The Faceless – In Becoming a Ghost

Avis :

Pour beaucoup, le Death Métal est un genre extrême très difficile d’accès et à quelque part, ce n’est pas totalement faux. Et si en plus on y rajoute un peu de Prog, on peut dire que la coupe est pleine et que le quidam alimenté à la pop aura tôt fait de dire que c’est inécoutable, en plus d’être bien trop violent. Sauf que voilà, The Faceless ne s’adresse pas à n’importe quel pequenot, et il faut savoir où l’on fout les pieds avant de se jeter à corps perdu dans ce quatrième album. The Faceless est un groupe qui se forme en 2004 avant de sortir un premier disque chez Sumerian Records en 2006. Le groupe se fait connaître, enchaîne avec un deuxième opus deux ans plus tard, puis prend son temps pour fournir un troisième effort en 2012. Batifolant dans un Death Prog étrange et protéiforme, The Faceless est aujourd’hui le groupe d’un seul homme, Michael Keene, qui s’occupe de toutes les voix, de la guitare et des claviers. Pour le reste, il piochera dans des musiciens pour l’accompagner sur scène. Cependant, The Faceless est un groupe qui divise pas mal et il paraîtrait que le troisième album était relativement mauvais. Reste à savoir ce qu’il en est de ce dernier album en date, In Becoming a Ghost.

Le skeud débute avec une petite introduction à la voix suave. On ressent une volonté de mettre en avant une atmosphère lugubre et délétère à la manière d’un film d’horreur. Le groupe réussit bien son coup et nous donne envie d’aller voir plus loin. Mais dès le départ, Digging the Grave va calmer rapidement tout le monde. Entre un rythme insupportable, trop rapide et non mélodieux et un hurlement aigu, The Faceless dévoile son vrai visage entre Black, Djent et Death, autant dire que ce morceau fait mal aux tympans dès son début. Le chanteur enchaîne les growl gutturaux, la batterie semble pied au plancher avec une double-pédale pénible et redondante et tout cela donne plus la migraine qu’autre chose. Fort heureusement, le morceau se calme assez vite et le chanteur va prendre une voix plus claire pour imposer un style plus lent, plus intéressant. En fait, le morceau est assez long et tente de varier les tempos et les mélodies. On aura même droit à des flûtes avec une double-pédale et un cri comme au départ de la musique. C’est très étrange et cela ne sert pas vraiment à grand-chose malheureusement. C’est presque ridicule et cela enlève de la crédibilité au groupe, malgré une technique irréprochable et des solos de guitares parfaits. On retrouvera ce problème avec Cup of Mephistopheles, qui contient des moments imbuvables alors qu’il y a une vraie volonté de créer une atmosphère angoissante, presque gothique.

Et c’est d’ailleurs là-dessus que le groupe va marquer des points, son ambiance générale. Ce qui avait été reproché au groupe avec le précédent album, c’est qu’il manquait cruellement d’atmosphère et il en devenait trop superficiel. Avec In Becoming a Ghost, le groupe change son fusil d’épaule et tente des choses qui sont parfois intéressantes. A titre d’exemple, on peut citer le très violent mais maîtrisé Shake the Disease qui peut paraître déroutant au départ, mais qui contient un refrain assez intéressant et à contre-courant du rythme ultra rapide. Mais c’est surtout dans son instrumentalisation que le titre va gagner des points, n’hésitant pas à partir dans quelque chose de très théâtral. On peut aussi citer Black Star, un morceau assez dark mais qui arrive à trouver un el équilibre entre le growl et le chant clair, ce qui est plutôt agréable. On reste dans quelque chose de virulent, mais qui possède une mélodie prenante. I Am est aussi un titre plutôt plaisant, qui se termine de façon assez épique, avec une belle ligne de basse qui tabasse bien comme il faut. Ces différents morceaux montrent à quel point le groupe est talentueux et peut être capable de nous surprendre avec des titres complexes, bien construits, mais qui trouvent un équilibre intelligent entre violence Black et mélodie Death. Néanmoins, cet album manque aussi de titres entièrement percutants et mémorisables. Entre des structures trop complexes et des morceaux trop longs, le groupe rate le coche du hit imparable.

Au final, In Becoming a Ghost, le dernier album en date de The Faceless, n’est pas un mauvais moment comme a pu l’être le précédent skeud. Au contraire, avec cet effort, les californiens retrouvent un semblant de fougue maîtrisée et surtout, prennent leur temps pour poser des ambiances assez angoissantes et plutôt bien fichues. Il est juste dommage que parfois la violence et la vitesse l’emportent sur la mélodie et que l’on est à la limite de l’écoutable. Bref, un album de Death Prog pas inintéressant, encore faut-il adhérer à ce genre de délire assez extrême.

  • In Becoming a Ghost
  • Digging the Grave
  • Black Star
  • Cup of Mephistopheles
  • The Spiraling Void
  • Shake the Disease
  • I Am
  • Ghost Reprise
  • (Instru)mental Illness
  • The Terminal Breath

Note : 12/20

Par AqME

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