Jeruzalem

De : Doron et Yoav Paz

Avec Yael Grobglas, Danielle Jadelyn, Yon Tumarkin, Fares Hananya

Année: 2016

Pays: Israël

Genre: Horreur

Résumé:

Deux jeunes américaines partent en vacances à Jérusalem lors du Yom Kippour.
Mais cette escapade va se transformer en véritable cauchemar quand l’une des portes de l’enfer va s’ouvrir. Le jour du Jugement dernier a sonné…

Avis :

Le cinéma israélien n’est pas spécialement connu pour ses films de genre. Officiant généralement dans le drame, contexte politique et religieux oblige, l’Israël possède pourtant son lot de réalisateurs connus et intéressants à l’image de Ari Folman (Valse avec Bachir) ou encore Eran Riklis. Cependant, depuis quelques temps, on va apparaître un cinéma horrifique de plus en plus prégnant, comme en atteste Rabies sorti en 2013 chez nous ou encore ce Jeruzalem qui nous préoccupe aujourd’hui. Ce qui est intéressant dans ce genre de film, c’est bien évidemment le bagage culturel qu’il amène avec lui. C’est-à-dire qu’un film d’horreur israélien va avoir avec lui des messages différents des films américains ou européens et qu’il va peut-être exploiter un folklore bien à lui. Et avec Jeruzalem, comme on peut s’en douter avec son titre et son lieu, c’est la religion qui sera mise en avant et notamment le jugement dernier. Est-ce bien pour autant ? Non, notamment à cause de sa forme, le found-footage.

Facile à faire, facile à monter, facile à exporter, le found-footage fut la poule aux œufs d’or après l’avènement de Paranormal Activity, des années après le succès monstre du Projet Blair Witch. Un succès qui a par la suite montré ses limites, offrant à chaque fois des films de pire en pire, comme Atrocious, Apollo 18 ou encore The Dinosaur Project. Mais visiblement, cela n’empêche pas certaines personnes de continuer sur ce chemin qui se veut plus proche du spectateur pour mieux lui faire peur. Ainsi donc, Jeruzalem va s’amuser à nous faire prendre la place Sarah grâce à des lunettes interactives qu’elle va porter tout le temps. Juive, elle part en voyage avec sa meilleure amie à Tel-Aviv pour oublier le décès de son frère dans un accident. Dans l’avion, elles rencontrent Kevin qui les invite à venir voir Jérusalem. Elles acceptent et vont se retrouver dans une ville en proie à l’apocalypse, le jour du jugement dernier étant arrivé. Le concept, sur le papier est assez attrayant, encore faut-il maîtriser le found-footage et surtout proposer quelque chose d’intéressant. Là, nous n’aurons droit qu’à des rencontres plus ou moins fortuites, une scène de sexe vite balayée, et une montée de la tension presque nulle, notamment à cause d’une héroïne qui se perd souvent dans les rues de la ville mais qui se fait toujours récupérer par un ami. Visiblement, la vieille ville n’est pas bien grande.

Le problème du métrage provient surtout du message ultra nauséabond qui s’en dégage. Alors que le départ est assez positif d’un point de vue religieux, à savoir un catholique, un musulman et deux juives qui font la fête ensemble au-delà de leur différence de culte, on va vite se rendre compte que les deux frères réalisateurs ont un parti pris très prononcé. Le film baigne constamment dans le béni oui-oui. En effet, l’apocalypse commence alors que les deux nanas ont eu des relations sexuelles avec deux hommes dont les idéaux religieux sont différents des leurs. Et comme par hasard, les deux filles se transformeront plus tard en démon. Il est assez complexe de ne pas y voir une sorte de punition divine, comme si les deux jeunes femmes avaient commis un péché honteux et devaient donc en payer le prix fort. Sans compter sur le catholique qui devient complètement zinzin dès qu’on lui parle de la religion et finit dans un asile de timbrés, et le musulman beau gosse dragueur qui finit par se tirer une balle à cause de la mort de son père. On est vraiment dans un jugement perpétuel en fonction de sa religion et des péchés que l’on peut commettre, et très clairement, ce n’est pas bien.

Et outre le scénario inepte ainsi que son message puant, Jeruzalem pêche grandement dans la justification de l’utilisation du found-footage au sein même de l’histoire. C’est-à-dire que si on fait un film dans ce format-là, il faut qu’il y ait une bonne raison pour que l’on puisse l’avoir sous les yeux. Cela peut-être la découverte d’une vieille VHS, de documents compilés, d’une vidéo montée d’après des images d’archives, etc… Là, on suit bêtement une nana avec ses lunettes connectées et puis c’est tout. Le film ne s’embarrasse jamais de la façon dont on a obtenu ces images et la fin laisse donc à désirer quant à la justification de ce documenteur. Une ineptie qui ne fait que confirmer tout le mal que l’on peut penser de cette entreprise, opportuniste à fond et sûrement très facile à exporter à l’étranger. C’est bien dommage parce que certaines idées sont assez intéressantes, comme la présence des démons avec des ailes, un joli mix entre zombie et être démoniaque et il y a un passage qui est rondement mené dans l’asile de fous, où l’on ressent un peu de tension. Malheureusement, tout cela est noyé dans un maelström de médiocrité et de facilité. Et il est difficile aussi de ne pas y voir de grosses références à Cloverfield, avec des montres géants, les Nephilims, que l’on ne verra que deux fois, de loin, en images de synthèse abusives et qui finalement, ne rajouterons aucune tension, puisqu’on ne les croisera jamais de près, ils ne seront pas une menace et surtout, sur les plans larges, ils ne sont plus présents. Bref, encore une fois, on ne peut qu’y voir de la fainéantise non dissimulée.

Au final, Jeruzalem est un très mauvais film d’horreur qui aurait pu être tellement mieux. Le joli cadre de la ville est peu exploité, et si un passage va retenir notre attention, pour le reste, c’est surtout la migraine qui va prévaloir. Entre une shaky cam abusive, un scénario mal écrit, des personnages peu attachants et une montée en tension quasi inexistante, Jeruzalem est un film à éviter au possible, malgré son côté attrayant et dépaysant. Un film au message putride, au parti pris finalement très religieux et qui n’arrive pas à être universel. Bref, un navet.

Note : 03/20

Par AqME

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