Bumblebee – Transformers Origins

De : Travis Knight

Avec Hailee Steinfeld, John Cena, Jorge Lendeborg Jr., Jason Drucker

Année: 2018

Pays: Etats-Unis

Genre: Action, Science-Fiction

Résumé:

En 1987, alors qu’il est en fuite, l’Autobot Bumblebee trouve refuge dans la décharge d’une petite ville balnéaire de Californie. Il est découvert, brisé et couvert de blessures de guerre, par Charlie, une ado qui approche de ses 18 ans et cherche sa place dans le monde. Et quand elle le met en marche, elle se rend vite compte qu’il ne s’agit pas d’une voiture jaune ordinaire.

Avis :

Après 5 opus réalisés par Michael Bay, Paramount décide de tenter autre chose avec Bumblebee. Ce premier spin-off de la saga Transformers se concentre sur le robot jaune. Un choix judicieux tant Bee reste l’autobot qui dégage le plus de sympathie. Pour succéder à Michael Bay, le studio choisit Travis Knight à qui l’on doit le récent et excellent Kubo. Une chose est certaine, Paramount a atteint le but recherché : un Transformers sensiblement différent des trips bourrés d’effets spéciaux précédents. Mais est-ce que c’est bien ?

Quand Transformers se la joue E.T.

Bumblebee se la joue blockbuster intimiste, par le prisme de la technique Spielberg : l’enfance face à l’inconnue, (traduire passage à l’âge adulte), dans une aventure pleine de rebondissements. Travis Knight joue avec les clichés de ce genre de film et offre à son œuvre d’étonnantes touches à la Steven Spielberg. Une jeune fille, dans les années 1980, un petit côté rétro, et une rencontre qui se veut touchante et originale. Ce nouveau Transformers n’est pas sans rappeler E.T. comme dans le film de Spielberg, c’est une enfant qui tombe sur l’extraterrestre, qu’elle va cacher aux yeux du monde, et surtout des militaires, pour le protéger et lui permettre de rentrer chez lui. Bumblebee force fortement sur ce genre d’histoire et rappelle encore plus Le Géant de Fer tant les similitudes sont légions entre les deux films. Bumblebee, robot géant, poursuivi par l’armée, difficile de faire plus proche comme histoire. Bref, on a compris ce que cherchait à atteindre Travis Knight : une nostalgie perdue des films des années 1980, la science-fiction de l’époque, et surtout le rapport à l’enfance si importante dans les films du maestro. Dans toutes les aventures de Spielberg, la jeunesse affronte dangers et inconnu comme analogie d’un traumatisme personnel qu’ils vont devoir surmonter. C’est une évolution, ils grandissent et doivent accepter certaines réalités pour continuer à s’adapter. Charlie doit faire son deuil, doit accepter la mort de son père pour continuer à interagir avec son univers.

Si la jeune Hailee Steinfeld est convaincante et que Bumblebee parvient à avoir ses rares moments sentimentaux, il n’empêche que le scénario n’est pas très recherché. Bumblebee est censé remplacer le père de la jeune Charlie, décédé il y a quelques mois. La notion de deuil est amorcée sans être totalement développée, et rappelle parfois la relation entre Baymax et Hiro dans Les Nouveaux Héros, sans en atteindre le potentiel émotionnel. C’est un peu le gros problème de ce Bumblebee : tout est effleuré sans réellement être développé. Les ressorts comiques sont faiblards tant les vannes de Bumblebee sont d’un classicisme presque gênant. Le coup du robot qui détruit la maison a été fait et refait une centaine de fois. Bumblebee ne parvient finalement pas à sortir suffisamment des sentiers battus pour totalement convaincre.

Bumblebee ne sait plus sur quel pied danser

Travis Knight ne va jamais au bout de ce qu’il entreprend. Bumblebee est donc un film hybride, qui ne sait pas totalement sur quel pied danser, perdu quelque part entre la grosse machine hollywoodienne et le blockbuster intimiste. Le long métrage commence avec une séquence sur Cybertron. On y aperçoit Optimus Prime, mais les différents Transformers sont dilués dans un bordel numérique indigeste. Les personnages ressemblent à s’y méprendre à des jouets. Fini les effets spéciaux de Michael Bay, le spectateur a affaire à une bouillie moche, colorée et kitch. Une manière grossière de rappeler aux spectateurs que l’action se situe dans les années 1980. Des effets spéciaux qui nous remémorent Thor et ses compères, en recherche totale de crédibilité dans leurs costumes trop grands sur un Asgard numérique.

Ce Bumblebee n’a finalement pas tellement d’âme. Travis Knight ne parvient pas totalement à recréer l’ambiance des années 1980, rappelée à de rares moments grâce à quelques tubes musicaux de l’époque, amorcés dans la radio communicante. Il ne parvient pas à créer une relation intimiste et particulière entre les deux protagonistes tant les ressorts émotionnels sont platoniques. Enfin, l’aspect blockbuster est gâché par un scénario terriblement prévisible entre le retour des Décepticons et John Cena membre du secteur 7. Pour finir, ce Bumblebee, malgré toute la sympathie qu’on a pour le robot jaune, n’apporte vraiment pas d’éléments inédits à la mythologie Trannsformers. Alors on souligne la volonté de Paramount de proposer autre chose, mais paradoxalement, on regrette presque les 2h30 d’action tout azimut de Michael Bay. Bumblebee s’apparente presque à un film de Noël. Un joyeux blockbuster enfantin, d’avantage adapté au jeune public qu’aux amateurs de souffle héroïque, même dégoulinant, stupide et asphyxiant à la Michael Bay.

Une nouvelle adaptation qui tente une approche inédite : une relation inter-espace façon ET ou Le Géant de Fer, moins d’action, une histoire qui permet d’apporter des éléments à la mythologie Transformers, un film plus intimiste et une ambiance année 1980. Malheureusement, Bumblebee n’apporte pas grand-chose à la saga Transformers, l’ambiance année 1980 ne se ressent que le temps des quelques tubes joués par le robot. Bref, sympathique mais parfaitement oubliable.

Note : 13/20

Par Aubin

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