions afin d’éviter une chute fatale. Et c’est là-dessus que Creed 2 va surprendre, sur sa propension à nous toucher alors que tout est téléphoné. C’est bien simple, on est très rapidement pris aux tripes par le parcours d’Adonis, qui a tout pour réussir, qui accepte un challenge pour les mauvaises raisons et qui va devoir comprendre pourquoi il monte sur un ring et surtout pourquoi. Des questionnements intéressants et importants et qui touchent des valeurs universelles comme l’amour, la combativité, la confiance et surtout, la famille. Car oui, derrière son film de boxe qui peut sembler surfait, le film de Steven Caple Jr. fait appel à notre côté humaniste et bienveillant. Ainsi donc, Adonis Creed va devoir trouver des ressources pour comprendre qui il est et pourquoi il doit se battre. Il va devoir revenir à l’essentiel, à savoir les gens qui l’entourent, sa femme, Bianca, mais aussi sa mère et celui qu’il considère comme son oncle Rocky. Toutes ces personnes vont devoir le remettre sur le droit chemin et Adonis va devoir retrouver une certaine humilité. Un chemin similaire à Rocky, qui va maintenant se placer en mentor au lieu d’être un entraineur, et cela même si les deux casquettes sont parfois très proches.

Le point qui semble le plus important dans ce film, c’est très clairement la famille. On va se retrouver avec deux athlètes qui ne se battent pas uniquement pour eux, mais pour quelqu’un d’autre. Si le combat est très clair pour Viktor, qui veut réhabiliter son père aux yeux de la Russie et qui déteste au plus profond de son être sa mère qui les a laissés tomber, c’est un peu plus délicat concernant Adonis, qui va trouver sa raison d’être à travers la naissance de sa fille. C’est à ce moment-là que le boxeur trouve une raison de se battre, une raison d’exister et d’être meilleur. D’ailleurs, les trois séquences finales sont très intéressantes car elles montrent les raisons de ce travail sur l’humain et la puissance de la famille. Ainsi donc Adonis fait la paix avec lui-même et son défunt père, Viktor renoue des liens humains avec son père et Rocky va retrouver son fils et découvrir son petit-fils. Des images émouvantes qui clôturent de façon cohérente et douce une saga qui a su se renouveler et constituer une mythologie dense et touchante.

A cela il faut y rajouter la touche personnelle du jeune réalisateur Steven Caple Jr., dont c’est seulement le second film. S’étant fait remarquer avec The Land en 2016, le jeune cinéaste va montrer de quoi il est capable avec ce film. Outre l’aspect clipesques des entrées sur le ring, la mise en scène est relativement efficace dans les combats, réussissant à rendre l’ensemble dynamique tout en restant près des corps et du tour de l’arène. Ici, on ne s’intéresse pas au public, on ne s’intéresse qu’aux combattants et à la puissance des coups. Florian Munteanu est très impressionnant physiquement et on sent toute sa puissance à l’écran. Il en va de même pour Michael B. Jordan, qui a subi un entrainement solide pour avoir une carrure assez incroyable. Steven Caple Jr. propose donc une mise en scène assez viscérale, roche des corps, proche de la douleur et donc proche du handicap de certains protagonistes. Il en résulte un gros blockbuster bénéficiant finalement d’une mise en scène que l’on pourrait voir dans des films indé américains et c’est tant mieux. Certains plans titillent la rétine, les couleurs ne sont pas choisies au hasard et on voit qu’il y a un vrai travail derrière, une grande volonté de faire du cinéma.

Au final, Creed 2 est une belle réussite. Il s’agit d’un film très simple dans sa narration et dans son scénario mais qui touche au plus profond de nous grâce à une mythologie approfondie et des thématiques humanistes importantes et belles. Creed 2, c’est un condensé d’émotions et d’interrogations pour les personnages, devenant de plus en plus humains et bien entendu, de plus en plus crédibles. Bref, nous sommes face à un film coup de poing, qui réussit aussi bien que son aîné, sans jamais dénaturer la licence de base, et en soi, c’est déjà un exploit. Et il est évident que Stallone est formidable, tout comme Dolph Lundgren, à la fois glacial au départ et touchant par la suite.

Note : 18/20

Par AqME

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