Miraï ma Petite Sœur – Hosoda et la Jalousie

Titre Original : Mirai

De : Mamoru Hosoda

Avec les Voix de Haru Kuroki, Moka Kamishiraishi, Gen Hoshino, Koji Yakusho

Année : 2018

Pays : Japon

Genre : Animation

Résumé :

Kun est un petit garçon à l’enfance heureuse jusqu’à l’arrivée de Miraï, sa petite sœur. Jaloux de ce bébé qui monopolise l’attention de ses parents, il se replie peu à peu sur lui-même. Au fond de son jardin, où il se réfugie souvent, se trouve un arbre généalo-magique. Soudain, Kun est propulsé dans un monde fantastique où vont se mêler passé et futur. Il rencontrera tour à tour ses proches à divers âges de leur vie : sa mère petite fille, son arrière-grand-père dans sa trépidante jeunesse et sa petite sœur adolescente ! A travers ces aventures, Kun va découvrir sa propre histoire.

Avis :

Mamoru Hosoda, c’est un des rejetés de la formation des studios Ghibli. Il traverse les années 90 chez le studio Toei Animation, avec lequel il travaille sur des épisodes de « Dragon Ball Z » ou encore « Sailor« . Vers la fin des années 90, il réalise son premier long-métrage, « Digimon – film 1« , film auquel il donne une suite l’année suivante. Mais c’est en 2006 avec « La traversé du temps« , film qui tranchera avec ses productions précédentes, qu’il va se révéler à un plus grand public. S’ensuivent alors « Summer War » 2009, « Les Enfants loups, Ame et Yuki » 2012, ou encore « Le garçon et la bête » 2015.

Après le sublime « Le garçon et la bête« , voici que le Japonais Mamoru Hosoda est de retour et comme il en a désormais pris l’habitude, après un bon film « d’action », il se lance dans un film totalement différent. Avec « Miraï, ma petite sœur » Mamoru Hosoda revient alors avec un film intimiste, qui nous invite au plus près d’une famille japonaise. Se plaçant du point de vue d’un petite garçon de quatre ans, « Miraï, ma petite sœur » interroge l’enfance, l’arrivé d’un bébé ou encore le sentiment de jalousie. Bourré d’humour, joliment amené, même si on ne sera pas autant émerveillé que dans certains de ses précédents films, « Miraï, ma petite sœur » nous séduit et on passe un petit moment tout à fait sympathique.

Kun, c’est le petit roi de sa maison. Fils unique pour l’instant, à quatre ans, c’est lui qui monopolise tout l’amour et l’attention de ses parents. Mais la famille vient de s’agrandir et bientôt Kun découvre la nouvelle arrivante de la maison, sa petite sœur Miraï. Kun qui était content de devenir grand frère, va très vite déchanter, puisque le nouveau petit bout de chou est l’objet de toutes les attentions et autres affections. Alors qu’il ne sait comment gérer ce changement, Kun voit bientôt entrer dans son quotidien des esprits. Des esprits qui ont tout l’air d’être des sentiments qui prennent vie…

Il y a trois ans de cela, Mamoru Hosoda nous mettait littéralement KO avec son « Le garçon et la bête » et après une telle claque, sa nouvelle merveille était attendu de pied ferme. Bon, on le sait, Mamoru Hosoda aime bien prendre tout le monde à revers à chacun de ses films et en plus de tout faire, pour ne pas se répéter, le réalisateur aime passer d’un film très actif à un film plus apaisé, voire plus émouvant et « Miraï, ma petite sœur » s’inscrit totalement dans cette logique.

Très intimiste, « Miraï, ma petite sœur« , c’est donc un film qui va aborder l’imaginaire d’un enfant de quatre ans, pour passer au-dessus de la jalousie et accepter sa petite sœur, ainsi que l’amour qui n’est désormais plus exclusif. L’idée de base, vue par Mamoru Hosoda, forcément ne pouvait qu’être merveilleuse et malgré la beauté indiscutable de « Miraï, ma petite sœur » (les images sont à tomber et certaines idées de mise en scène, notamment dans les flashbacks saupoudrés de fantastique, sont fabuleuses), je dois dire que j’en ressors quelque peu déçu. Déçu dans le sens où finalement « Miraï, ma petite sœur » n’est qu’un joli film. 

Bien écrit, cohérent, intéressant de bout en bout, surtout que dans ce quotidien, le cinéaste incruste autant de touche d’humour que de fantastique, avec les regrets, les remords et les « fantasmes » de ce petit garçon qui prennent vie dans son jardin, Mamoru Hosoda livre un film qu’on apprécie suivre. Un film imprévisible qui aborde ses sujets avec beaucoup de finesse et d’intelligence, comme le dépassement de soi, l’altruisme, la découverte de l’amour fraternel… Bref l’apprentissage est aussi drôle qu’attachant et bon à regarder.

Mais si ce côté-là est superbe, je dois dire que « Miraï, ma petite sœur » a tendance à décevoir par son manque d’émotion d’un côté et spectacle de l’autre. Alors que « Le garçon et la bête« , « Les enfants loups » ou « La traversé du temps » ont dévasté plus d’un spectateur, « Miraï, ma petite sœur« , lui, se laisse regarder avec poésie et divertissement, mais ce n’est pas sûr qu’au final, le film s’imprime autant dans nos cœurs.

Il vrai que beaucoup de réalisateurs adoreraient arriver à faire un film qui « n’est juste que joli » et comme je le redis, je suis loin d’avoir passé un mauvais moment devant « Miraï, ma petite sœur« . Non, c’est simplement qu’on en attendait plus de la part de Mamoru Hosoda. Il reste donc un bon petit animé à découvrir en salles, car cette plongée dans ce cocon familial et la façon dont Mamoru Hosoda présente la vision de l’enfance sont belles.

Note : 13/20

Par Cinéted

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