Devin Townsend Project – Transcendence

Avis :

Il arrive que parfois, on retient plus les noms de certains musiciens que leurs groupes à proprement parlé. Que ce soit à cause d’une technique parfaite, d’un chemin de croix sinueux ou tout simplement du nom du groupe, certaines personnes deviennent les icones de toute une bande. On peut évoquer Marylin Manson, Jonathan Davis de Korn ou encore Fred Durst de Limp Bizkit. Mais il arrive aussi que cette notoriété qui prend le pas sur le groupe soit une volonté de la personne afin de montrer son contrôle sur la musicalité de l’ensemble. Ce qui est le cas pour Devin Townsend qui entame une carrière solo à la fin des années 90 et qui va monter petit à petit différents groupes avec différentes personnes plus ou moins influentes dans le monde du métal. C’est en 2009 qu’il fonde le Devin Townsend Project, avecdes musiciens à chaque fois différents pour produire des albums qui ne se ressemblent pas. Et après six albums, on aurait pu croire que ce projet allait battre de l’aile, surtout d’après les dires du frontman, qui semblait à court d’idées. C’est alors qu’il va mettre son égo de côté et qu’il va laisser plus de champ libre à ses camarades, offrant juste les riffs et les paroles. Ne serait-ce pas là sa meilleure idée pour donner un album assez impressionnant ?

Le skeud débute avec Truth, un titre grandiloquent qui envoie du lourd au niveau des riffs et qui n’hésite pas à faire participer un énorme chœur vocal. C’est assez puissant et comme introduction, ça se pose comme une énorme patte de mammouth. Il s’agit pourtant d’une reprise réenregistrée pour l’occasion, issue de l’album Infinity de 1998, mais dès le départ, cela donne une patate d’enfer et on a rapidement envie d’aller voir plus loin. C’est alors que démarre Stormbending, un gros titre bien long qui va mettre en évidence le côté un peu prog du groupe. La structure est assez complexe, les paroles ne sont pas le plus importants et ce qui prévaut avant tout, c’est clairement une sorte d’apesanteur qui baigne tout le titre. C’est à la fois aérien et assez lourd d’un point de vue rythmique, et l’ensemble tient parfaitement la route. Mais le titre le plus fort de cet album reste Failure, qui arrive juste après. Avec ce morceau, Devin Townsend fait preuve d’un savoir-faire vertigineux. Entre Heavy, Prog et passage Hard, il s’agit-là du titre le plus synthétique de tout ce qui symbolise Devin Townsend. Non seulement c’est musicalement irréprochable, mais en plus de cela, c’est tout simplement beau. Le solo est à tomber par terre, les rythmes varient de façon exemplaire et la structure se module au gré des envies des musiciens qui offrent quelque chose de lourd, mais de tout simplement beau. Et cela même avec un grognement lâché à la fin du solo. Bref, du très grand art.

Par la suite, le groupe va se calmer un petit peu et fournir une pièce intéressante mais qui reste bien en deçà de la production précédente. Secret Sciences est un morceau agréable, assez long, mais qui manque de piquant, de nervosité, se voulant plus léger, plus calme et même un poil plus pop tout en gardant une certaine noirceur. Cependant, il ne faudra pas attendre bien longtemps avant de réentendre le groupe à son meilleur, puisque Higher est tout simplement une nouvelle tuerie. Très long, dépassant les neuf minutes, avec ce titre, on va passer par tous les stades du métal et c’est assez ébouriffant. Ce morceau est très complexe à appréhender, mais il prend son temps pour maintenir une ambiance presque christique avant de lâcher la bride et de fournir une orchestration impressionnante et dantesque. Par la suite, tous les autres morceaux vont sembler un peu moins bien, même s’ils demeurent d’un acabit assez grandiloquent, comme le montre Stars par exemple et ces chœurs féminins, ou encore Transcendence et son aspect symphonique, presque sacré. On notera quelques pointes électro avec Offer Your Light et sa rythmique Power imparable ou encore From the Heart qui peut se voir comme la ballade de l’album, un morceau simple et doux. Bref, avec cet album, on ressent tout le pouvoir entre les mains de Devin Townsend, qui semble prendre un pied monstre en laissant finalement plus de liberté à ses musiciens et cela se ressent grandement. Le seul gros reproche que l’on pourrait faire à cet album, c’est qu’il reste très, peut-être même trop, grandiloquent, se voulant épique à chaque fois et c’est parfois ronflant.

Au final, Transcendence, le dernier album en date de Devin Townsend Project, est un très gros morceau et il est assez difficile de l’appréhender dans toute sa splendeur. C’est beau, c’est épique, c’est puissant, parfois un peu trop, ne sachant jamais quand il faut lâcher du lest pour faire plus simple, mais c’est aussi à l’image de son leader, un personnage hauts en couleurs, généreux et ne sachant pas faire dans la demi-mesure. Bref, un excellent album, parfois imparfait, mais d’une efficacité implacable.

  • Truth
  • Stormbending
  • Failure
  • Secret Sciences
  • Higher
  • Stars
  • Transcendence
  • Offer Your Light
  • From the Heart
  • Transdermal Celebration

Note : 17/20

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net