décembre 5, 2020

La Guerrière des Highlands – Cassandra Du Lac

Auteure : Cassandra Du Lac

Editeur : HQN

Genre : Romance, Historique

Résumé :

Elle n’a peur de rien, sauf d’aimer Depuis qu’elle a assisté au massacre de son clan par les Vikings alors qu’elle n’avait que neuf ans, Gwenn n’a plus qu’une idée en tête : venger les siens. Devenue une guerrière impitoyable, elle a toujours mis un point d’honneur à mener ce combat seule, sans l’aide de personne. Alors, quand Rory MacLeod lui propose de s’allier contre leur ennemi commun, sa première réaction est de refuser : elle est la chef du clan MacDonald et aucun homme ne lui dictera sa conduite ! Pourtant, quand elle repense à son entrevue avec Rory, Gwenn ne sait plus très bien ce qui la retient d’accepter : l’orgueil d’une chef ou la peur d’une femme face à ses sentiments ?

Avis :

La guerrière des Highlands est un roman qui se lit vite et qui est principalement basé sur une histoire d’amour peu originale, aux rebondissements et résolutions d’évènements attendus. Tout semble couler de source : une rencontre, un début d’amour, un malentendu, une dispute qui se finit bien et une fin heureuse. Le récit n’étonne guère et c’est bien dommage. Malgré cela, on s’attache tout de même aux protagonistes même s’ils manquent cruellement de profondeur pour certains.

L’auteure ne s’éparpille pas en descriptions et c’est ce qui est un des plus gros défauts du livre. Même si ce qui est autour d’une histoire d’amour peut souvent apparaître comme superflus, surtout pour ce genre de narration dont le but recherché est davantage l’émancipation de la passion amoureuse, il reste tout de même agréable d’avoir un contexte prenant pour donner une dimension plus complexe et marquante à l’histoire. Typiquement, ici, le roman se situe en plein dans les invasions vikings, qui est une période historique regorgeant d’informations exploitables.

L’auteure ne prend pas le temps de nous décrire les paysages magnifiques des Highlands et de ces terres qu’ont autrefois foulé nos ancêtres. Au niveau historique, cela aurait été vraiment intéressant d’en apprendre plus sur les coutumes des peuples principaux mentionnés : les Ecossais et les Vikings. Finalement, la romance pourrait se passer un peu à n’importe quel moment. Il n’y a que la vengeance et les traumatismes de Gwenn qui nous plongent véritablement dans cette époque lointaine où la violence était banalisée et où les massacres étaient bien plus fréquents et barbares.

Gwenn a un passé complexe qui nous captive plutôt. Elle évolue dans le roman et les réflexions qu’elle a, tout comme les dialogues qu’elle entreprend, sont intelligents et montrent une maturité sûre. Le fait qu’elle doive devenir chef de clan avant l’âge l’a fait grandir trop vite. On ressent tout de même chez elle une férocité cachée, une souffrance qui se dissimule et les émotions de la petite fille qu’elle n’a jamais pu être. Entre femme forte et âme fragile, Gwenn est intéressante à suivre.

Son caractère est plaisant et cohérent, donnant de belles scènes de batailles et de savoureux débats avec ceux qu’elle croise. Femme fatale et garçon manqué, la jeune héroïne a appris à se battre avec Wang, un combattant japonais féru aux arts martiaux. Le roman en décrit certaines composantes, comme les vêtements nécessaires ainsi que certaines prises, via des termes en version originale. On en apprend plus sur les traditions martiales japonaises que sur la culture écossaise, ce qui est assez étrange tout compte fait.

Rory, l’autre personnalité du couple, apparaît rapidement comme quelqu’un de gentil et de généreux, ce qui peut paraître contradictoire avec les descriptions qu’on nous fait de lui au début du livre. Il est sensible et attentionné, presque un vrai prince charmant et s’occupe de Gwenn comme il faut. Il paraît parfois si parfait, que l’on a du mal à le voir comme une personne réelle plutôt que comme l’émanation du désir de l’Homme idéal. Il a évidemment quelques défauts, mais ils ne sont rien comparés à ceux de Gwenn dont les peurs, les angoisses et les colères sont plus marquées.   

Les autres personnages sont plutôt flous car pas aussi bien mis en valeur et décrits que l’on le voudrait. Ce sont des amis, de la famille et leur présence amène des situations amusantes ou embarrassantes pour nos héros. Ils sont surtout là pour aider Gwenn à avancer et à décider. On ne sait quasiment rien d’eux, de leur vie, de leurs passions. Dans le roman, on les voit particulièrement lorsqu’il s’agit de se battre. Les scènes de guerre sont d’ailleurs bien travaillées et agréables à lire.

Les Vikings sont décrits de manière très péjorative dans le récit, et il fallait s’y attendre au vu du parti pris de l’auteure pour les Ecossais. Au-delà de ce fait, on repère facilement quelques stéréotypes classiques et les quelques lignes se rapportant au chef ennemi sont si peu intéressantes que l’on pourrait s’en passer. Elles nous le montrent en barbare répugnant, ne souhaitant que des terres et la mort de ses habitants, sans qu’aucun de ses propos ne soient utiles à l’intrigue, si ce n’est nous le montrer comme quelqu’un d’oubliable et peu charismatique. Le méchant de l’histoire n’est ainsi pas les Vikings, ou leur chef, mais davantage les traumatismes de Gwenn et son amour pour Rory.

Le roman fait bien son travail : l’histoire de cœur est sympathique, sans plus, et fait passer un bon moment de lecture. On se surprend à se réjouir que tout se termine bien et l’ambiance est bien apaisante. La guerrière des Highlands est un roman agréable qui décrit les émotions d’une belle manière, tout comme les combats intérieurs qui peuvent survenir quand on ne sait plus vraiment qui on est et qui on veut être.

Note : 11,5/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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