Lake Placid – L’Héritage

Titre Original : Lake Placid Legacy

De : Darrell James Roodt

Avec Katherine Barrell, Tim Rozon, Sai Bennett, Joe Pantoliano

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Désireux de mettre au jour un territoire qu’aucune carte n’avait jamais répertorié, de jeunes explorateurs s’aventurent sur un lac qui se révèle être le repaire d’un monstre marin féroce.

Avis :

Il n’est jamais bon de voir des franchises de films d’horreur s’évertuer à exister lorsque les suites du premier métrage sont d’infâmes bouses et que petit à petit la licence finisse sur des chaînes du réseau câblé. En 1999, Steve Miner continuait son petit bonhomme de chemin dans l’horreur en proposant Lake Placid, un film sur un crocodile géant mangeur d’hommes. Si sur le papier cela prête à sourire, le film s’est révélé plutôt bon tout en affichant un joli casting avec Bill Pullman et Bridget Fonda. Comme tout film d’horreur qui marche et qui obtient un semblant de buzz, il a fallu que des producteurs véreux en fassent des suites sans réel rapport avec l’œuvre originale. Ainsi donc, près de vingt ans plus tard, on se retrouve avec un cinquième opus de la saga, destiné uniquement à la VOD alors que les deux précédents volets n’étaient visibles que par le marché du DTV. Bref, une licence dont le chemin de vie laisse à désirer et ce n’est pas ce dernier opus qui va venir dire le contraire.

Il faut dire que l’on croyait le chapitre clos avec le chapitre précédent puisqu’il s’intitulait Lake Placid Chapitre Final, mais il faut croire que tout est possible. Délaissant les crocodiles préhistoriques pour se focaliser sur un hybride créé par l’homme dans un laboratoire secret, Lake Placid l’Héritage se révèle être une immonde merdasse qui n’a absolument rien pour lui. Le pitch de base est déjà bien mauvais. On va suivre une bande de potes qui vont de l’urbex et de l’écologie. L’un de leur concurrent, un certain Dan, leur lance le défi de pénétrer sur une île mystérieuse où une société détient une usine à l’abandon. Relevant le défi, la bande va pénétrer dans ce lieu qui cache des manipulations génétiques pour faire des crocodiles géants pour le bien de l’humanité. Sauf que la bête est en liberté et que nos pauvres hères doivent survivre tant bien que mal. Comme on peut le voir, on ne va pas échapper à la règle tout pétée comme quoi il faut un semblant de fond dans le film d’horreur. Ici, on essaye d’aborder l’écologie de manière maladroite et indigne d’un dessin animé pour nourrisson. C’est bas de plafond, mais surtout, ça ne sert à rien. Pas besoin de parler écologie pour placer des personnages face à une grosse bestiole et cette note d’intention prouve toute la maladresse du projet.

Ensuite, il y a aussi un énorme problème d’écriture en ce qui concerne les personnages. Hormis le fait qu’ils font de l’urbex, que l’un d’entre eux est spécialisé dans le hacking et qu’un couple a prévu de se marier, pour le reste, on reste dans la chair à canon pur jus qui ne possède aucun background. C’est bien simple, le film ne veut pas s’attarder sur les personnages et de ce fait, on ne s’attache pas à eux. Et c’est stupide, car quand on fait un film avec un tout petit budget, il semble logique de s’appuyer sur des personnages forts et pas sur une créature en CGI dégueulasses. Lake Placid Legacy ne fournit rien de probant, que ce soit en termes de personnages ou encore d’acteurs, qui sont tous plus lisses les uns que les autres et entretiennent des fonctions banales, comme le connard de base, le génie informatique, la froussarde ou encore le leader qui se sacrifie par la suite. L’ensemble est donc vraiment inintéressant au possible et le réalisateur ne fait rien pour entretenir un semblant de tension.

D’ailleurs, la mise en scène sera complètement transparente. Outre le fait de placer son intrigue dans un bâtiment gris dégueulasse sans pour autant varier les décors, Lake Placid Legacy bénéficie d’une sublime absence de cadre et d’envie de faire peur au spectateur. Si certains passages essayent d’être tendus avec une ambiance moite, on déchantera très vite lorsque le monstre arrivera avec ses pixels et sa démarche chaloupée. D’ailleurs, on notera vite des incohérences comme le fait que les protagonistes entendent le rugissement de la bête mais pas les coups de feu qui le précèdent. Le film s’évertue aussi à disperser ses personnages pour offrir une narration en deux lieux différents, mais cela ne change rien au fait qu’il ne se passe pas grand-chose. Tout comme les mises à mort qui sont ridicules. Si on met de côté celles où l’on ne voit rien hormis une giclure de sang, on pourra voir que le crocodile est une précieuse, décapitant ses proies avant de laisser les corps, où poursuivant ses victimes dans des conduits qui lui sont normalement inaccessibles via sa carrure. Encore une fois, l’incohérence prime sur l’ambiance et une certaine crédibilité. Tout comme la fin débile au possible. Mais cela n’est finalement rien face à l’humour abject qui parsème le métrage, même dans les moments d’extrême tension, comme ce passage où le soi-disant héros se sacrifie pour buter la bestiole. Un moment très gênant qui n’apporte rien à personne, si ce n’est la preuve de la malhonnêteté d’un tel projet.

Au final, Lake Placid Legacy suit les mêmes chemins cyniques que ses aînés, crachant de façon éhontée dans la soupe de Steve Miner et son bon film, le premier Lake Placid. Avec ce dernier opus en date, on se retrouve face à un DTV bas de gamme, bourré à la ras la gueule de mauvais goût et de personnages fonctions insupportables, le tout porté par une mise en scène sans génie et un monstre de pixels absolument imbuvable. Bref, une purge de plus dans le domaine du survival animalier et c’est presque étonnant de ne pas retrouver Asylum derrière une telle prouesse de mauvais goût.

Note : 02/20

Par AqME

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