La Couleur du Mensonge

Titre Original : The Human Stain

De : Robert Benton

Avec Anthony Hopkins, Nicole Kidman, Gary Sinise, Ed Harris

Année: 2003

Pays: Etats-Unis, France, Allemagne

Genre : Drame

Résumé :

Accusé d’avoir tenu des propos racistes envers deux étudiants, Coleman Silk, brillant professeur de lettres, démissionne brutalement de son université. Déterminé à mener une guerre contre le « politiquement correct », il décide d’approcher un écrivain de talent, à même de raconter son histoire.
Alors qu’une solide amitié se tisse rapidement entre les deux hommes, Coleman fait la rencontre d’une jeune employée de son ancienne faculté. Tourmentée et sulfureuse, cette relation passionnelle va faire chavirer ses certitudes et son existence. De profonds secrets refont alors surface. Confesser la vérité aurait pourtant changé le cours de sa vie…

Avis :

Réalisateur américain, Robert Benton est un cinéaste qui a connu son heure de gloire vers la fin des années 70 et dans les années 80. Des films comme « Kramer contre Kramer » ou encore « La Mort aux enchères » font partie des piliers de sa filmographie. Mais depuis la fin des années 80, même si le réalisateur exercera jusqu’au milieu des années 2000, on ne pourra pas dire que Robert Benton nous aura fait rêver ou frissonner. Il y aura bien en 1995 « Un homme presque parfait » avec Paul Newman, ou encore le sympathique mais oubliable « Billy Bathgate« , mais dans l’ensemble, la carrière de Robert Benton est peu à peu sur le déclin.

Après cinq années de silence, c’est en 2003 que Robert Benton reprend du service pour un avant-dernier film qui avait tout pour être intéressant. Un casting de luxe, un titre énigmatique, une adaptation d’un écrivain en or, Philippe Roth, un drame qui allait forcément faire son effet, mais malheureusement, rien de tout ceci, ne va prendre vie à l’écran. Si « La couleur du mensonge » brille par son excellent casting, on n’y trouvera pas grand-chose de plus pour nous emporter. Conventionnel, longuet, cette rencontre entre deux accidentés de la vie a bien du mal à nous toucher et c’est vraiment dommage.

Coleman Silk est un vieux professeur qui exerce encore dans une prestigieuse université. Alors qu’il eut une brillante carrière, ce dernier se fait remercier pour un mot mal placé, qui serait à consonance raciste. Le jour de son renvoi, Coleman perd son épouse. Dépassé, aigri, quelques mois plus tard, Coleman retrouve quelque peu le goût de vivre grâce à un nouvel ami, un voisin du nom de Nathan Zuckerman, mais surtout grâce à sa rencontre avec Faunia Farley, une jeune femme divorcée que la vie n’a pas épargnée. Ensemble, ils vont se reconstruire et peut-être oseront-ils se délivrer de leur secret avant qu’il ne soit trop tard…

Quelle déception que cette « … couleur du mensonge« . Avant dernier film pour Robert Benton, qui réunit pourtant ni plus ni moins que Anthony Hopkins (très bon, ceci dit), Nicole Kidman (énigmatique et forcément fascinante), Gary Sinise, Ed Harris et Wentworth Miller, ce film avait beaucoup d’éléments sur le papier pour être un drame puissant, mais au final, on n’a eu bien peu de chose auxquelles se raccrocher.

Alors bien entendu, malgré ce que j’en dis-là, « La couleur du mensonge » n’est pas un film détestable, il a même ses bons côtés et plus encore, il peut se laisser regarder, surtout quand il nous entraîne dans ses flashbacks, car c’est là que « La couleur du mensonge » devient plus « prenant », ou du moins plus intéressant.

Le scénario est donc construit sur un mensonge. Le mensonge d’un vieil homme, qui alors qu’il rencontre ce qu’il appellera son dernier amour, se remémore sa vie de jeune homme et le choix très difficile qu’il a été obligé de faire pour s’assurer un avenir. Le gros problème de ce film, c’est qu’il est intéressant un coup sur deux. Le présent et cette rencontre entre Hopkins et Kidman n’arrive pas vraiment à convaincre, surtout parce que finalement, on ne sait pas trop de quoi le film veut nous parler sur cette temporalité-là. Entre l’histoire d’amour de ces deux écorchés par la vie, cet ex-mari jaloux, le secret de Kidman et le regard du meilleur ami d’Hopkins ainsi que l’enquête qu’il fera par la suite, ce scénario apparaît comme brouillon, faussement complexe et surtout superficiel. Et ce constat est d’autant plus dommage, parce que quand l’intrigue bascule dans le passé, « La couleur du mensonge » tient de très beaux sujets et Robert Benton arrive très bien à nous les raconter. De ce côté-là, le titre du film prend tout son sens, et le drame est là et heureusement que « La couleur du mensonge » bascule régulièrement dans le passé, car c’est bien l’un des seuls éléments qui arrive à nous « captiver ».

On ressort donc déçu de ce film signé Robert Benton. « La couleur du mensonge » se laisse regarder entre ennui et quelques envolées, mais franchement, avec une telle histoire et un tel casting (heureusement qu’il est là d’ailleurs, car lui aussi rehausse quelque peu le film), on attendait bien mieux de la part de Robert Benton. Bref, décevant et oubliable…

Note : 09/20

Par Cinéted

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