Au Bout des Doigts – Les Ongles

De : Ludovic Bernard

Avec Lambert Wilson, Jules Benchetrit, Kristin Scott Thomas, Karidja Touré

Année: 2018

Pays: France

Genre: Drame

Résumé:

La musique est le secret de Mathieu Malinski, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » et rencontre Anna dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…

Avis:

Ludovic Bernard est un réalisateur français qui a créé la surprise l’année passée avec un premier film réussi, « L’ascension« . Alors que ce premier film avait beaucoup d’arguments pour lui pour être une comédie loudingue et pleine de facilité comme le cinéma français nous en offre beaucoup ces derniers temps, Ludovic Bernard avait su éviter tous les pièges et finalement il nous avait offert un bon et joli moment. Bon, par la suite, toujours en 2017, Ludovic Bernard n’a pas vraiment réussi à passer le cap du deuxième film, puisqu’il était tombé dans ce que je citais plus haut avec son « Mission Pays Basque« .

Voici donc Ludovic Bernard de retour sur les grands écrans un peu plus d’un an après, avec un troisième film, « Au bout des doigts » et c’est partagé entre la sympathie et un certain sentiment de déjà vu que je ressors du film. « Au bout des doigts« , c’est le genre de film qu’on a déjà vu mille fois, c’est le genre de film dont on en connaît les règles par cœur et pourtant, malgré ce sentiment de déjà vu, quand c’est bien fait, c’est bien fait, et sans qu’ »Au bout des doigts » ne transcende le genre ou marque de son empreinte la fin de l’année, l’ensemble reste sympa à suivre et finalement, le spectacle (musical) vaut son petit coup d’œil.

Mathieu habite dans une banlieue parisienne qui n’est pas des plus faciles. Mathieu traîne avec ses potes et il ne sait trop quoi faire de sa vie qui, finalement, n’a pas l’air d’avoir d’autre avenir que les petits business, les petits vols et autres cambriolages. Ce que ne savent pas les potes de Mathieu, c’est qu’en secret, il est animé par la musique qu’il a appris depuis tout petit. Pour canaliser son envie de jouer de la musique, et du piano plus précisément, Mathieu va souvent à la gare du nord, jouer sur le piano mis à disposition et c’est là que les notes et l’attitude de Mathieu sont remarquées par Pierre Geithner, le directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Dès lors, envers et contre tous, Mathieu inclut, Mr Geithner va imposer Mathieu et aider Mathieu. Pour Mathieu, c’est LA chance de sa vie, mais saura-t-il la saisir ?

Un film qu’on a déjà vu, revu et re-revu dans ce qu’il raconte est-il forcément mauvais, et plus loin encore, a-t-il son utilité dans le paysage du cinéma ? Des films sur des jeunes sur qui l’on ne parierait pas un kopeck et qui sont de vraies révélations, évoluant et s’imposant dans un monde qui n’est pas le leur, on en a vu des tonnes et des tonnes. Là, comme ça, je pense à Billy Elliott, « La famille Bélier« , « Save the last dance« , « Whiplash« , on pourrait même y ajouter « Sister act 2 » tant les ficelles scénaristiques sont les mêmes dans ce qu’elles racontent.

Sur le papier donc, il est vrai qu’ »Au bout des doigts » ne convainc pas au premier coup d’œil et pourtant, le troisième film de Ludovic Bernard est une bonne petite surprise dans le sens où il offre un parcours sympathique, des personnages attachants, une réflexion loin des clichés sur les différences de classe sociale. « Au bout des doigts » parle aussi très bien de la musique, de l’engagement qu’elle impose, sur sa rigueur, il parle bien de cette passion qui anime et s’impose. Évidemment, il parle aussi très bien du dépassement de soi, de l’humilité et de la confiance. On sera touché par ce personnage perdu, orgueilleux, mais fragile, qui finalement doit oser parcourir à la conquête de son rêve d’enfant. Et ce personnage est bien campé par Jules Benchetrit, dont c’est le premier grand rôle.

Déjà vu, « Au bout des doigts » l’est aussi dans sa mise en scène assez classique, qui ne sort pas des carcans habituels pour ce genre de métrage. Mais malgré là aussi ce côté déjà vu, le film de Ludovic Bernard fait très bien le travail et offre ce que l’on est venu chercher, avec même quelque jolies envolées, notamment et évidemment dans les scènes musicales où le spectacle auditif est au rendez-vous.

Il n’y a donc pas grand-chose de plus à dire finalement sur ce troisième film de Ludovic Bernard. « Au bout des doigts » est déjà vu, mais il est bien fait, il est joliment mis en scène, il est bien tenu, il offre ce que l’on est venu chercher, il impose Jules Bencherit et offre de beaux rôles pour Lambert Wilson (qui est touchant) et Kristin Scott-Thomas. Bref, « Au bout des doigts » rattrape le désastre que fut « Mission Pays Basques« , et sans être essentiel, il mérite son petit coup d’œil.

Note : 13/20

Par Cinéted

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