Enlèvement

Titre Original : Devil’s Gate

De : Clay Staub

Avec Milo Ventimiglia, Shawn Ashmore, Amanda Schull, Bridget Regan

Année: 2017

Pays: Etats-Unis, Canada

Genre: Horreur, Science-Fiction

Résumé :

L’étrange disparition d’une mère et son fils dans la petite ville de Devil’s Gate.

Avis :

Faire un film d’horreur comme premier film est l’adage de bons nombres de réalisateurs qui ont par la suite fait une grande carrière. Mais c’est aussi le passage casse-gueule pour certains cinéastes qui n’y voient là qu’un moyen d’entrer par la petite porte dans le septième art. Entre des scénarios parfois trop ouverts et disparates et d’autres au contraire trop restreints et déjà-vus, il faut savoir faire le tri et tente d’aller à l’essentiel sans pour autant péter plus haut que son cul. Malheureusement, ce n’est pas ce qu’a fait Clay Staub pour Enlèvement, plus connu chez nous par son titre original, Devil’s Gate. En effet, avec ce film, le réalisateur d’origine canadienne va faire un pot-pourri de différents sous-genres afin de brouiller les pistes d’un métrage déjà perdu d’avance. A la fois thriller, horreur et science-fiction, Devil’s Gate essaye désespérément de bouffer à tous les râteliers, d’embrouiller le spectateur et de fournir des personnages qui ne savent plus trop ce qu’ils doivent faire. Du coup, on se doute bien que le résultat ne sera pas satisfaisant.

Pourtant le film partait sur de bonnes bases. On va suivre un homme qui tombe en panne de voiture et qui va toquer à la porte d’une ferme lugubre pour demander de l’aide. Malheureusement, il tombe dans un piège et meurt. Par la suite, on va suivre une jeune agente du FBI qui est mandatée sur une enquête portant sur la disparition d’une femme et d’un enfant. Alors qu’elle se rend dans la ferme du début où vit le père de famille qui a perdu sa femme et son fils, elle va découvrir un lourd secret, une bestiole est enfermée dans le sous-sols et alors qu’un orage éclate, d’autres bêtes vont envahir la ferme. Très clairement, on voit bien que le film essaye de mélanger plusieurs genres pour surprendre à chaque climax le spectateur. Le problème, c’est que cela ne marche jamais vraiment, la faute à une tonalité mal équilibré et surtout des acteurs qui n’en ont rien à foutre.

Le début était prometteur car malgré le ridicule de la mort du premier type, il y a une vraie ambiance qui se dégage de la mise en scène et de la photographie. C’est assez lugubre, c’est sombre, c’est glauque à souhait avec la présentation d’un homme étrange, colérique et qui cache un lourd secret. Tout ce premier passage, jusqu’à son arrestation, montre que Clay Staub maîtrise son sujet et n’est pas un manche derrière la caméra. Il y a une réelle montée de la tension, un sens du rythme et les effets de peur sont plutôt efficaces, bien loin des jump scare inutiles. La découverte de la bestiole au sous-sol est relativement bien faite et sera le premier twist du film, amenant alors Devil’s Gate vers le chemin de l’horreur. Là aussi, le fait que le film soit sombre et glauque dans son ambiance favorise une certaine tension et renforce le mystère autour du personnage incarné par Milo Ventimiglia.

Seulement, le film ne va pas réussir à tenir ses engagements. A partir du moment où l’on découvre le pot aux roses, le film va dégringoler progressivement pour ne devenir qu’un film bordélique sans queue ni tête. On va basculer dans une partie horreur qui va tenir du Home Invasion. Des aliens vont venir s’inviter à la fête pour récupérer l’un des leurs et les humains vont tout faire pour les en empêcher, voulant, de leur côté, récupérer l’enfant enlevé. La tension ne va jamais vraiment rester au cours de cet arc, la faute à une mauvaise gestion des personnages et de leurs réactions. Milo Ventimiglia, colérique et sanguin, va finir par faire n’importe quoi sans qu’il en soit inquiété. Shawn Ashmore, neurasthénique au possible, ne va faire que subir sans jamais élever la voix. Amanda Schull ne servira strictement à rien à part essayer de comprendre ce qui lui arrive. Tout ce petit monde va constamment aller à contre-courant de ce qu’il devrait faire et on va retrouver des moments gênants, comme ce twist final, débile au possible et hautement improbable.

C’est d’ailleurs là l’un des très gros défauts du film. Alors qu’il démarre de façon claire et concise, il va partir en couille trop vite pour explorer des chemins sinueux qui n’ont pas vraiment leur place. On ne saura que trop peu de choses sur les créatures, dont les designs laissent à désirer, mais en plus de cela, après le côté thriller, après le côté horreur, après le côté science-fiction, le film s’embourbe dans un quiproquo d’humanité, où les aliens ont fait des manipulations afin que le père soit l’un d’eux mais avec un physique humain afin de procréer des petits aliens sur Terre. Ce passage-là est ridicule au possible, il intervient comme un cheveu sur la soupe et n’apporte en plus aucune épaisseur au scénario, embrouillant plus qu’autre chose un spectateur déjà sonné par tant de bêtises d’un coup. La réalisation en prend un coup aussi, n’arrivant jamais à maintenir une tension palpable, la faute à des effets spéciaux low cost et surtout des attaques virulentes mais qui ne marquent pas la rétine car trop rares ou trop dans la surenchère. Mais le pire reste l’incohérence constante du film, qui oublie parfois que ces personnages sont blessés comme Shawn Ashmore qui se prend un carreau d’arbalète dans la jambe mais qui peut courir comme un cabri ou encore le fait que l’agent du FBI prenne l’alien pour du gibier alors qu’il est de forme humanoïde. Bref, des passages complètement débiles qui décrédibilisent tout le métrage.

Au final, Enlèvement, ou Devil’s Gate, ce qui a plus de classe tout de même, est un film d’horreur qui partait sur des bases assez intéressantes avec une belle ambiance et une mise en scène soignée. Malheureusement, à force d’en rajouter et d’en faire des caisses, Clay Staub plante progressivement son film, le rendant ridicule à plus d’une reprise et n’arrivant jamais à avoir une bonne direction d’acteurs. Bref, un mauvais premier film mais qui peut mettre en avant un réalisateur avec du savoir-faire s’il ne s’éparpille pas trop.

Note : 07/20

Par AqME

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